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Actualités - Biographies

L'architecte de la nation arc-en-ciel

Celui que les Sud-Africains appellent affectueusement «Tata» (papa) va volontairement abandonner le pouvoir à 80 ans, après les secondes élections multiraciales prévues le 2 juin. «Nous sommes perçus comme le seul pays qui ait donné au monde (un moyen) de résoudre ce qui était considéré comme d’insolubles problèmes», soulignait encore récemment celui que le monde appelle l’architecte de la nation arc-en-ciel. Malgré le désenchantement des Noirs face aux lenteurs du changement, malgré l’amertume des Blancs face à ces mêmes transformations, le vieux sage reste un homme politique plébiscité dans son pays, comme le confirment régulièrement les sondages. Après s’être battu sans relâche pour un règlement négocié, le président Mandela s’est efforcé de guider une société profondément marquée par les divisions raciales sur la voie difficile de la réconciliation. Né le 18 juillet 1918 dans un hameau du Transkei (sud), cet homme issu d’un clan royal de l’ethnie Xhosa affirme très tôt son indépendance et sa volonté de vivre dignement malgré les lois racistes de l’apartheid. Cette dignité a marqué tous les actes de celui qui devint le premier président noir de l’Afrique du Sud après avoir été le prisonnier politique le plus célèbre du monde : son engagement étudiant pour l’égalité des Noirs, son dévouement de juriste auprès des victimes de l’apartheid, son premier procès politique en 1956, son acquittement en 1961, son entrée dans la clandestinité pour organiser la lutte armée de l’ANC, sa condamnation à perpétuité en juin 1964. Vingt-sept ans plus tard, en février 1990, c’est avec la même fierté qu’il sort de prison sous les acclamations de la foule venue rendre hommage à son héros. En 1993, ses efforts de paix seront couronnés par le prix Nobel, partagé avec son adversaire et partenaire, Frederik de Klerk, le dernier président blanc de l’Afrique du Sud raciste. Après son élection en avril 1994, il a consacré toute son énergie à la transformation d’un pays parmi les plus inégalitaires au monde. Lui-même reconnaît qu’il reste «beaucoup à faire». «Il faudra des années avant que nous puissions dire que tout le monde a la vie meilleure que nous avons promise, déclarait-il récemment. Mais quand, dans trois mois, je pourrai enfin me retirer au calme dans mon village natal, ce sera avec un sentiment de devoir accompli, parce que les institutions de la jeune Afrique du Sud existent et fonctionnent bien».
Celui que les Sud-Africains appellent affectueusement «Tata» (papa) va volontairement abandonner le pouvoir à 80 ans, après les secondes élections multiraciales prévues le 2 juin. «Nous sommes perçus comme le seul pays qui ait donné au monde (un moyen) de résoudre ce qui était considéré comme d’insolubles problèmes», soulignait encore récemment celui que le monde appelle l’architecte de la nation arc-en-ciel. Malgré le désenchantement des Noirs face aux lenteurs du changement, malgré l’amertume des Blancs face à ces mêmes transformations, le vieux sage reste un homme politique plébiscité dans son pays, comme le confirment régulièrement les sondages. Après s’être battu sans relâche pour un règlement négocié, le président Mandela s’est efforcé de guider une société profondément marquée par les...