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Actualités - Chronologie

Environnement Nouveau regard sur les antibiotiques

Les antibiotiques, essentiellement employés jusqu’à ces dernières années pour soigner les infections bactériennes, servent également pour le traitement des fruits ou dans l’alimentation animale. L’effet de cette surutilisation, estiment les spécialistes, est le développement d’une résistance à ces produits chez les bactéries, ce qui met l’homme en danger. «Nous devons utiliser les antibiotiques plus prudemment», a souligné un responsable des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis. Le premier coupable, a souligné le Dr Martha Reed Herbert, (Massachusetts General Hospital, Boston) est la médecine, avec «trop de prescriptions, une demande excessive et une mauvaise utilisation» des antibiotiques. Ainsi, sur les 150 millions d’ordonnances écrites chaque année pour des antibiotiques, le tiers, soit 50 millions, n’est pas nécessaire. Les médecins prescrivent ces médicaments d’eux-mêmes ou encore sous la pression des clients, note le Dr Reed Herbert en souligant qu’il fallait que «les docteurs commencent à éduquer les patients». L’autre domaine sensible est l’agriculture. Les antibiotiques utilisés par les éleveurs servent à traiter volailles, porcs et bovins, pour les soigner mais surtout pour faciliter leur engraissement. Or les antibiotiques mélangés à la nourriture de ces animaux dans les élevages en batterie risquent de produire des souches de bactéries résistantes aux traitements connus, telles que la salmonelle et l’E.coli, et celles-ci pourraient être transmises aux humains. Une récente étude réalisée par le Pr Abigail Salyers a montré qu’un gène permettant aux bactéries de résister à l’antibiotique tétracycline avait été décelé dans 80% de ce type de micro-organismes colonisant le côlon des personnes testées. Or, notait la spécialiste de l’Université d’Illinois, ces gènes avaient «la même configuration chez l’homme et chez la vache, laissant penser qu’il y a un échange» entre les deux. «Les bactéries résistantes (aux antibiotiques) font maintenant partie de notre nourriture et peuvent transmettre leur résistance aux bactéries colonisant l’homme», soulignait-elle. L’Institut de la santé animale (AHI), un organisme favorable à l’utilisation de ces médicaments, estime au contraire que «les antibiotiques ont aidé les États-Unis à fournir des aliments parmi les plus sûrs, les plus nutritifs et les moins chers du monde». Pour Jean Halloran, un responsable de l’association de consommateurs Consumers Union, «une résistance (aux antibiotiques) est un facteur qui contribue aux décès des suites des infections dues à la nourriture». Elles provoquent chaque année 5000 morts aux États-Unis. Tout récemment, l’administration chargée du contrôle des aliments et des médicaments (FDA) a déclaré envisager de restreindre l’usage des antibiotiques chez les animaux. Mais pour faire de cette lutte un succès, «une action sur de multiples fronts, dans les secteurs de la médecine et de l’agriculture», sera nécessaire.
Les antibiotiques, essentiellement employés jusqu’à ces dernières années pour soigner les infections bactériennes, servent également pour le traitement des fruits ou dans l’alimentation animale. L’effet de cette surutilisation, estiment les spécialistes, est le développement d’une résistance à ces produits chez les bactéries, ce qui met l’homme en danger. «Nous devons utiliser les antibiotiques plus prudemment», a souligné un responsable des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis. Le premier coupable, a souligné le Dr Martha Reed Herbert, (Massachusetts General Hospital, Boston) est la médecine, avec «trop de prescriptions, une demande excessive et une mauvaise utilisation» des antibiotiques. Ainsi, sur les 150 millions d’ordonnances écrites chaque année pour des...