Le dollar a évolué dans des marges très étroites à Beyrouth, dans un marché calme et équilibré de lui-même. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente entre 1 502,00 et 1 514,00 LL que le billet vert est parvenu à clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. De leur côté, les établissements de crédit ont négocié le dollar légèrement au-dessus de ce taux indicatif, entre 1 510,00 et 1 511,00 LL, dans des transactions modérément nourries estimées à quelque neuf millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Étroites fluctuations du dollar À l’étranger, le dollar est resté confiné dans d’étroites limites face aux grandes monnaies européennes, notamment l’euro malgré la déception causée par le baromètre IFO sur le climat des affaires en Allemagne, tandis que le yen regagnait du terrain en dépit du fléchissement de 3,4 % de la Bourse de Tokyo. L’euro était pourtant monté jusqu’à 1,1065 dollar dans la matinée avant la publication de l’IFO, les cambistes tablant sur une amélioration de la situation économique en Allemagne. Mais, contrairement aux attentes, le climat des affaires s’est encore détérioré le mois dernier dans ce pays, l’indice de conjoncture de l’institut de conjoncture munichois est tombé à 89,8 points contre 91,1 points en janvier. Dans de telles conditions, l’euro devait naturellement renouer avec la baisse. Toutefois, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir en l’état ses taux d’intérêt directeurs lors de la réunion hier de son conseil de gouverneurs est venue lui donner un peu de tonus. Cela d’autant que le dollar s’est ressenti hier de l’annonce d’une aggravation du déficit commercial américain de 20,57 % en janvier à 17,00 milliards de dollars contre 14,1 milliards en décembre. De plus, l’annonce hier d’une faible hausse de 0,1 % des prix à la consommation aux États-Unis le mois dernier, comme en janvier, est venue aussi peser sur le billet vert, dans la mesure où cette évolution écarterait tout espoir de hausse des taux d’intérêt américains lors de la réunion, vers la fin de ce mois, du comité de l’open market de la Réserve fédérale (FED). Ces données ont bénéficié aussi au yen qui avait souffert pendant la matinée de la brusque détérioration de la Bourse de Tokyo, faisant repasser le dollar au-dessus des 118,00 yens avant qu’il ne renverse sa tendance à la publication des chiffres américains. Quant au sterling, il n’a pas réagi sensiblement à l’annonce d’une baisse de 0,3 % des ventes de détail le mois dernier au Royaume-Uni, bien que ce phénomène confirme le sentiment que les taux d’intérêt britanniques reculeront davantage dans les mois à venir. C’est dans ce contexte, que le dollar s’est négocié finalement à New York, sans grand changement, comme suit : – 1,0975 pour un euro contre 1,0995, la veille. – 1,6295 pour un sterling contre 1,6305. – 1,7825 DM contre 1,7790 – 5,9785 FF contre 5,9660 – 1,4580 FS contre 1,4515 – 1764,85 lires contre 1761,15 – 117,55 yens contre 118,15. Statu quo à la Bourse de Beyrouth Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a observé hier un statu quo, la hausse des actions «A» de Solidere ayant été neutralisée par la baisse des actions «B» de la même société, dans un marché autrement très calme et stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées s’est maintenu à 80,83 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 190,38 points. Cette évolution s’est produite dans un marché étale avec 32 129 actions échangées d’une valeur globale de 301 142 dollars. Wall Street : bonne orientation À Wall Street, la tendance a été globalement bonne hier, après un départ hésitant, l’aggravation du déficit commercial américain n’ayant pas pour autant inquiété les investisseurs surtout que l’économie américaine était la seule au monde à croître à un taux notable et sans inflation, comme l’a fait remarqué le secrétaire au Trésor, Robert Rubin, à sa sortie du Congrès. La tendance du marché américain a été soutenue par les valeurs bancaires et pétrolières à la suite de la flambée des prix du brut et des rumeurs concernant des projets de fusions entre certains grands établissements de crédit. Ce phénomène, qui a pris le dessus sur la baisse des valeurs de l’informatique généralement déprimées, a donné le ton à la cote. