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Actualités - Chronologie

Prodi grand favori

Romano Prodi est donné comme l’un des favoris pour la présidence de la Commission européenne, mais l’ancien chef du gouvernement italien qui s’est relancé dans l’arène politique italienne en février n’a pas encore fait son choix. Évincé du pouvoir en octobre dernier en raison de la défection des députés du Parti de la refondation communiste (PRC), M. Prodi, 59 ans, a lancé sa propre liste aux élections européennes et son propre mouvement politique. Avec la démission collective dimanche de la Commission, les cartes ont changé pour cet économiste catholique farouchement indépendant et la perspective de pouvoir accéder à sa tête s’est grandement accélérée. «On verra !», a-t-il laconiquement répondu mardi soir. «N’oubliez pas que le président doit être nommé à l’unanimité des quinze chefs de gouvernement. À d’autres occasions, il y a eu des votes imprévus, inattendus», a-t-il ajouté parlant à des journalistes. Pour lui, faire acte de candidature est encore prématuré. La pression s’est cependant accentuée mercredi sur l’ancien président du Conseil. Pour la presse italienne, Romano Prodi est le meilleur candidat et le mieux placé. «Il correspond au portrait tracé par Schröder à savoir un homme hautement qualifié, avec une expérience politique et économique» et «d’une grande intégrité», écrivent la plupart des quotidiens. Pour le Corriere della Sera, «la force de Prodi c’est d’être le seul candidat italien malgré ses mauvais rapports avec l’actuel président du Conseil et le fait que le rôle de Rome n’est pas décisif» au plan européen. «Nous attendons avec urgence une réponse sur sa disponibilité», déclarait-on au siège des DS (démocrates de gauche, principal parti de la majorité, et parti du président du Conseil Massimo D’Alema). «Il Professore» est devenu gênant pour les grands partis italiens dont il refuse le jeu d’alliance traditionnel. Il a fait un retour fracassant sur la scène politique italienne en lançant début février son propre mouvement, les Démocrates pour l’olivier qui sera présent aux prochaines élections européennes. Mais, surtout, il a rallié à son mouvement des ténors francs-tireurs de la politique italienne. Ainsi le mouvement des Cent villes qui réunit notamment les maires de Rome (Francesco Rutelli), Venise (Massimo Cacciari) et de Palerme (Leoluca Orlando), élus pour la première fois au suffrage direct en 1993 et triomphalement réélus en 1997. L’ex-magistrat anti-corruption Antonio Di Pietro, avec la dizaine de milliers d’adhérents de son mouvement L’Italie des valeurs, l’a également rejoint, comme le dernier secrétaire général du Parti communiste italien (PCI), Achille Ochetto, artisan de la transformation de ce parti en une formation social-démocrate et d’autres personnalités de gauche. La liste Prodi aux européennes est créditée de 12 % d’intentions de votes selon un sondage publié le 2 mars. Romano Prodi ambitionne dans la phase de recomposition politique que traverse l’Italie de construire un «parti démocrate» à l’américaine qui regroupe tous les partis de centre-gauche. Romano Prodi a été le premier chef d’un gouvernement de centre-gauche en Italie et un des plus stables de l’histoire italienne. Il a été mis en minorité en octobre d’une seule voix à la suite d’une crise ouverte par les communistes. Né le 9 août 1939 en Emilie-Romagne, ce grand commis de l’État est diplômé d’économie et de politique industrielle des universités de Bologne et de Harvard.
Romano Prodi est donné comme l’un des favoris pour la présidence de la Commission européenne, mais l’ancien chef du gouvernement italien qui s’est relancé dans l’arène politique italienne en février n’a pas encore fait son choix. Évincé du pouvoir en octobre dernier en raison de la défection des députés du Parti de la refondation communiste (PRC), M. Prodi, 59 ans, a lancé sa propre liste aux élections européennes et son propre mouvement politique. Avec la démission collective dimanche de la Commission, les cartes ont changé pour cet économiste catholique farouchement indépendant et la perspective de pouvoir accéder à sa tête s’est grandement accélérée. «On verra !», a-t-il laconiquement répondu mardi soir. «N’oubliez pas que le président doit être nommé à l’unanimité des quinze chefs de...