Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

(SPECIAL) Le marché de l'assurance : des espoirs déçus

Après les frémissements de la première moitié des années 90, le marché de l’assurance semble de nouveau enlisé dans une phase d’apathie, alimentée aussi bien par la conjoncture économique dépressive que par les difficultés structurelles de cette industrie. Selon les estimations les plus généreuses, l’ensemble des primes nettes se situerait aujourd’hui à moins de 450 millions de dollars, dont près de la moitié sont constituées par les contrats hospitalisation. La faiblesse du chiffre d’affaires de la profession, qui représenterait, en valeur ajoutée, moins de 1% du PIB, n’est que la partie émergeante de l’iceberg. En effet, plus que la médiocrité des résultats, les inquiétudes des analystes portent principalement sur la structure d’organisation et d’exploitation du marché de l’assurance. Pêle-mêle, on évoque: l’atomisation du marché et la faible taille des compagnies, le manque de professionnalisme des opérateurs, l’insuffisance de la capitalisation et des provisions pour risques, le manque de réglementation et de contrôle public, les insuffisances de l’appareil judiciaire, la faiblesse de l’éthique professionnelle... et la concurrence internationale sur un marché qui se mondialise de plus en plus. Une embellie précaire Après s’être mis à l’abri des fortes dépréciations monétaires à partir de 1993, le marché de l’assurance avait suscité de grands espoirs, aussi bien chez les membres de la profession que parmi les responsables et dirigeants économiques du pays. En effet, de par sa vocation de pays de services, le Liban est supposé avoir un avantage comparatif certain dans le domaine des assurances, l’un des secteurs modernes les plus porteurs de l’économie mondiale. En plus, les Libanais avaient joué un rôle dynamique dans le développement du secteur des assurances dans le monde arabe, où ils étaient souvent à l’origine de la croissance d’un grand nombre de sociétés d’assurances dans les pays du Golfe. Les besoins de la reconstruction, la relance des grands projets, le retour d’une main-d’œuvre nationale qualifiée et le développement de nouveaux créneaux de l’assurance avaient amplifié eux aussi les espoirs pour un développement sain de ce secteur. La dépréciation continue de la livre libanaise avait, en effet, masqué plusieurs difficultés, et l’inversion de la tendance a obligé les professionnels à revenir à des pratiques plus conformes aux normes d’exploitation. À savoir: des primes en rapport réel avec les risques encourus. Ces ajustements expliquaient en grande partie la forte progression du chiffre d’affaires de l’époque, plus de 50% en rythme annuel, et ce malgré une dépréciation de la devise américaine par rapport à la livre libanaise sur un marché très fortement dollarisé. Simples ajustements comptables ou réelle amélioration de marché? Trois facteurs majeurs étaient à l’origine de cette évolution et ce regain d’optimisme: l les réajustements des primes à la hausse en parallèle à l’augmentation des charges d’exploitation générée par l’inflation et l’alourdissement des coûts des sinistres. l une augmentation liée a l’amélioration des performances dans les différents secteurs économiques dont profite la branche de l’assurance. l l’apparition de nouvelles couvertures de risques avec le démarrage d’un grand nombre de projets de reconstruction. De ce fait, l’essentiel de l’amélioration 1993-1995 était lié à des facteurs conjoncturels. Il était donc normal, en l’absence de mesures de consolidation, d’observer un reflux de l’activité aux premiers signes du retournement enregistré à partir de 1996 et jusqu’à aujourd’hui. Cette dépression était d’autant plus grave qu’elle s’est accompagnée par les multiples déceptions de réorganisation et de modernisation du secteur.
Après les frémissements de la première moitié des années 90, le marché de l’assurance semble de nouveau enlisé dans une phase d’apathie, alimentée aussi bien par la conjoncture économique dépressive que par les difficultés structurelles de cette industrie. Selon les estimations les plus généreuses, l’ensemble des primes nettes se situerait aujourd’hui à moins de 450 millions de dollars, dont près de la moitié sont constituées par les contrats hospitalisation. La faiblesse du chiffre d’affaires de la profession, qui représenterait, en valeur ajoutée, moins de 1% du PIB, n’est que la partie émergeante de l’iceberg. En effet, plus que la médiocrité des résultats, les inquiétudes des analystes portent principalement sur la structure d’organisation et d’exploitation du marché de l’assurance....