La livre libanaise est restée généralement bien disposée sur le marché des changes de Beyrouth, soutenue par l’intérêt manifesté pour les bons du Trésor dont le rendement assez élevé continue d’attirer vers ce genre d’instruments financiers quelques capitaux intérieurs en quête de placements rémunérateurs et sans grands risques. En effet, l’offre du dollar s’est encore développée sans pour autant peser sur sa tendance, grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le milieu du mois de décembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar autour de ce taux moyen, entre 1 508,00 et 1 509,00 LL, dans des transactions équilibrées, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le marché a connu hier une certaine activité avec un volume d’affaires de quelque 15 millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Dollar soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est légèrement apprécié face aux autres principales devises, hier, sur les marchés des changes internationaux au lendemain des premières frappes aériennes de l’Otan contre les forces serbes, sans pour autant retrouver son rôle de monnaie-refuge. En effet, sa progression est restée limitée car on ne s’attendait pas à ce que les événements au Kosovo aient un impact sur les marchés financiers internationaux comme ce fut le cas lors de la guerre du Golfe il y a 8 ans, dans la mesure où cette région est assez bien isolée économiquement et les risques de contagion aux pays voisins sont réduits. «Malheureusement pour la Serbie, c’est un petit pays qui n’est sur aucune route majeure d’approvisionnement ou de transport et qui n’exporte pas de matières premières d’importance», constate-t-on dans les milieux financiers. En effet, le nombre d’investisseurs inquiets se réfugiant auprès du billet vert face à l’intervention militaire occidentale en Yougoslavie a été limité et le dollar n’a fait que se ressaisir légèrement face aux principales devises. Il n’a pas pu donc sortir des marges étroites dans lesquelles il oscille depuis le début de la semaine. L’euro est resté pour sa part affaibli face au dollar et au sterling alors que les dirigeants de l’Union européenne réunis au sommet de Berlin continuaient à buter sur les projets de réforme du financement des pays de «l’euroland». La monnaie unique n’a même pas bénéficié des déclarations de hauts responsables européens réaffirmant leur confiance dans la valeur de l’euro qui est «une devise solide, stable et forte». L’appréciation du dollar est restée aussi limitée face au yen à la veille de la fin de l’année fiscale au Japon car personne ne veut prendre de positions nouvelles, d’autant plus que la Bourse de Tokyo et le marché obligataire nippon restent très volatils. Pour ce qui est du sterling, il s’est légèrement replié face au dollar après une nette progression ces derniers jours. La livre britannique n’a pas réagi à la dernière enquête trimestrielle de conjoncture de la Confédération de l’Industrie britannique moins pessimiste que les précédentes sur les perspectives du secteur manufacturier au Royaume-Uni. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié, à New York, sur un ton légèrement soutenu comme suit : – 1,0835 pour un euro contre 1,0930, la veille. – 1,6235 pour un sterling contre 1,6355. – 1,8050 DM contre 1,7890. – 6,0530 FF contre 5,9990. – 1,4715 FS contre 1,4645. – 1 786,65 lires contre 1 769,90. – 118,10 yens contre 117,90. Statu quo à la Bourse de Beyrouth Sur les marchés des valeurs mobilières, c’est le calme plat qui a prévalu hier, à la Bourse de Beyrouth qui a observé aussi un statu quo consécutivement à la stabilité de toutes les composantes de la cote libanaise. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées s’est maintenu à 81,16 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 190,59 points. Quant à l’activité du marché, elle est restée assez mince ne dépassant pas quelque 12 027 actions au total d’une valeur de 145 565 dollars. Wall Street redresse la tête Wall Street s’est nettement raffermie hier, après les frappes de l’Otan sur les positions serbes en Yougoslavie, se conformant ainsi à l’adage boursier «acheter au son du canon et vendre au son du clairon». Ce sang froid manifesté par la première place financière du monde dès l’ouverture, se traduisant par une envolée de la cote américaine, a trouvé appui dans l’annonce d’une série d’accords conclus entre les deux groupes de télécommunications suédois Ericsson et américain Qualcomm pour sortir de leur querelle de brevets sur la troisième génération de téléphonie mobile. Ce développement, qui a soutenu les valeurs de la haute technologie, s’est conjugué à une autre surprise du côté des résultats des sociétés américaines. