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Actualités - Opinion

En gros plan Feux croisés sur la critique

Pas seulement sur «la» critique, mais aussi, et surtout, sur «les critiques». L’autre soir (c’était le lundi 29 novembre, au Vidéo-Club de l’Iesav), en regardant l’étonnant All About Eve de Mankiewicz, je pensais, bien sûr, à Almodovar se mettant en scène dans Tout sur ma mère (au fait, avez-vous vu le film?). Mais il y avait aussi, sur l’écran, un critique (théâtral, dans les deux acceptions du terme) impeccablement incarné par le dignement cynique George Sanders (douteux qu’il en existe encore de ce genre). Une image qui renvoyait à un de ces débats qui font les délices de l’intelligentsia parisienne. Il s’agit, en effet, d’une «mise en accusation» de la critique cinématographique. Tout a commencé, semble-t-il, avec une lettre ouverte du cinéaste Patrice Leconte, lequel se disait «effaré de l’attitude de la critique cinématographique, dont certains articles, affirme-t-il, sont autant d’assassinats prémédités». Les pages «cinéma» du Monde sont-elles ainsi visées par Patrice Leconte? C’est sans doute fort possible. Les journalistes en question jugent-ils «plus facile de démolir un film que de l’admirer ou de le défendre», toujours selon le même cinéaste? Allez savoir... Toujours est-il qu’un autre journal a saisi la balle au bond: Libération a publié, le 17 novembre dernier, un dossier instructif sur la question. Avec une caricature dont la légende disait, drôlement, que «certaines critiques sont tellement mauvaises qu’on dirait des films!». Les opinions sont naturellement partagées. Exemples: «Patrice Leconte oublie que les critiques de cinéma ne sont pas là pour promouvoir le cinéma français» (Stéphane Goudet) – «Le cinéma américain moyen n’est-il pas meilleur que le cinéma moyen français?» (Olivier Séguret). Opinion reprise par Serge Kaganski. Alors qu’en Italie, la critique dénonce «le battage médiatique se substituant, justement, à la critique». Finalement, on peut concevoir «la solitude pour un critique pur» (Lavoignat), dont «l’exercice sera purement subjectif» (Kaganski). Émerge le seul critère valable: garder la passion du cinéma, en parler avec sincérité.
Pas seulement sur «la» critique, mais aussi, et surtout, sur «les critiques». L’autre soir (c’était le lundi 29 novembre, au Vidéo-Club de l’Iesav), en regardant l’étonnant All About Eve de Mankiewicz, je pensais, bien sûr, à Almodovar se mettant en scène dans Tout sur ma mère (au fait, avez-vous vu le film?). Mais il y avait aussi, sur l’écran, un critique (théâtral, dans les deux acceptions du terme) impeccablement incarné par le dignement cynique George Sanders (douteux qu’il en existe encore de ce genre). Une image qui renvoyait à un de ces débats qui font les délices de l’intelligentsia parisienne. Il s’agit, en effet, d’une «mise en accusation» de la critique cinématographique. Tout a commencé, semble-t-il, avec une lettre ouverte du cinéaste Patrice Leconte, lequel se disait «effaré de...