Méditerranée La pourpre de Tyr à Carcassonne et Terrassa
le 15 décembre 1999 à 00h00
Une exposition intitulée «Teintures précieuses de la Méditerranée» a été inaugurée, au Musée des beaux-arts de Carcassonne. Cette exposition, coproduite avec le centre de Documentacio I Museu Textil-Terrassa en Espagne, invite le visiteur à découvrir trois techniques de teinture antique : la pourpre, le kermès et le pastel. La pourpre, technique par excellence de la ville de Tyr, était représentée par divers textiles anciens provenant des nombreuses villes méditerranéennes mais plus particulièrement encore par une gamme complète allant du violet-rouge au bleu-violacé d’échantillons en laine, soie et coton teints par Joseph Doumet. Ce dernier, qui s’est consacré depuis plus de vingt ans à l’étude de la technique en pourpre sur la côte libanaise, a cherché et trouvé dans l’Histoire naturelle de Pline les clés de la reconstitution de la teinture de pourpre antique. L’Histoire naturelle est la seule source écrite qui nous soit parvenue de l’Antiquité où sont donnés tous les éléments d’information nécessaires à la reconstitution des procédés de teinture en vraie pourpre, extraire de coquillage, en usage dans le monde méditerranéen du temps de l’auteur. Mais pour rassembler toutes les données pertinentes, disséminées dans différentes parties du texte et percer enfin tous les mystères de cette teinture mythique entre toutes, il fallait réunir de solides connaissances biologiques et chimiques, l’amour de l’expérimentation et surtout une curiosité passionnée pour cet ensemble de phénomènes que leur importance historique a intégré au patrimoine culturel de l’humanité. C’est le fruit d’une telle quête que nous présente Joseph Doumet «en hommage à Pline l’Ancien». Au Moyen Âge, ce sont les rouges d’insectes (kermès) qui vont hériter de la valeur sacrificielle et démesurément luxueuse, auparavant attribuée principalement à la pourpre. L’Histoire naturelle représente en outre une source d’informations précieuses sur le pastel teinture végétale qui a fait du Languedoc «un pays de cocagne» où l’or bleu du pastel «en coques» a assuré pour de nombreuses années la prospérité de cette région. Une magnifique exposition qui nous offre pour la première fois une voie de recherche tout à fait nouvelle pour redécouvrir les échanges d’un bout à l’autre de la Méditerranée. Une présence libanaise dans ces échanges qu’on ne peut que souligner une fois de plus.
Une exposition intitulée «Teintures précieuses de la Méditerranée» a été inaugurée, au Musée des beaux-arts de Carcassonne. Cette exposition, coproduite avec le centre de Documentacio I Museu Textil-Terrassa en Espagne, invite le visiteur à découvrir trois techniques de teinture antique : la pourpre, le kermès et le pastel. La pourpre, technique par excellence de la ville de Tyr, était représentée par divers textiles anciens provenant des nombreuses villes méditerranéennes mais plus particulièrement encore par une gamme complète allant du violet-rouge au bleu-violacé d’échantillons en laine, soie et coton teints par Joseph Doumet. Ce dernier, qui s’est consacré depuis plus de vingt ans à l’étude de la technique en pourpre sur la côte libanaise, a cherché et trouvé dans l’Histoire naturelle de Pline les...
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