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par l’annonce de la maison de titres et banque d’investissement Morgan Stanley Dean Witter d’un bénéfice par action très supérieur aux prévisions, entraînant dans son sillage à la hausse les autres valeurs du secteur financier et bancaire. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a opéré un bond spectaculaire d’un plus bas à 9 664,90 points à un plus haut à 9 826,68 points, avant d’afficher en préclôture 9 820,85 points, en hausse de 154,01 points sur la veille. Les Bourses européennes en hausse avec le Dow Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, dans la foulée des progrès enregistrés par Wall Street à l’ouverture. Les intervenants sur les marchés boursiers ne semblent par ailleurs plus craindre les conséquences des bombardements de l’Otan sur la Yougoslavie, persuadés que les menaces russes resteront verbales, tant est grande la dépendance financière de Moscou à l’égard de l’Occident. À Paris le CAC 40 a avancé de 1,94 %, le FTSE 100 de Londres a progressé de 1,14 % et le Xetra Dax des transactions électroniques de Francfort a pris 1,39 %. Milan a gagné 1,40 %, Madrid 1,52 %, Bruxelles 2,19 %, Amsterdam 1,57 % et Zurich 1,92 %. Peu avant la clôture des places boursières européennes, le Dow Jones enregistrait une hausse de quelque 136 points, soit 1,41 %, à 9 803, à la faveur des bons résultats affichés par Morgan Stanley DeanWitter et Micron Technology. L’indice phare de Wall Street restait sur quatre séances de baisse. Même la plupart des Bourses de l’Europe centrale ont effacé leurs pertes subies la veille dans l’attente des premières frappes de l’Otan. Budapest a ainsi gagné 3,06 % et Prague 1,91 %. «L’incertitude pesait sur les marchés financiers. Maintenant que les hostilités ont commencé, les investisseurs rachètent une partie de ce qui avait été vendu», a expliqué Geoffery Dennis (Deutsche Morgan Greenfell). Les bombardements de l’Otan en Yougoslavie ont bénéficié au marché obligataire européen, dans des marges néanmoins étroites. L’idée d’une baisse des taux de la Banque centrale européenne semble par ailleurs revenue en tête des préoccupations des intervenants. Hausse des valeurs liées à la défense Du côté des valeurs, le secteur de la défense a été dopé par les événements en Yougoslavie : British Aerospace a gagné 2,05 %, GEC 2,34 %, Dassault 4,30 % et Lagardère 7,39 %. L’autre secteur vedette a été celui des télécommunications, en très net rebond après une forte baisse lors des dernières séances : Deutsche Telekom a progressé de 0,90 euro à 37,80, France Telecom a gagné 2,03 % et Telecom Italia 0,2270 euro à 9,5680. À Stockholm, Ericsson a bondi de 7,1 % après l’annonce par le fabricant suédois de téléphones mobiles du rachat des activités de Qualcomm dans les infrastructures terrestres sans fil CDMA (Code division multiple access). Cette acquisition ouvre la voie à un nouveau standard mondial pour la troisième génération des téléphones mobiles, qui sera fondée sur la technologie CDMA, incorporant la norme actuelle GSM. L’annonce de cette acquisition a soutenu l’ensemble des valeurs liées aux équipements de télécommunications : Nokia a gagné 5,10 euros à 135,00, Siemens 1,70 euro à 60,40 et Alcatel 4,53 % à 108,5 euros. Les valeurs automobiles ont progressé dans le sillage de Volkswagen, qui s’est adjugé 6,65 % après avoir annoncé tabler sur une hausse de 20 % de ses ventes de voitures en Amérique du Nord en l’an 2000. BMW a avancé de 4,39 % et DaimlerChrysler de 1,92 %. Renault a bondi de 7,59 % et PSA a pris 0,30%. Tokyo : en net progrès La Bourse de Tokyo a nettement rebondi jeudi avec un gain de 3,0 % alors que les investisseurs repartaient à la chasse aux bonnes affaires après la forte baisse de la veille. L’indice Nikkei 225 a progressé de 470,57 points, pour finir à 15 986,04 pts. La Bourse avait chuté de 3,1 % mercredi et de 2,2 % mardi. «La Bourse a trop reculé et il n’y avait pas de raison qu’elle tombe encore plus bas», selon Kazunori Jinnai, directeur adjoint de Daiwa Securities. «Les valeurs vedettes et les titres bancaires ont progressé», a-t-il indiqué ajoutant que «les fondamentaux» de l’économie japonaise montraient des signes d’amélioration. Autre facteur encourageant, la stabilité de la Bourse de New York après les frappes de l’Otan sur la Yougoslavie, selon un opérateur. «Le Dow Jones n’a pas enregistré un recul trop marqué malgré les nouveaux développements dans la crise au Kosovo», a indiqué M. Jinnai. Le DJIA a perdu 4,99 points mercredi pour terminer à 9 666,84 pts.
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