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Actualités - Chronologie

Le Congrès divisé entre isolationnistes et interventionnistes Vague de pessimisme à Washington

Le ton était soudainement au pessimisme, à Washington, sur la crise du Kosovo, alors que la polémique enflait au Congrès sur l’opportunité d’envoyer des GI’s dans la province yougoslave. «Les perspectives d’une paix ne sont pas terribles», a déclaré sans ambages le porte-parole du département d’État, James Rubin. «Il est difficile d’être optimiste (...), tout particulièrement maintenant», a ajouté le porte-parole. La secrétaire d’État, Madeleine Albright, était intervenue personnellement mercredi en commission pour tenter d’empêcher le débat sur l’opportunité d’envoyer des GI’s au Kosovo jugeant une telle discussion «critique en ce moment dans nos négociations». En vain. Les représentants se sont succédé jeudi pour soutenir ou condamner, souvent en termes vifs, l’intention du président américain de dépêcher quelque 4 000 GI’s, dans le cadre d’une force de l’Otan de 28 000 hommes. Bill Clinton n’a pas besoin de l’aval du Congrès pour envoyer des troupes au Kosovo. Le président américain a encore répété, jeudi à Antigua (Guatemala), la position américaine selon laquelle il enverrait des soldats dans la province yougoslave uniquement si les protagonistes de la crise parvenaient à un «véritable accord». Cet accord, a-t-il ajouté, doit être accompagné d’un «cessez-le-feu immédiat, d’un retrait rapide de la plupart des forces de sécurité serbes et d’une démilitarisation des insurgés» (les militants albanais). Stopper le génocide «L’isolationnisme est rampant» à la Chambre des représentants, a déploré le démocrate de Californie Tom Lantos, rejoint par son collègue, également démocrate, Eliot Engel (New York). «Il est dans notre intérêt, a ajouté ce dernier, de stopper le génocide. Il est dans notre intérêt d’interrompre une guerre plus étendue qui se produirait certainement» si rien n’est fait pour empêcher les hostilités. Une démocrate du Missouri, Pat Danner, s’est inquiétée de voir une présence militaire américaine s’éterniser au Kosovo. «Les Européens veulent désespérément être traités en égaux mais ils semblent terrifiés à l’idée d’agir seuls», a lancé pour sa part le républicain Doug Bereuter (Nebraska). Sam Johnson, un républicain du Texas, a estimé que les États-Unis avaient tout à perdre en envoyant des soldats «au beau milieu d’une guerre ethnique et religieuse qui dure depuis des milliers d’années...». L’opposition la plus véhémente à des GI’s au Kosovo est venue enfin du républicain du Texas: «Le Kosovo est un énorme et dangereux bourbier. Les soldats américains sont formés pour être des guerriers, pas des baby-sitters».
Le ton était soudainement au pessimisme, à Washington, sur la crise du Kosovo, alors que la polémique enflait au Congrès sur l’opportunité d’envoyer des GI’s dans la province yougoslave. «Les perspectives d’une paix ne sont pas terribles», a déclaré sans ambages le porte-parole du département d’État, James Rubin. «Il est difficile d’être optimiste (...), tout particulièrement maintenant», a ajouté le porte-parole. La secrétaire d’État, Madeleine Albright, était intervenue personnellement mercredi en commission pour tenter d’empêcher le débat sur l’opportunité d’envoyer des GI’s au Kosovo jugeant une telle discussion «critique en ce moment dans nos négociations». En vain. Les représentants se sont succédé jeudi pour soutenir ou condamner, souvent en termes vifs, l’intention du...