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Actualités - Chronologie

Maroc Les femmes réclament une profonde révision de leur statut

Les femmes marocaines, «mineures à vie», continuent de dénoncer le décalage qui existe, selon elles, entre un Maroc qui se veut moderne et leur situation juridique qu’elles jugent totalement archaïque. Si elles ne risquent plus d’être répudiées par leurs maris sans même en être informées, comme elles pouvaient l’être jusqu’en 1993 avant une légère révision de la «moudawana» — le code familial marocain —, elles sont encore «répudiables» et loin d’avoir les mêmes libertés que les hommes. Selon Latéfa Jbabdi, qui se bat depuis des années à la tête de l’Union de l’action féminine (UAF) pour faire «bouger les choses», le Maroc, même s’il a fait quelques progrès par rapport à d’autres pays du monde arabe, se situe encore loin derrière la Tunisie, la Syrie ou l’Irak en matière de droits des femmes. Certes, le pays peut s’enorgueillir d’avoir quatre femmes parlementaires, deux femmes secrétaires d’État, quelques-unes pilotes de ligne et même une conductrice de train. Il leur a même, il y a un an, ouvert les portes de sa police. Mais le contraste est encore immense, estime Mme Jbabdi, entre cette vitrine symbolique et la réalité quotidienne des femmes marocaines. Ainsi, celles-ci n’ont toujours pas le droit au divorce, c’est-à-dire à quitter leur mari. «La seule solution est que le mari accepte de répudier son épouse», déplore Latéfa Jbabdi. «Mais s’il refuse et qu’elle a quitté le domicile conjugal, elle est ramenée chez elle de force par la police, puisque, d’après la “moudawana”, elle “doit soumission” à son mari». Si la femme arrive à se faire répudier, son sort n’est guère plus enviable, puisqu’elle est obligée de quitter le domicile conjugal, toujours avec ses enfants et sans pouvoir partager les biens acquis pendant le mariage qui reviennent de droit à son époux. Le code de la nationalité interdit également à toute femme marocaine mariée à un étranger de transmettre sa nationalité à ses enfants, signe, selon l’UAF, que la femme ne représente «pas grand-chose» dans le pays. Jusqu’à un passé récent, les mouvements féministes, souligne la présidente de l’UAF, ont dû affronter les fondamentalistes musulmans, dont certains se sont montrés extrêmement violents à l’encontre de plusieurs de leurs dirigeantes, accusées d’hérésie et parfois même verbalement menacées de mort. «Il a fallu que l’on rappelle que la “moudawana” n’est pas un texte sacré», souligne Mme Jbabdi, «mais un simple code écrit par des hommes et que l’on se batte pour bien montrer que nos revendications étaient en tout point conformes à la religion musulmane». Des années de campagnes de sensibilisation semblent cependant avoir porté leurs fruits, puisque la révision du statut de la femme marocaine figure, aujourd’hui, parmi les priorités du gouvernement du Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi, au pouvoir depuis mars 1998. Les mouvements féministes soulignent ainsi que même si rien de vraiment concret n’a encore été fait, les droits de la femme ont été, pour la première fois dans l’histoire politique du Maroc, explicitement mentionnés dans le programme gouvernemental entériné par le roi Hassan II et approuvé par le Parlement. En outre, après un premier débat parlementaire sur le sujet, un «plan d’action national», étalé sur deux ans, serait sur le point d’être dévoilé. Celui-ci, selon la présidente de l’UAF, prévoirait notamment une mise à niveau de la législation marocaine par rapport aux conventions internationales.
Les femmes marocaines, «mineures à vie», continuent de dénoncer le décalage qui existe, selon elles, entre un Maroc qui se veut moderne et leur situation juridique qu’elles jugent totalement archaïque. Si elles ne risquent plus d’être répudiées par leurs maris sans même en être informées, comme elles pouvaient l’être jusqu’en 1993 avant une légère révision de la «moudawana» — le code familial marocain —, elles sont encore «répudiables» et loin d’avoir les mêmes libertés que les hommes. Selon Latéfa Jbabdi, qui se bat depuis des années à la tête de l’Union de l’action féminine (UAF) pour faire «bouger les choses», le Maroc, même s’il a fait quelques progrès par rapport à d’autres pays du monde arabe, se situe encore loin derrière la Tunisie, la Syrie ou l’Irak en matière de droits...