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Actualités - Chronologie

Croatie L'inhumation de Tudjman boudée par l'étranger

Franjo Tudjman a été inhumé lundi, pleuré par une partie de la population qu’il a menée à l’indépendance, mais boudé jusqu’au bout par l’étranger pour son nationalisme autoritaire. Tudjman, 77 ans, mort dans la nuit de vendredi des suites d’un cancer, a été enterré dans un mausolée de granit noir au cimetière de Mirogoj, sur les collines qui dominent Zagreb. Des dizaines de milliers de citoyens ont assisté aux obsèques sous la pluie glacée, un hommage populaire qui contrastait avec la froideur avec laquelle l’Occident et les pays de la région ont accueilli sa disparition. Un seul chef d’État, le Turc Suleyman Demirel, et quatre Premiers ministres, le Slovène Janez Drnovsek, le Bosniaque Svetozar Mihajlovic, le Macédonien Ljubco Georgievski et le Hongrois Viktor Orban, assistaient aux funérailles. Le Croate bosniaque Ante Jelavic, qui préside actuellement la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, était là, mais pas l’élu musulman à l’organe tripartite, Alija Izetbegovic, qui a attendu le dernier moment pour faire publier un message de condoléances de deux lignes. Les pays d’Europe de l’Ouest étaient représentés par des diplomates. Les Occidentaux manifestent depuis des années leur défiance à l’égard du président croate, pour son refus de la démocratisation et son hostilité à la reconstruction d’une Bosnie multiethnique. Aucun ne lui a adressé de vœux de rétablissement pendant son agonie de 40 jours, et les messages de condoléances qui ont suivi sa mort dans la nuit de vendredi ont surtout consisté en des appels à davantage de démocratie. Le président du Parlement, Vlatko Pavletic, a rendu hommage lors de la cérémonie au président défunt, «fondateur de la Croatie éternelle». «Il est le fondateur de la Croatie éternelle (...) Son départ est une tragédie pour le peuple croate dans son ensemble», a déclaré M. Pavletic, qui assure l’intérim du chef de l’État depuis le 26 novembre, devant le cercueil près duquel se tenaient l’épouse de M. Tudjman, Ankica, et ses trois enfants. Les funérailles mettent fin à trois jours de deuil national, qui ont retardé de 24 heures l’ouverture officielle, prévue lundi, de la campagne pour les élections législatives du 3 janvier. Comme l’avaient prédit les leaders de l’opposition, la maladie puis la mort de M. Tudjman ont été l’occasion d’une célébration ininterrompue dans les médias officiels, notamment les trois chaînes de la TV nationale, de son œuvre et donc de celle de sa Communauté démocratique croate (HDZ). Le HDZ, donné net vaincu le 3 janvier après neuf ans de règne, peut ainsi reprendre l’initiative. Dès mardi, sa direction devait se réunir et pourrait fixer rapidement la date de l’élection présidentielle, au plus tôt dans 30 jours et au plus tard le 8 février.
Franjo Tudjman a été inhumé lundi, pleuré par une partie de la population qu’il a menée à l’indépendance, mais boudé jusqu’au bout par l’étranger pour son nationalisme autoritaire. Tudjman, 77 ans, mort dans la nuit de vendredi des suites d’un cancer, a été enterré dans un mausolée de granit noir au cimetière de Mirogoj, sur les collines qui dominent Zagreb. Des dizaines de milliers de citoyens ont assisté aux obsèques sous la pluie glacée, un hommage populaire qui contrastait avec la froideur avec laquelle l’Occident et les pays de la région ont accueilli sa disparition. Un seul chef d’État, le Turc Suleyman Demirel, et quatre Premiers ministres, le Slovène Janez Drnovsek, le Bosniaque Svetozar Mihajlovic, le Macédonien Ljubco Georgievski et le Hongrois Viktor Orban, assistaient aux funérailles. Le...