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Actualités - Chronologie

La répression se poursuit au Kosovo, malgré une troisième vague de frappes

Les informations faisant état d’atrocités contre des Albanais au Kosovo se sont multipliées hier, suscitant «l’inquiétude» des Occidentaux face à l’intransigeance de Belgrade, toujours entière malgré une troisième vague de frappes contre des objectifs militaires en Yougoslavie. «Il y a des informations croissantes faisant état d’atrocités» de la part des forces serbes contre des civils albanais au Kosovo, a déclaré à Washington le porte-parole du département d’État, James Rubin. Le procureur du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, Louise Arbour, s’est elle aussi déclarée «gravement préoccupée» par de «sérieuses violations du droit humanitaire international» au Kosovo et a exprimé ses inquiétudes dans une lettre au président yougoslave Slobodan Milosevic. La télévision albanaise a porté des accusations plus précises, affirmant que les forces serbes avaient tué 50 Albanais du Kosovo dans les villes de Suva Reka et Orahovac, dans le sud-ouest de la province serbe à majorité albanaise. Le ministre albanais de l’Information, Musa Ulqini, a lui aussi accusé les forces serbes du «massacre» de «dizaines de Kosovars». À Genève, le Haut commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a également cité des témoignages de réfugiés selon lesquels une vingtaine de villageois ont été exécutés la veille par des soldats yougoslaves dans le village de Goden (sud-ouest). La multiplication de ces informations sur des massacres de civils albanais a conduit le ministère allemand des Affaires étrangères, au nom de la présidence de l’Union européenne, à saisir le TPI, accusant les forces de sécurité serbes et des civils masqués. Troisième offensive En l’absence de tout signe de fléchissement de la part de Belgrade, après deux premières vagues de frappes contre des objectifs militaires pour tenter de convaincre Slobodan Milosevic d’accepter un accord de paix sur le Kosovo, l’Alliance atlantique a lancé hier une troisième série de bombardements. Pour la première fois, un missile de croisière a été tiré en plein jour d’un navire américain sur une cible en Yougoslavie et des zones périphériques de Belgrade ont été bombardées également dans l’après-midi. L’Otan a annoncé avoir abattu au-dessus de la Bosnie deux Mig-29 serbes. Les deux premières vagues de bombardement s’étaient déroulées de nuit, et les frappes de jeudi soir avaient été étendues aux forces armées serbes du Kosovo, ne se concentrant plus seulement sur la défense antiaérienne. Le porte-parole de l’Alliance atlantique, Jamie Shea, a souligné que l’opération engagée n’était «pas une mission d’un ou deux jours» et que les cibles visées étaient «exclusivement militaires». À New York, le Conseil de sécurité de l’Onu a rejeté à une large majorité un projet de résolution présenté par la Russie exigeant «un arrêt immédiat» des frappes. La Russie, alliée traditionnelle de Belgrade, a de nouveau laissé exploser sa colère en accusant l’Otan de «génocide» contre le peuple serbe et en expulsant de Moscou le représentant de l’Alliance atlantique. Alors que le conflit risquait de gagner la Macédoine, petite république voisine du Kosovo, que des obus serbes se sont abattus sur l’Albanie, que la tension croît au Monténégro et que la Grèce et l’Italie, au sein même de l’Otan, expriment des réserves… partisans ou opposants des frappes soulignaient vendredi le danger potentiel d’une déstabilisation générale de la région. «Si le but des Américains est d’empêcher le conflit au Kosovo de s’étendre plus au sud, les bombardements très massifs ne font que rendre cette perspective plus proche», affirmait un analyste américain. «Les frappes aériennes déstabilisent une région déjà volatile», ajoutait-il, jugeant ces bombardements «extrêmement dangereux et inutiles».
Les informations faisant état d’atrocités contre des Albanais au Kosovo se sont multipliées hier, suscitant «l’inquiétude» des Occidentaux face à l’intransigeance de Belgrade, toujours entière malgré une troisième vague de frappes contre des objectifs militaires en Yougoslavie. «Il y a des informations croissantes faisant état d’atrocités» de la part des forces serbes contre des civils albanais au Kosovo, a déclaré à Washington le porte-parole du département d’État, James Rubin. Le procureur du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, Louise Arbour, s’est elle aussi déclarée «gravement préoccupée» par de «sérieuses violations du droit humanitaire international» au Kosovo et a exprimé ses inquiétudes dans une lettre au président yougoslave Slobodan Milosevic. La télévision albanaise a...