Fondé en 1971, le quartette à cordes Chilingirian est formé de Levon Chilingirian, premier violon, Charles Stewart, deuxième violon, Asdis Valdimarsdottir, alto, et au violoncelle Philippe de Groote. Le quartette a interprété au Bustan Haydn, Dvorak et, en première mondiale, une œuvre de Roxanna Panufnik, jeune compositrice polonaise dont on parle beaucoup en ce moment. En ouverture, le quatuor à cordes op 54 n2 de Haydn avec ses trois mouvements (adagio, menuetto, et finale). «Puisque Dieu m’a donné un cœur joyeux, il me pardonnera de l’avoir servi joyeusement». C’est par cette malicieuse confession de l’auteur de la «Symphonie des adieux» que nous abordons les rives d’un monde sonore où les sentiments restent toujours d’une discrète élégance. Enlevant au premier violon la prépondérance que lui accordaient les Italiens, Haydn, dans son quatuor (l’un des soixante-dix-sept qu’il a écrit), montre là un esprit plein d’entrain et de gaieté. Le thème principal de l’adagio est admirable de simplicité. Celui du menuetto, plus joyeux, s’oppose délicatement au finale construit un peu sur un refrain d’allure populaire. Mieux que personne, Haydn sait utiliser les ressources particulières à chaque timbre pour décrire ou suggérer. Place ensuite à une œuvre d’Andrej Panufnik (quatuor à cordes op 54 n2 intitulé Messages. Œuvre qui, selon le compositeur, est une recherche d’équilibre entre la sensibilité et l’intellect, entre le cœur et le cerveau, entre l’impulsion et l’émotion. Après l’entracte, une œuvre de la fille de Panufnik, Roxanna, en première mondiale. Ardente, vibrante, cette œuvre intitulée Modlitwa (une prière) est bien, dans le feu croisé des cordes et des archets, une chanson sans paroles pleine de séduction et de ferveur… Pour conclure, le quatuor à cordes op 96 n2 d’Anton Dvorak. Nouveau monde – sans jeu de mots – sonore de ce compositeur tchèque né à Prague et dont la musique, puisée souvent aux sources du folklore, reste simple et directe. Lyrique et pittoresque, cette écriture, tout en maintenant un art national libéré des tutelles étrangères, est empreinte d’une belle et captivante modulation. Avec le quartette Chilingirian, les violons ne sont plus là seulement pour de longs et déchirants sanglots, mais aussi pour un surprenant feu d’artifice musical.
Fondé en 1971, le quartette à cordes Chilingirian est formé de Levon Chilingirian, premier violon, Charles Stewart, deuxième violon, Asdis Valdimarsdottir, alto, et au violoncelle Philippe de Groote. Le quartette a interprété au Bustan Haydn, Dvorak et, en première mondiale, une œuvre de Roxanna Panufnik, jeune compositrice polonaise dont on parle beaucoup en ce moment. En ouverture, le quatuor à cordes op 54 n2 de Haydn avec ses trois mouvements (adagio, menuetto, et finale). «Puisque Dieu m’a donné un cœur joyeux, il me pardonnera de l’avoir servi joyeusement». C’est par cette malicieuse confession de l’auteur de la «Symphonie des adieux» que nous abordons les rives d’un monde sonore où les sentiments restent toujours d’une discrète élégance. Enlevant au premier violon la prépondérance que lui...
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