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Actualités - Chronologie

New York, capitale du cinéma indépendant

L’industrie du cinéma, grâce notamment aux films «indépendants», connaît une croissance exponentielle à New York et la ville se prend à rêver de devenir le Hollywood des «indies». «Nous sommes à mi-chemin entre Paris et Hollywood, comme le cinéma indépendant», lance Mary Schmidt Campbell, directrice de l’école de cinéma de l’Université de New York (NYU), qui compte parmi ses diplômés Spike Lee, Martin Scorcese ou Oliver Stone. «New York est la capitale américaine du cinéma indépendant», renchérit Julianne Cho, une des responsables du bureau municipal du film. «Pour tourner à Los Angeles, non seulement il faut payer un permis mais, en plus, on a toujours un palmier dans le champs», ajoute David Tuttle, vice-président de «The Shooting Gallery», société de production à laquelle on doit notamment l’oscarisé «Sling Blade» de Billy Bob Thornton. Plaisanteries et chauvinisme mis à part, les professionnels s’accordent à dire que l’environnement culturel et économique autant que le cadre naturel de New York, magique dans le monde entier, se sont alliés pour y favoriser une croissance rapide de l’industrie cinématographique. Pour la cinquième année consécutive, 1998 a enregistré des records en nombre de productions et en dépenses: 221 films contre 213 en 1997, tournés en 4 965 jours (contre 4 236) et engendrant des dépenses directes de 993 millions de dollars (contre 847). Si l’on prend en compte l’ensemble de la production audiovisuelle (TV, films publicitaires...), 2,57 milliards de dollars ont été injectés dans l’économie de la ville, contre 2,37 milliards en 1997. Près des quatre cinquièmes de ces films peuvent être étiquetés «indépendants», même si la frontière entre ceux-ci et les productions de grands studios est de plus en plus floue. Miramax continue ainsi à se présenter comme producteur de films indépendants, mais appartient à Disney. Astuce politique «À la fin des années 1980, l’explosion de la scène “indie” a été favorisée par une université, NYU, des journaux, comme le “Village Voice”, et un événement majeur: «Stranger than Paradise» (de Jim Jarmusch, autre diplômé de NYU) fit sensation à Cannes en 1984, raconte John Pierson, auteur d’un livre réputé sur le cinéma indépendant et responsable du programme câblé «Independant Film Channel». «C’est difficile, mais au moins je n’ai pas à vendre mon âme aux studios, et je contrôle tout», explique quant à elle la réalisatrice allemande Elke Rosthal, diplômée de NYU en 1995 et qui doit réaliser cette année son premier long métrage. «J’ai participé à un symposium à Hollywood récemment, où l’on m’a dit que “Shakespeare in Love” était du cinéma d’art et d’essai», lance-t-elle comme si elle parlait d’une autre planète. La Japonaise Keiko Ibi est moins radicale, qui a accepté la demande de la chaîne payante HBO de ramener son film de diplôme de 79 minutes à 37 minutes. Résultat: «The Personals», qui raconte la vie d’un groupe de personnes âgées juives du Lower East Side de New York, est nominé dans la catégorie documentaire aux Oscars. «Ce fut un accident heureux», commente la jeune femme. L’astuce politique de New York fut de prendre des mesures susceptibles d’attirer ces jeunes réalisateurs que les studios hollywoodiens snobaient. Les taxes sur les fournitures et les services ont été supprimées pour les sociétés de production, la police prête gracieusement son aide, chaque agence municipale, voirie, transports, pompiers, (etc.) a un agent de liaison avec le bureau du film. La mairie a également participé officieusement aux discussions à l’issue desquelles le redouté syndicat des techniciens a accepté des baisses de salaire et l’emploi d’une certaine proportion de non-syndiqués. «Nous voulons encourager les tournages autant que possible», résume Mme Cho. «C’est bon pour l’image de New York». «Cassez tout ce que vous voulez à l’écran, l’important c’est que l’on montre New York», disait le maire Rudolph Giuliani en lançant il y a un an le film catastrophe «Godzilla».
L’industrie du cinéma, grâce notamment aux films «indépendants», connaît une croissance exponentielle à New York et la ville se prend à rêver de devenir le Hollywood des «indies». «Nous sommes à mi-chemin entre Paris et Hollywood, comme le cinéma indépendant», lance Mary Schmidt Campbell, directrice de l’école de cinéma de l’Université de New York (NYU), qui compte parmi ses diplômés Spike Lee, Martin Scorcese ou Oliver Stone. «New York est la capitale américaine du cinéma indépendant», renchérit Julianne Cho, une des responsables du bureau municipal du film. «Pour tourner à Los Angeles, non seulement il faut payer un permis mais, en plus, on a toujours un palmier dans le champs», ajoute David Tuttle, vice-président de «The Shooting Gallery», société de production à laquelle on doit notamment...