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Actualités - Chronologie

Tristesse et amertume des membres de la KVM

À l’image de leur chef de mission William Walker, les vérificateurs de l’OSCE ont quitté le Kosovo avec tristesse et amerturme. «Cela tourne une triste page», a déclaré le responsable américain de la mission de vérification (KVM) pour le Kosovo en allant saluer un à un au poste-frontalier de Djeneral Jankovic (sud) ses 1 381 vérificateurs qui dans leurs véhicules tout-terrain orange passaient les formalités de la douane yougoslave. «On ne nous a pas laissé accomplir la mission qui nous était confiée (....) et depuis quelques semaines les harcèlements sont incessants», a déploré M. Walker, expliquant que le travail de l’OSCE «devenait très dangereux pour ses membres». À plusieurs reprises, ces deux derniers mois, des observateurs ont été menacés ou battus par des policiers serbes et d’autres bloqués à la frontière. De plus, dans certaines zones, les relations avec les rebelles de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) se sont détériorées. «Je suis écœuré, les Serbes ne nous ont pas laissé accomplir notre travail, mais maintenant ils vont le regretter», affirme un vérificateur anglais au volant d’un véhicule blindé bloqué au milieu de l’interminable convoi de l’OSCE. «Les formalités sont un peu longues, explique-t-il, car les Serbes annulent tous nos visas d’entrée sur leur territoire». Ce geste symbolique des autorités serbes provoque l’ire du fougueux «patron» américain de la KVM. «Les troupes de l’Otan n’auront pas besoin de visa quand elles entreront au Kosovo», s’exclame M. Walker. «Les États membres de l’OSCE sont inquiets pour la sécurité de leurs vérificateurs. Nous partons, dit-il, mais d’autres choses vont arriver (ndlr: allusion à des frappes de l’Otan) afin de rétablir le bon sens». «Il y a beaucoup de gens ici avec des armes et je crains que ceux qui n’en possèdent pas aient de bonnes raisons d’avoir peur», poursuit M. Walker. «Ceux qui pensent qu’en tuant les autres, ils arriveront à une sorte de paix, se trompent», a affirmé M. Walker, critiquant à plusieurs reprises la politique du président yougoslave Slobodan Milosevic. Alors que l’ordre de départ venait d’être donné, les vérificateurs ont fait leurs adieux, parfois émouvants, aux Kosovars qu’ils quittaient dans la précipitation, laissant désormais les forces ennemies face à face. «Devant nos amis albanais, nous avions l’air de lâches qui fuient dès que la situation empire. C’était humiliant, notre départ avait un goût de débâcle», raconte une vérificatrice française qui a entassé à la hâte dans sa jeep des valises, dossiers et ordinateurs. À Pristina, le chef-lieu de la province, le premier convoi, avec M. Walker à bord et en présence d’un fort dispositif policier serbe, a pris la route vers Skopje. Des soldats serbes, hilares, ont salué de la main le départ de l’état-major de la KVM. Puis au lever du jour, plusieurs convois, d’une dizaine de véhicules chacun, se sont formés. Tout au long de la route enneigée, policiers et militaires serbes veillaient. L’évacuation s’est déroulée sans incident, comme l’avaient annoncé les autorités de Belgrade. Mais pour de nombreux vérificateurs, ce départ du Kosovo, aux allures de défaite, est définitif.
À l’image de leur chef de mission William Walker, les vérificateurs de l’OSCE ont quitté le Kosovo avec tristesse et amerturme. «Cela tourne une triste page», a déclaré le responsable américain de la mission de vérification (KVM) pour le Kosovo en allant saluer un à un au poste-frontalier de Djeneral Jankovic (sud) ses 1 381 vérificateurs qui dans leurs véhicules tout-terrain orange passaient les formalités de la douane yougoslave. «On ne nous a pas laissé accomplir la mission qui nous était confiée (....) et depuis quelques semaines les harcèlements sont incessants», a déploré M. Walker, expliquant que le travail de l’OSCE «devenait très dangereux pour ses membres». À plusieurs reprises, ces deux derniers mois, des observateurs ont été menacés ou battus par des policiers serbes et d’autres bloqués à...