Société - Etre entendu et vu Montre-moi ton portable ... (photos)
le 15 mars 1999 à 00h00
Pour de nombreux jeunes Japonais, un téléphone portable sert à communiquer... mais aussi à être entendu et vu. D’où l’importance de le faire sonner avec le dernier «tube» et de l’«habiller» à la mode. «C’est vraiment stupide d’avoir la même sonnerie que tout le monde», se lamente Youichirou Shimoda, 21 ans, en résumant l’opinion des jeunes «branchés» de Tokyo. Pour cette raison, Kawaguma, lycéenne de 16 ans, pianote fréquemment sur son portable afin de changer sa sonnerie. «C’est pour ne pas être dépassé par la mode», explique-t-elle, en reconnaissant ne pas souvent utiliser son téléphone pour appeler. La maison d’édition Futabasha Publishers a sauté sur cette nouvelle manie collective en lançant la collection de petits livres «Do Ré Mi», qui expliquent comment faire sonner son téléphone de poche avec l’un des «hits» en vogue. Neuf éditions sont sorties de ses presses depuis juillet et se sont vendues sans problème à plus de quatre millions d’exemplaires. 36,5 % des 125 millions de Japonais possèdent un téléphone portable mais, comme dans les autres pays développés, la proportion est beaucoup plus importante chez les moins de 35 ans. Habillage La dernière édition de Do Ré Mi, vendue 557 yens (4,2 euros), est destinée aux propriétaires des téléphones possédant la technologie la plus avancée. Très loin d’un cahier de partition, elle propose des tableaux avec l’ordre des chiffres et des symboles sur lesquels appuyer pour enregistrer la bonne sonnerie dans l’appareil. «Nos livres offrent les dernières mélodies à la mode, celles que les gens aiment chanter avec le karaoké», souvent classées “easy listening” chez les disquaires, explique un porte-parole de Futabasha. «Nous ne proposons pas du classique ou de la musique occidentale en raison des droits d’auteur». Nombreux sont les jeunes à pousser la personnalisation de leur portable plus loin en les «habillant» selon leur humeur, la couleur du ciel ou les amis qu’ils prévoient de rencontrer. L’une des boutiques d’accessoires pour portables de Shibuya, le quartier à la mode de Tokyo, propose ainsi plus de 150 étuis différents, de toute couleur et de tout motif, dont le prix débute à 500 yens (3,8 euros). «La plupart de nos clientes sont des jeunes filles et elles sont nombreuses à en acheter plusieurs à la fois», indique le patron. Sorti de son étui, le téléphone lui-même peut être décoré d’autocollants, détachables ou non.
Pour de nombreux jeunes Japonais, un téléphone portable sert à communiquer... mais aussi à être entendu et vu. D’où l’importance de le faire sonner avec le dernier «tube» et de l’«habiller» à la mode. «C’est vraiment stupide d’avoir la même sonnerie que tout le monde», se lamente Youichirou Shimoda, 21 ans, en résumant l’opinion des jeunes «branchés» de Tokyo. Pour cette raison, Kawaguma, lycéenne de 16 ans, pianote fréquemment sur son portable afin de changer sa sonnerie. «C’est pour ne pas être dépassé par la mode», explique-t-elle, en reconnaissant ne pas souvent utiliser son téléphone pour appeler. La maison d’édition Futabasha Publishers a sauté sur cette nouvelle manie collective en lançant la collection de petits livres «Do Ré Mi», qui expliquent comment faire sonner son...
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