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Actualités - Chronologie

L'Europe fait le premier pas pour devenir une puissance militaire

L’Union européenne s’est donné hier à Helsinki les moyens de mener de manière autonome une intervention armée en Europe et va devoir maintenant concrétiser son ambition affichée de devenir une puissance militaire indépendante des États-Unis. L’accord conclu au sommet européen fixe comme objectif la création d’une force d’action rapide de 50 à 60 000 hommes capable d’intervenir à partir de 2003 pour gérer une crise similaire à celle du Kosovo. Cette force devrait pouvoir être opérationnelle pendant au moins un an grâce à des unités de réserve, et son champ d’opération sera limité au continent européen. Le projet avait été lancé lors d’un sommet franco-britannique en décembre 1998. En un an, les deux principales puissances militaires de l’Union européenne ont convaincu les Allemands, les Italiens, les Espagnols et les Belges, permettant l’élaboration du projet approuvé par les chefs d’État et de gouvernement réunis à Helsinki. En se dotant d’un véritable bras armé, les Quinze veulent crédibiliser leur nouvelle politique étrangère et de sécurité commune (PESC), complément de la monnaie unique, et faire taire les critiques raillant l’Union européenne, «géant économique, mais nain politique». À la satisfaction des Français, l’accord va très loin dans l’autonomie de décision et de conduite d’une opération militaire par l’Union européenne. Il marque ainsi un véritable souci d’émancipation à l’égard de l’Otan et des États-Unis. «L’Union européenne devrait disposer d’une capacité d’action autonome pour prendre des décisions et, là où l’Otan dans son ensemble n’est pas engagée, de lancer et d’effectuer des opérations militaires dont elle a la direction en réponse à des crises internationales», stipule le texte. Pour permettre cette prise de décision, l’Union européenne va créer un comité politique et de sécurité permanent, un comité militaire et un état-major, trois types d’organes existant déjà au sein de l’Alliance atlantique. Inquiète de ces desseins, l’administration américaine a multiplié les pressions sur ses alliés les plus fidèles, sans parvenir toutefois à influer la décision finale, selon des sources proches du dossier. Les Néerlandais, très atlantistes, ont ainsi publiquement dit leur refus de financer des moyens et des procédures de décision doublonnant avec celles de l’Otan. Mais ils n’ont pas bloqué l’accord. Tout reste néanmoins à faire. La crise du Kosovo a montré les lacunes militaires de l’Union européenne, notamment en moyens de transport, de communication et, surtout, de renseignement, déterminants pour la planification d’une opération. Les dirigeants de l’Union européenne sont maintenant au pied du mur. Ils ont trois ans pour passer aux actes et déjà les difficultés apparaissent. Des moyens budgétaires importants vont être nécessaires et des arbitrages seront indispensables, a reconnu le «monsieur diplomatie» de l’UE, l’Espagnol Javier Solana. Or la réduction des budgets militaires constatée dans la plupart des États membres devient préoccupante, estime pour sa part un haut responsable français. Les États-Unis consacrent entre 0,8 et 1 % de leur PIB pour leurs dépenses en équipements de défense. à l’exception de la France et du Royaume-Uni, les autres États membres de l’Union, jusqu’à présent très dépendants de l’Otan, consacrent moins de la moitié, voire seulement le tiers des pourcentages américains – entre 0,3 et 0,5 % du PIB – pour leur défense.
L’Union européenne s’est donné hier à Helsinki les moyens de mener de manière autonome une intervention armée en Europe et va devoir maintenant concrétiser son ambition affichée de devenir une puissance militaire indépendante des États-Unis. L’accord conclu au sommet européen fixe comme objectif la création d’une force d’action rapide de 50 à 60 000 hommes capable d’intervenir à partir de 2003 pour gérer une crise similaire à celle du Kosovo. Cette force devrait pouvoir être opérationnelle pendant au moins un an grâce à des unités de réserve, et son champ d’opération sera limité au continent européen. Le projet avait été lancé lors d’un sommet franco-britannique en décembre 1998. En un an, les deux principales puissances militaires de l’Union européenne ont convaincu les Allemands, les...