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Actualités - Chronologie

Une diplomate US interpellée pour espionnage à Moscou

Une diplomate de l’ambassade américaine «prise en flagrant délit d’espionnage» a été interpellée lundi soir puis remise en liberté à Moscou par le Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), peu après la mise en accusation aux États-Unis d’un sous-officier de l’US Navy soupçonné d’avoir fourni des informations secrètes à la Russie. L’incident est sans précédent entre les États-Unis et la Russie depuis la fin de la guerre froide. Les affaires d’espionnage sont fréquentes entre les deux anciens blocs ennemis, mais depuis 1991, elles n’ont jamais touché des diplomates de haut rang. «Un tel épisode n’est pas en mesure d’améliorer le climat des relations entre nos pays», a reconnu hier le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov. Cheri Leberknight, deuxième secrétaire au département militaro-politique, s’apprêtait à recevoir «d’un citoyen russe des documents classés secret d’État portant sur des informations militaires et stratégiques», lorsqu’elle a été arrêtée, a indiqué hier le porte-parole du FSB, Alexandre Zdanovitch. L’ambassade des États-Unis s’est refusée hier à tout commentaire. Pour le FSB qui accuse Mme Leberknight, 33 ans, d’être «une collaboratrice de la CIA», les preuves sont suffisantes. Et du matériel d’espionnage a été retrouvé sur elle, notamment un plan de son lieu de rendez-vous et du matériel électronique de détection de la surveillance. «L’interpellation d’un diplomate, comme vous pouvez vous-même le comprendre, est une décision très sérieuse. Nous avons bien sûr tout vérifié avant de la prendre», a expliqué M. Zdanovitch à la télévision. L’affaire a été suivie hier par une vive protestation de Moscou auprès du consul américain dans la capitale russe. Le FSB n’a fourni aucun détail sur les mesures de rétorsion envisagées. En général, un diplomate étranger soupçonné d’espionnage est déclaré persona non grata dans le pays qu’il doit quitter dans les plus brefs délais. Il s’agit de la deuxième affaire d’espionnage en 24 heures entre les deux pays et la plupart des observateurs n’hésitaient pas à faire le rapprochement. Pour beaucoup, l’interpellation de Mme Leberknight était une réponse à la mise en accusation lundi aux États-Unis d’un sous-officier de l’US Navy, Daniel King. Ce dernier, âgé de 40 ans et qui sert dans la marine américaine depuis 18 ans, est accusé d’avoir fourni des informations secrètes à la Russie en 1994. «Il s’agit d’un pure coïncidence», a toutefois assuré M. Zdanovitch, ajoutant que le FSB ne savait rien de l’arrestation de M. King au moment de l’interpellation. Après les grandes affaires d’espionnage de ces dernières années «Aldrich Ames» (un ancien analyste ayant travaillé 31 ans pour la centrale de renseignement américaine, CIA), Earl Pitts (un agent du FBI) ou du Russe Moïse Finkel, ces incidents pourraient être l’illustration de la dégradation des relations entre Washington et Moscou. Moscou a notamment été particulièrement irritée par les critiques occidentales sur son opération en Tchétchénie lancée début septembre. Pour Oleg Terebov du centre d’analyse politique Indem, il est fort probable que Washington réponde à l’affaire Leberknight «par l’expulsion d’un diplomate russe des États-Unis, comme cela se pratiquait au temps de la guerre froide». L’opinion et les dirigeants russes traversent actuellement une phase antiaméricaine, voire antioccidentale, notamment depuis la guerre du Kosovo et celle du Caucase du Nord. «L’élite dirigeante, qui mène une politique intérieure dure, a besoin d’un ennemi extérieur, d’une petite guerre froide pour laquelle les États-Unis sont les opposants tout désignés», souligne encore M. Terebov.
Une diplomate de l’ambassade américaine «prise en flagrant délit d’espionnage» a été interpellée lundi soir puis remise en liberté à Moscou par le Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), peu après la mise en accusation aux États-Unis d’un sous-officier de l’US Navy soupçonné d’avoir fourni des informations secrètes à la Russie. L’incident est sans précédent entre les États-Unis et la Russie depuis la fin de la guerre froide. Les affaires d’espionnage sont fréquentes entre les deux anciens blocs ennemis, mais depuis 1991, elles n’ont jamais touché des diplomates de haut rang. «Un tel épisode n’est pas en mesure d’améliorer le climat des relations entre nos pays», a reconnu hier le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov. Cheri Leberknight, deuxième secrétaire au...