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 9 845,83 points à un plus haut à 10 069,04 points, avant d’afficher en pré-clôture 9 940,18 points, en hausse de 60,77 points sur la veille. Wall Street a aidé les Bourses européennes à limiter leurs pertes La progression de Wall Street a permis aux Bourses européennes de limiter leurs pertes initiales, les places européennes ayant bien réagi aux derniers chiffres de l’inflation américaine, faible, et des inscriptions au chômage, signe d’une économie toujours dynamique. En début d’après-midi à New York, l’indice Dow Jones gagnait 0,26 % à 9 094,66. Les pris de détail n’ont augmenté que de 0,1 %, éloignant d’autant la perspective d’une hausse prochaine des taux de la Fed dont le comité de politique monétaire se réunit le 30 mars. Chez les grands indices européens, l’Eurotop 300 perd 0,27 % à 1 242,43, le STOXX cède 0,35 % à 293,99 et le STOXX 50 abandonne 0,57 % à 3 538,27. Les grands indices de Londres, Francfort et Paris ont résisté au-dessus de leurs seuils de résistance respectifs, soit 6 100 pour le FTSE-100, 5 000 pour le Xetra Dax et 4 100 pour le CAC 40. Le Xetra Dax a cédé 0,73 % à 5 025,79 avant l’échéance des options sur actions et indices et contrats d’indice vendredi. Wall Street doit affronter le même phénomène, qui arrive une fois par trimestre et rend le marché très volatil. Deutsche Bank a perdu plus de 2,0 % après l’annonce de son projet d’augmentation de capital pour financer son acquisition de Bankers Trust. À Londres, le FTSE a cédé 0,43 % à 6 114,3 après un creux à 6 074,9 touché à l’annonce d’une hausse moins forte que prévu des ventes au détail en janvier en base annuelle. Profitant de la reprise des cours du brut, les valeurs de l’énergie ont progressé. Le baril de Brent a approché 14 dollars pour la première fois depuis le début d’octobre. Les banques et la pharmacie ont reculé. À Paris, le CAC 40 a perdu de 0,42 % à 4 152,37. Malgré des résultats annuels conformes aux attentes, France Telecom a cédé 1,31 %. LVMH a gagné 4,85 % sur des perspectives encourageantes pour 1999. Les pétrolières en vue Les pétrolières profitaient du bond des cours du brut à des plus hauts depuis cinq mois, signe concret de la mise en œuvre des réductions de production de deux millions de barils par jour (bpj) décidées par les principaux pays exportateurs. BP Amoco s’adjugeait ainsi 2,6 % et Royal Dutch 0,86 % à Londres. Le secteur automobile contrait lui aussi la tendance, soutenu par le rebond de 2,6 % de Renault, qui avait chuté mercredi en raison des inquiétudes suscitées par son alliance avec Nissan. À Francfort, BMW prenait un pour cent avant la publication de ses résultats 1998 prévue dans la journée. Hoechst a prévenu les marchés que 1999 serait un exercice difficile pour ses activités industrielles. Mais le titre progressait légèrement sur des perspectives favorables liées à son projet de fusion avec Rhône-Poulenc. Chargeurs était reservé à la hausse à Paris, ayant bondi de 10 % après l’annonce d’un programme de rachat de 25 % de ses actions. LVMH s’octroyait de son côté 5,2 % pendant sa réunion de présentation de ses résultats annuels. Sur les marchés des changes, l’euro est brièvement repassé sous la barre de 1,10 dollar, en baisse de 0,5 %, après la publication par l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne. En fin de matinée, la devise européenne était remontée à 1,1009/18 dollar en Europe contre 1,1023/39 mercredi soir. Tokyo : prises de bénfices La Bourse de Tokyo a fini en forte baisse de 3,38 % jeudi, sous la pression de prises de bénéfices après sa belle progression des dernières séances. L’indice Nikkei-225 a cédé 550,19 points à 15 717,92, terminant à son plus bas niveau de la séance. Son contrat juin a perdu 380 points à 15 780. «Il n’est pas surprenant que le Nikkei reprenne son souffle, sa hausse des derniers jours avait été très rapide», a observé Hitoshi Ichio, de Commerz Securities (Japan). Des valeurs comme Sony Corp et Bank of Tokyo-Mitsubishi ont été les principales victimes du mouvement de prises de bénéfices, qui s’est intensifié en fin de séance. Sony a chuté de 520 yens, soit 4,49 %, à 11 070 et BTM a lâché 78 yens (4,65 %) à 1 600. Le Nikkei a accusé ainsi sa plus forte baisse en points depuis le 8 octobre dernier et a repassé sous la barre des 16 000 points. «Nous allons peut-être marquer le pas pendant quelques séances. Certains investisseurs étrangers disent que nous avons maintenant atteint un niveau où des prises de bénéfices se justifient», a rapporté Garry Evans, stratège boursier de HSBC Securities. Des ordres d’achat de non-résidents avaient été le moteur de la hausse du Nikkei ces derniers jours, sur l’espoir de voir le Japon sortir enfin de sa plus grave récession de l’après-guerre. L’indice Topix de toutes les valeurs de la première section a cédé 28,85 points, soit 2,3 %, à 1 231,24. Le volume est resté étoffé sur la première section avec 1,223 milliard de titres échangés, contre 1,301 million la veille – soit le volume le plus élevé depuis le 2 avril 1993, il y a six ans, lorsque 1,5 milliard d’actions avaient changé de mains. On a relevé sur la première section 973 baisses pour 289 hausses, avec 64 valeurs inchangées.
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