Un des grands problèmes non résolus par ce vingtième siècle, si fécond pourtant en découvertes, reste la dégénérescence cérébrale qui fait basculer dans la démence. Avec l’allongement de l’espérance de vie, les ravages de la maladie d’Alzheimer se font de plus en plus préoccupants sans qu’on pense leur opposer de remède efficace. Vingt millions d’individus dans le monde sont touchés actuellement par cette démence. Cinq pour cent des personnes, d’une population donnée, âgées de plus de 65 ans, sont touchées par cette maladie gravement handicapante. Outre la souffrance et la solitude des familles atteintes, la menace reste présente pour toute société même très évoluée, puisqu’aucun pays, y compris ceux de l’Occident, n’a élaboré de politique satisfaisante et de prise en charge acceptable de la foule de patients perdant progressivement leur autonomie. Un nombre double en 2029 Le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer devrait, d’après les prévisions, doubler dans les trente prochaines années, compte tenu des perspectives, encore balbutiantes, des recherches thérapeutiques. Selon le Pr Jules Poirier, chercheur canadien et chef des travaux scientifiques poursuivis dans ce domaine dans son pays, la recherche actuelle plus que guérir tente de retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Si elle réussit à gagner cinq ans, 50% des cas sur la planète pourront être d’après lui éliminés. Un retard de dix ans éliminera 95% des cas, puisque entretemps les malades disparaissent par l’usure de la vieillesse. Un siècle de recherche C’est en 1901 que le médecin allemand Aloïs Alzheimer a consigné mathématiquement les troubles de la conscience (crise de jalousie, suivie de troubles de la mémoire) présentés par une de ses patientes, Augusta D. De cette femme de 51 ans, morte cinq ans plus tard en hospice d’alliénés, restent une photographie et de fines lamelles cervicales pouvant être examinées au microscope. Elles permettent d’y reconnaître les atteintes tissulaires symptomatiques de la maladie à laquelle ce médecin a donné son nom. À l’heure actuelle, des dizaines de laboratoires dans le monde travaillent sur ce qui est devenu, depuis cette découverte, un fléau. Continent encore peu exploré, il n’a pas livré bon nombre de ses secrets. Ce, pourtant, dont on est sûr c’est l’importance du diagnostic précoce. Autant pour le malade que pour ses proches. Car il ne faut pas oublier les problèmes de tolérance que suscite cette maladie. Il a fallu, en fait, la fin tragique de Rita Hayworth, longtemps taxée d’alcoolique, pour que le monde occidental admette l’existence de la maladie d’Alzheimer. «Ça dérange les autres», avouait un malade au cours d’une émission télévisuelle sur cette maladie. «Ils s’écartent, ils ont peur de nous toucher, comme s’ils pouvaient attraper notre mal par contagion...» Aveu très significatif car malheureusement, dans toutes les sociétés jusqu’à nos jours, les problèmes de tolérance à la dégénérescence cérébrale et à la maladie mentale en général restent profondément ancrés.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un des grands problèmes non résolus par ce vingtième siècle, si fécond pourtant en découvertes, reste la dégénérescence cérébrale qui fait basculer dans la démence. Avec l’allongement de l’espérance de vie, les ravages de la maladie d’Alzheimer se font de plus en plus préoccupants sans qu’on pense leur opposer de remède efficace. Vingt millions d’individus dans le monde sont touchés actuellement par cette démence. Cinq pour cent des personnes, d’une population donnée, âgées de plus de 65 ans, sont touchées par cette maladie gravement handicapante. Outre la souffrance et la solitude des familles atteintes, la menace reste présente pour toute société même très évoluée, puisqu’aucun pays, y compris ceux de l’Occident, n’a élaboré de politique satisfaisante et de prise en charge acceptable de...