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Actualités - Chronologie

Les journaux parisiens sceptiques

La presse française de vendredi s’interroge sur la participation de Paris aux frappes contre la Yougoslavie ainsi que sur les objectifs de l’opération, n’hésitant pas à estimer que l’objectif proclamé – la protection des Kosovars – risque de s’éloigner encore davantage. Le Figaro déplore que l’Europe seule, sans les États-Unis, n’ait pas été en mesure de régler ce conflit européen. «Privée de sa raison d’être avec la disparition de l’URSS, l’Otan s’est donné pour mission de protéger l’Europe contre de nouveaux périls plus ambigus que, naguère, la menace d’une offensive de l’Armée rouge. Pour rendre crédible sa volonté de préserver la paix en Europe, l’Otan, pour la première fois depuis sa création il y a cinquante ans, a donc choisi de faire la guerre. Les Européens n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. S’ils avaient accepté d’assumer leur propre sécurité, Washington ne pourrait pas décider à leur place». Pour Libération, les pires craintes des Européens – le massacre de civils – risquent de devenir réalité. «Les missiles, loin de faire peur au grand purificateur ethnique des Balkans, lui ont donné une sorte de passe-droit. La Saint-Barthélémy des Kosovars n’avait pas encore eu lieu, mais les premiers missiles ont libéré les représailles : les Serbes se préparent à chasser les Kosovars du Kosovo. La guerre diplomatique, pour l’instant, n’aura pas empêché le compte à rebours de la “catastrophe humanitaire”. Dans cette fuite en avant tardive, les Européens risquent de perdre leur plan de paix et, surtout, de ne pas sauver les Kosovars. Milosevic reviendra tôt ou tard à la table de négociation, mais ce sera sans doute pour mettre en œuvre la partition du Kosovo. Nous sommes vraiment tristes d’être gouvernés par d’aussi grands visionnaires». L’Humanité lance un appel aux citoyens pour s’opposer aux frappes aériennes. «On peut d’autant moins souscrire aux applaudissements de François Hollande que, en s’engageant comme elle vient de le faire derrière la décision américaine, la France perd la possibilité de faire entendre sa propre voix et de jouer un rôle pacificateur. Des pans entiers de l’opinion réprouvent ces bombardements et la part qu’y prend notre pays, décidée sans aucune autre consultation parlementaire. Nombreux sont celles et ceux qui veulent faire entendre que ce gouvernement doit vite se dégager de ce qui est pour lui un acte contre nature. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. La France gagnerait à plaider l’arrêt de la violence et le retour aux négociations. Quand les gouvernants ne font pas ce qu’il faut, le recours peut venir des citoyens. Tout ce qui fera entendre les voix de la paix contribuera à infléchir le cours des événements». France-Soir ironise sur l’objectif de l’opération. «Si, demain, les Kurdes continuent à se faire massacrer, l’Otan devra intervenir en bombardant la Turquie, sinon, pourquoi deux poids et deux mesures ? Partout où un pays élimine l’une de ses minorités au nom du droit du plus fort, il faudra illico préparer missiles, chars et avions furtifs. On nous disait que l’Europe unie éloignerait pour toujours le spectre de la guerre. À voir ce qui se passe depuis avant-hier entre Pristina et Belgrade, ça paraît évident».
La presse française de vendredi s’interroge sur la participation de Paris aux frappes contre la Yougoslavie ainsi que sur les objectifs de l’opération, n’hésitant pas à estimer que l’objectif proclamé – la protection des Kosovars – risque de s’éloigner encore davantage. Le Figaro déplore que l’Europe seule, sans les États-Unis, n’ait pas été en mesure de régler ce conflit européen. «Privée de sa raison d’être avec la disparition de l’URSS, l’Otan s’est donné pour mission de protéger l’Europe contre de nouveaux périls plus ambigus que, naguère, la menace d’une offensive de l’Armée rouge. Pour rendre crédible sa volonté de préserver la paix en Europe, l’Otan, pour la première fois depuis sa création il y a cinquante ans, a donc choisi de faire la guerre. Les Européens n’ont...