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Actualités - Chronologie

Mexique Les charniers de Ciudad Juarez tardent à livrer leurs secrets

Les autorités mexicaines ont estimé hier que la recherche de charniers, où seraient enterrées des victimes de trafiquants de drogue, sera longue, admettant ignorer le nombre de cadavres qui pourraient être découverts près de la frontière avec les États-Unis. «Je n’ai jamais précisé combien de cadavres nous allions trouver, parce que nous ne le savons pas : l’enquête ne fait que commencer», a déclaré à la presse le procureur de la République Jorge Madrazo. L’investigation sera longue, a expliqué le procureur, et elle doit être menée avec précaution car «ce n’est pas du pétrole que nous sommes en train de chercher». Commencées lundi, près de Ciudad Juarez, à la frontière avec les États-Unis, les recherches auxquelles participent plusieurs centaines de policiers mexicains et américains ont permis de découvrir mardi des restes humains, un crâne et des os, provenant de deux cadavres, a indiqué M. Madrazo. Le FBI (Sûreté américaine) enquêtait pour déterminer si ces deux corps étaient ceux de citoyens américains disparus depuis plusieurs années. Le FBI a estimé que les charniers présumés pourraient contenir les corps de plus d’une centaine de victimes du redoutable cartel de Juarez, une des plus puissantes organisations criminelles de trafic de stupéfiants. Ce cartel est soupçonné d’envoyer 55 % de la cocaïne consommée aux États-Unis. «Il pourrait y avoir plus d’une centaine de personnes à deux endroits différents, près de Juarez», avait indiqué aux États-Unis un porte-parole du FBI, Paul Bresson, tandis que le président Bill Clinton, réagissant à chaud, avait déclaré qu’il s’agissait d’un «exemple horrible» de la violence des trafiquants de drogue. Toutefois, selon le procureur Madrazo qui semble de plus en plus adopter un profil bas dans cette affaire, le chiffre d’une centaine serait en fait à mettre en relation avec des révélations d’une organisation humanitaire de Ciudad Juarez, l’Association des parents de disparus, qui a recensé en quatre ans la disparition de 196 personnes. Lundi soir, José Larrieta Carrasco, chef de l’unité contre le crime organisé du bureau du procureur général mexicain, avait indiqué que les corps pouvaient avoir été enterrés dans quatre endroits distincts et que des recherches en profondeur étaient en cours dans deux d’entre eux. Les charniers seraient situés dans une ferme de 2,5 hectares, entourée d’une palissade de 4 m de haut, dans les environs de Ciudad Juarez. Le fait que l’enquête soit menée en partie par des agents américains a provoqué un début de polémique au Mexique, le quotidien indépendant La Cronica estimant «inacceptable» la participation de 68 membres du FBI. «La souveraineté (du Mexique) est mise en doute et nos institutions sont utilisées selon les caprices d’un gouvernement étranger», a estimé le journal. La ville de Ciudad Juarez, siège présumé du cartel de la drogue de Juarez, est considérée comme l’une des plus violentes du Mexique. Des bandes rivales de trafiquants de drogue s’y affrontent presque quotidiennement et depuis 1993 près de 200 femmes y ont été sauvagement assassinées, des meurtres en série qui jusqu’à présent n’ont pas été entièrement éclaircis.
Les autorités mexicaines ont estimé hier que la recherche de charniers, où seraient enterrées des victimes de trafiquants de drogue, sera longue, admettant ignorer le nombre de cadavres qui pourraient être découverts près de la frontière avec les États-Unis. «Je n’ai jamais précisé combien de cadavres nous allions trouver, parce que nous ne le savons pas : l’enquête ne fait que commencer», a déclaré à la presse le procureur de la République Jorge Madrazo. L’investigation sera longue, a expliqué le procureur, et elle doit être menée avec précaution car «ce n’est pas du pétrole que nous sommes en train de chercher». Commencées lundi, près de Ciudad Juarez, à la frontière avec les États-Unis, les recherches auxquelles participent plusieurs centaines de policiers mexicains et américains ont permis de...