Quand, il y a quelques années, le styliste japonais Issey Miyake est venu s’installer à Paris pour s’entretenir avec l’esthétique de cette partie de la planète, sa sobriété monacale, sa vision minimaliste, sa monochromie obstinée décontenançaient face à un Yves Saint-Laurent en pleine verve et une vision générale de la mode exaltant la féminité. L’ascétisme austère du créateur nippon ne jouait pas en sa faveur. Ses adeptes étaient des intellectuelles style «zen cool», des esthètes très sûres de leur goût, des femmes à personnalité forte. On portait du Miyake pour souligner sa différence, voire sa ligne, sa personnalité. Aujourd’hui, Miyake est une grande griffe et un créateur dont on guette chaque tournant de sa démarche. C’est un artiste absorbé dans ses recherches, dont l’art vestimentaire est un objet de perpétuel approfondissement. Dans l’univers frétillant et voltigeant de la mode, ce visionnaire renfermé et génial fait figure à part. Dernière trouvaille, lancée en 98, les plissés de polyester, poids plume. Il a fallu une vingtaine d’années à ce chercheur infatigable pour imposer son style, mais les «pleats please» sont venus, avec la cohorte de leurs admirateurs en pâmoison, confirmer l’adhésion de l’infatigable chercheur (génial par ailleurs) dans le cercle restreint des «favoris». Intronisation (financière) bien méritée, car ce styliste, diplômé de l’École syndicale de la couture de Paris, en 1966, a su avec subtilité et un talent rare infuser une esthétique orientale et des technologies très avancées dans l’art de se vêtir occidental. Discret et rigoureux, quoique assiégé par une poignée d’avant-gardistes mondains, il n’a pas cherché à s’imposer sur le marché des années 80 et même 90. Très réservé, égal à lui-même et fidèle à sa vision, Miyake séduit par son interprétation des technologies futuristes une clientèle internationale affranchie, reconnaissant dans sa vision du vêtement un art qui correspond à l’ère actuelle mais aussi à ses besoins, autant esthétiques que quotidiens. Des vêtements qui bougent au rythme des mouvements. Pour Miyake, le vêtement est objet de recherche, avant tout. Déjà, pour confirmer son sens aigu de l’innovation, le gourou de la mode opère une méditation sur le vêtement du XXIe siècle.
Quand, il y a quelques années, le styliste japonais Issey Miyake est venu s’installer à Paris pour s’entretenir avec l’esthétique de cette partie de la planète, sa sobriété monacale, sa vision minimaliste, sa monochromie obstinée décontenançaient face à un Yves Saint-Laurent en pleine verve et une vision générale de la mode exaltant la féminité. L’ascétisme austère du créateur nippon ne jouait pas en sa faveur. Ses adeptes étaient des intellectuelles style «zen cool», des esthètes très sûres de leur goût, des femmes à personnalité forte. On portait du Miyake pour souligner sa différence, voire sa ligne, sa personnalité. Aujourd’hui, Miyake est une grande griffe et un créateur dont on guette chaque tournant de sa démarche. C’est un artiste absorbé dans ses recherches, dont l’art vestimentaire...
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