Les vérificateurs de l’OSCE ont évacué le Kosovo sans difficulté, moins de quatre mois après y avoir été déployés pour surveiller le respect d’un cessez-le-feu et le retrait d’une grande partie des forces de sécurité et de l’armée serbes. Ni l’un ni l’autre n’ont été respectés et, de vérificateurs non armés, les 1 381 membres de l’OSCE sont devenus simples observateurs d’un conflit qui s’est amplifié. Le chef de cette Mission de vérification au Kosovo (KVM), l’Américain William Walker, l’a reconnu lors d’une conférence de presse à Skopje, capitale de la Macédoine où l’OSCE s’est repliée. Il a expliqué que les belligérants, Serbes et Albanais, avaient placé les vérificateurs dans «l’incapacité de faire le boulot» en leur refusant, parfois avec «violence», «l’accès» aux zones qu’ils voulaient visiter. Les forces serbes, qui contrôlent toujours tous les grands axes routiers du Kosovo, ont laissé partir sans encombre les vérificateurs, alors que l’Otan, entre autres, craignait qu’ils ne les gardent pour les utiliser comme «boucliers humains» contre de possibles bombardements alliés. Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), le général américain Wesley Clark, avait d’ailleurs cru devoir avertir le président yougoslave Slobodan Milosevic qu’il «ne pourrait pas commettre une plus grande erreur que de mettre en péril la sécurité» des vérificateurs. Peu après l’annonce du retrait de l’OSCE, Belgrade avait assuré n’avoir aucune intention d’entraver ce départ, mais la Force d’extraction de l’Otan, déployée dans le nord du Kosovo pour venir en aide aux vérificateurs, s’est tenue prête à réagir à toute éventualité. Elle n’a finalement pas eu à intervenir. En fait, le retrait de l’OSCE du Kosovo ne peut qu’arranger les Serbes. Ces vérificateurs étaient non seulement une source précieuse d’information pour les journalistes sur place, mais elle l’était surtout pour l’Otan qui ne le cachait pas. En présentant le KVCC (Kosovo Verification Coordination Center, Centre de coordination et de vérification du Kosovo), qui centralise et exploite le renseignement relatif au Kosovo, les officiers expliquaient que les 1 381 observateurs de l’OSCE, formés en partie d’anciens militaires, étaient l’une de leurs sources. Le KVCC continue à disposer des renseignements recueillis par des avions-espions, par des satellites militaires, des services d’écoutes et des «drones» (petits avions sans pilotes) basés près de la frontière. Mais tous les services spécialisés reconnaissent que «rien ne remplace» ce qu’ils appellent le «Humint» (Human Intelligence, renseignement humain), ne fût-ce que pour corroborer l’«Elint» (renseignement électronique). Dans le hall de l’hôtel Aleksandar Palace bondé de vérificateurs de l’OSCE, l’un d’eux, un grand et solide Britannique, refusait de confirmer que des membres du SAS (Special Air Service) ou d’autres forces spéciales pouvaient avoir été enrôlés dans la Mission de vérification. Puis, désignant un homme qui tenait son casque orange (couleur de la KVM) à la main il déclarait: «Vous connaissez la devise de notre MI-6? (service britannique de renseignement extérieur) : “Never judge a man by its umbrella. It may not be his” (Ne jugez jamais un homme à son parapluie. Ce n’est peut-être pas le sien)». Les quelque 400 véhicules oranges de l’OSCE ont franchi la frontière entre la Yougoslavie et la Macédoine en plusieurs convois. Arrivé dans le premier convoi au poste-frontière yougoslave de Djeneral Jankovic, William Walker a été le dernier à franchir la barrière et à pénétrer en Macédoine.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les vérificateurs de l’OSCE ont évacué le Kosovo sans difficulté, moins de quatre mois après y avoir été déployés pour surveiller le respect d’un cessez-le-feu et le retrait d’une grande partie des forces de sécurité et de l’armée serbes. Ni l’un ni l’autre n’ont été respectés et, de vérificateurs non armés, les 1 381 membres de l’OSCE sont devenus simples observateurs d’un conflit qui s’est amplifié. Le chef de cette Mission de vérification au Kosovo (KVM), l’Américain William Walker, l’a reconnu lors d’une conférence de presse à Skopje, capitale de la Macédoine où l’OSCE s’est repliée. Il a expliqué que les belligérants, Serbes et Albanais, avaient placé les vérificateurs dans «l’incapacité de faire le boulot» en leur refusant, parfois avec «violence», «l’accès» aux...