Après plus de deux ans de trêve, les militants autonomistes bretons ont refait parler d’eux ces derniers mois. Depuis l’automne, l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB) serait à l’origine d’une dizaine d’attentats. L’action la plus retentissante remonte au 30 octobre, quand une explosion avait secoué la mairie de Belfort, fief du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Une dizaine d’autres attentats se sont depuis succédé, visant principalement hôtels des impôts et perceptions, comme à Matignon (Côtes-d’Armor) le 13 novembre ou à Morlaix (Finistère) le 6 mars, et deux gendarmeries. Certains de ces attentats ont été revendiqués par téléphone auprès de Radio Bretagne Ouest (RB0) à Quimper. Seul celui de Belfort a été suivi d’une lettre frappée du sigle ARB (un glaive dans une hermine, symbole historique de la Bretagne). Le ministre de l’Intérieur est présenté dans cette lettre comme une «caricature du jacobinisme et défenseur du centralisme à la française». «Plus que jamais la lutte est justifiée en Bretagne. Notre pays est frappé de front par la crise et les restructurations économiques», précise l’ARB, qui souligne que le Breton - «notre langue nationale» - est «en danger de mort». Plus récemment, un correspondant anonyme se réclamant de l’ARB et revendiquant l’attentat de Morlaix a dit avoir agi par «solidarité avec les salariés de la manufacture de cigares de Morlaix, menacés dans leur emploi». Ces attentats, qui n’ont fait que des dégâts matériels, laissent perplexes les policiers de la police judiciaire de Rennes, chargés de l’enquête. «Nous en sommes tous au stade des suppositions», dit Jean-Paul Le Tansorer, directeur adjoint du SRPJ. Selon les enquêteurs, une quinzaine «d’artificiers», utilisant quasi systématiquement des explosifs provenant de chantiers de travaux publics et des systèmes de mise à feu électriques, pourraient se cacher derrière le sigle de l’ARB. Ils pensent que ces hommes, dont on ignore le degré d’organisation, sont issus d’une nouvelle génération de militants bretons. «Après une traversée du désert dans les années 80, nous comptons aujourd’hui environ 200 membres dont la majorité a moins de 30 ans», dit Gaël Robin, 26 ans, porte-parole du mouvement indépendantiste et «anticapitaliste» Emgann (combat, en breton). Gaël Robin décline tout lien avec les auteurs des attentats mais se refuse à les condamner. Le mouvement culturel breton s’est considérablement développé ces dernières années avec, pour dernier rendez-vous en date, la fête de la Saint-Patrick à Bercy qui a réuni toutes les têtes d’affiches de la musique bretonne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après plus de deux ans de trêve, les militants autonomistes bretons ont refait parler d’eux ces derniers mois. Depuis l’automne, l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB) serait à l’origine d’une dizaine d’attentats. L’action la plus retentissante remonte au 30 octobre, quand une explosion avait secoué la mairie de Belfort, fief du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Une dizaine d’autres attentats se sont depuis succédé, visant principalement hôtels des impôts et perceptions, comme à Matignon (Côtes-d’Armor) le 13 novembre ou à Morlaix (Finistère) le 6 mars, et deux gendarmeries. Certains de ces attentats ont été revendiqués par téléphone auprès de Radio Bretagne Ouest (RB0) à Quimper. Seul celui de Belfort a été suivi d’une lettre frappée du sigle ARB (un glaive dans une hermine,...