Une semaine après le début de ses bombardements en Yougoslavie, le bilan de l’Otan semble maigre au vu de l’objectif initial de contraindre Belgrade à la paix au Kosovo, où se déroule une «tragédie» humanitaire que l’intervention alliée était censée prévenir. Sur les plans diplomatique, militaire ou humanitaire, le bilan de l’entrée en guerre des 19 pays de l’Otan le 24 mars contre le régime du président yougoslave Slobodan Milosevic est incertain, au pire dramatique, alors que l’Alliance insiste pour que l’opération soit jugée «sur la durée». Les raids «auront pour but d’interrompre les violentes attaques perpétrées par les forces armées et les forces de police spéciale serbes et d’affaiblir leurs capacités de prolonger la catastrophe humanitaire», avait alors déclaré le secrétaire général de l’Alliance Javier Solana. «Nous avons eu un gros problème de communication, dû au fait que nous avons annoncé que les frappes avaient pour objectif d’éviter une catastrophe humanitaire», admet après six jours de raids un diplomate. La suite a montré «le ridicule de cette communication», ajoute-t-il. Sur le plan militaire, l’Alliance, satisfaite d’avoir préservé la vie de ses pilotes – elle ne reconnaît que la perte d’un avion – et d’avoir, semble-t-il, évité beaucoup de morts de civils, assure avoir commencé à affaiblir les capacités militaires serbes de répression. Selon l’Otan, ce sont surtout des dépôts d’armes, des centres de commandement et de communications, des aéroports militaires et six MiG-29 de l’armée de l’air yougoslave qui ont été détruits ou grandement dégradés, soit, à l’exception notable de la DCA yougoslave qui semble peu atteinte, l’ensemble des cibles prévues pour la première phase de l’opération «Force déterminée». Prise de vitesse par la terreur semée au Kosovo par des forces serbes très mobiles, l’Otan a décidé le week-end dernier de précipiter le passage à la phase deux de son plan d’opération en élargissant ses bombardements aux concentrations de troupes et de matériels au sud du 44e parallèle (deuxième phase). Devant les doutes et critiques de l’opinion publique, les pays membres appellent au «sang-froid» en attendant les résultats d’une campagne «progressive et systématique» de destruction annoncée par les militaires. Au plan diplomatique, le bilan est mitigé. La Russie n’a pas totalement rompu ses relations avec l’Otan et ses manifestations de mauvaise humeur sont surtout de la «gesticulation politique», estime-t-on au siège de l’Alliance. L’Otan estime aussi avoir contenu toute extension du conflit au-delà de la Yougoslavie même si certains pays (Albanie, Macédoine) sont fragilisés par l’afflux de réfugiés. En revanche, l’accord de paix mis au point en France semble, en l’état, appartenir désormais au passé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une semaine après le début de ses bombardements en Yougoslavie, le bilan de l’Otan semble maigre au vu de l’objectif initial de contraindre Belgrade à la paix au Kosovo, où se déroule une «tragédie» humanitaire que l’intervention alliée était censée prévenir. Sur les plans diplomatique, militaire ou humanitaire, le bilan de l’entrée en guerre des 19 pays de l’Otan le 24 mars contre le régime du président yougoslave Slobodan Milosevic est incertain, au pire dramatique, alors que l’Alliance insiste pour que l’opération soit jugée «sur la durée». Les raids «auront pour but d’interrompre les violentes attaques perpétrées par les forces armées et les forces de police spéciale serbes et d’affaiblir leurs capacités de prolonger la catastrophe humanitaire», avait alors déclaré le secrétaire...