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Actualités - Chronologie

Otan - Un succès personnel pour Clinton L'Europe de Yalta disparaîtra demain

L’élargissement de l’Otan à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, vendredi, constitue un succès personnel en politique étrangère pour le président américain Bill Clinton qui avait fixé, dès 1994, l’objectif d’ouvrir l’Alliance atlantique aux anciens pays communistes d’Europe de l’Est. «Il s’agira de l’un des legs essentiels de l’administration Clinton dans le domaine des affaires étrangères», selon James Goldgeier, de la Brookings Institution, un centre d’analyses de Washington. Cet élargissement de l’Otan représente l’«une des très rares initiatives en politique étrangère» où Bill Clinton a «plus ou moins réussi à faire ce qu’il souhaitait faire», renchérit Richard Betts, du Council on Foreign Relations, un autre centre d’analyses américain. Selon James Goldgeier, l’initiative américaine d’ouvrir l’Otan aux pays d’Europe tout juste sortis du glacis soviétique remonte à janvier 1994. Dans un discours prononcé à Prague, Bill Clinton déclarait que la question ne se posait plus de savoir s’il fallait élargir l’Alliance atlantique aux anciens membres du Pacte de Varsovie, mais «quand et comment». Pour les États-Unis, il s’agissait de sortir définitivement l’Europe de la division imposée à Yalta et d’étendre la protection du parapluie nucléaire de l’Otan à des pays qui se trouvaient, quelques années auparavant encore, sous la domination soviétique. Réunis en décembre de la même année à Bruxelles, les 16 ministres des Affaires étrangères de l’Otan acceptaient d’étudier la proposition américaine. Les États-Unis ne cesseront dès lors d’aller de l’avant sur ce dossier et parviendront, le plus souvent, à imposer leurs vues à leurs alliés européens. «Ils ont plus ou moins suivi la direction américaine», estime Charles Kupchan, du Council on Foreign Relations, en relevant que l’élargissement de l’Otan n’a pas donné lieu à un véritable débat chez les alliés européens. Aux États-Unis, une opposition hétéroclite mena un combat essentiellement d’arrière-garde au Congrès, en s’inquiétant du coût d’une telle mesure ou des conséquences que l’élargissement pourrait avoir sur la situation intérieure en Russie. Un goût amer pour certains Les Russes tempêtèrent autant que faire se peut, en dépit des assurances américaines que l’élargissement n’était pas dirigé contre eux, avant de se résigner devant le fait accompli. Le Kremlin signait avec l’Otan, en mai 1997, un «Acte fondateur» définissant de nouvelles relations entre la Russie et l’Alliance. Un Conseil permanent Otan-Russie était créé, pour atténuer les craintes du Kremlin. Des membres du Congrès avaient bien tenté auparavant de mettre en garde contre une éventuelle immixtion de la Russie dans les décisions de l’Otan, avec la création de ce conseil. En vain. 12 pays sont aussitôt candidats à l’adhésion à l’Otan. Là, également, les États-Unis imposeront leurs vues aux alliés européens. La Pologne, la Hongrie et la République tchèque apparaissent rapidement comme les mieux placés. La France plaide aussi la candidature de la Roumanie et de la Slovénie. L’Italie soutient aussi Ljubljana. Mais Bill Clinton met un terme au débat, en annonçant, en juin 1998, que seuls Varsovie, Prague et Budapest seront admis. Un forcing de dernière minute mené par la France au sommet de l’Otan à Madrid, en juillet, en faveur de Bucarest, ne parvient pas à faire changer d’avis les Américains. Le sommet laissera un goût amer devant ce que certains considèrent comme de l’arrogance américaine. Les États-Unis ont répété à l’envi que les «premiers ne seront pas les derniers» et que d’autres pays pourront dans l’avenir adhérer à l’Otan. Un haut responsable du département d’État estimait mardi sous le couvert de l’anonymat que l’aversion de la Russie devant l’élargissement de l’Otan s’atténuerait avec le temps et l’arrivée au pouvoir au Kremlin d’une «nouvelle génération».
L’élargissement de l’Otan à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, vendredi, constitue un succès personnel en politique étrangère pour le président américain Bill Clinton qui avait fixé, dès 1994, l’objectif d’ouvrir l’Alliance atlantique aux anciens pays communistes d’Europe de l’Est. «Il s’agira de l’un des legs essentiels de l’administration Clinton dans le domaine des affaires étrangères», selon James Goldgeier, de la Brookings Institution, un centre d’analyses de Washington. Cet élargissement de l’Otan représente l’«une des très rares initiatives en politique étrangère» où Bill Clinton a «plus ou moins réussi à faire ce qu’il souhaitait faire», renchérit Richard Betts, du Council on Foreign Relations, un autre centre d’analyses américain. Selon James Goldgeier,...