Le dollar s’est stabilisé encore hier sur le marché des changes de Beyrouth, dont l’évolution est restée déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en se portant vendeur à 1 514,00 LL et acheteur à 1 502,00 LL, est parvenue ainsi à maintenir le billet vert inchangé au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de le négocier au point supérieur d’intervention de la BDL, à 1 514,00 LL et rarement en dehors d’elle avec la présence d’une contrepartie valable à l’offre à ce niveau, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé sept millions de dollars, mais il a atteint quelque dix millions d’euros échangés essentiellement à des fins commerciales, sans aucune intervention de la BDL. L’euro au plus bas après le statu quo monétaire en Europe À l’étranger, l’euro était encore mal en point hier, sur les marchés des changes internationaux, battant un nouveau record de faiblesse face au dollar, après l’annonce d’une contraction de 0,4 % du Produit intérieur brut (PIB) allemand au quatrième trimestre 1998. La décision de la Banque centrale européenne (BCE) de ne pas réduire ses taux directeurs comme prévu ne devait avoir aucun impact positif sur la monnaie unique européenne. Celle-ci a ainsi enfoncé pour la première fois depuis son lancement le plancher de 1,08 dollar, passant outre les perspectives d’intensification des pressions politiques dans les prochaines semaines en faveur d’un assouplissement monétaire dans la zone euro pour relancer la croissance d’une économie qui ne cesse de donner des signes d’essoufflement. Dans ce contexte, le dollar a été revigoré par le nouvel accès de faiblesse de la monnaie unique européenne pour regagner davantage de terrain face aux autres grandes devises, notamment le yen qui souffre toujours de la médiocrité de son rendement. Le billet vert a bénéficié en outre, hier, d’anticipations d’une orientation à la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis lors de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed) fin mars. Cela d’autant que les marchés ont appris que les commandes à l’industrie américaine auraient augmenté de 1,7% en janvier après 2,3 % en décembre, et que le nombre des demandeurs d’allocations-chômage ont diminué de 8 000 personnes la semaine dernière pour toucher seulement 286 000 personnes. Ce développement est venu donc confirmer la grande vigueur de l’économie américaine, à un moment où la croissance économique du Vieux Continent reste dérisoire. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par les propos tenus hier par le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, selon lesquels l’économie des États-Unis va sans doute demeurer «solide et en très bonne santé», et celle de l’Europe et du Japon doit connaître des difficultés. Cela étant, le dollar est demeuré activement recherché hier, avant comme après le statu quo monétaire observé par la BCE, se négociant à New York, sur un ton ferme, comme suit : – 1,0820 pour un euro contre 1,0890, la veille. – 1,6100 pour un sterling contre 1,6135. – 1,8075 DM contre 1,7960. – 6,0635 FF contre 6,0240. – 1,4690 FS contre 1,4615. – 1789,50 lires contre 1779,35. – 123,35 yens contre 121,75. Bourse de Beyrouth : légèrement mieux orientée Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a été soutenue, hier, par la hausse des actions de la Banque Byblos et de l’Uniceramic dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote, malgré le regain d’intérêt manifesté pour les actions Solidere des deux catégories A et B dont le niveau des cours assez bas ne cesse de drainer beaucoup de capitaux à s’y placer. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé hier, de 0,17 % à 81,58 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a gagné 0,21 % à 191,80 points. Pourtant cette évolution s’est produite dans un marché à activité relativement réduite à 34 267 actions échangées d’une valeur globale de 294 343 dollars. Wall Street en forme Quant à Wall Street, elle est repartie à la hausse hier, malgré les anticipations de resserrement monétaire aux États-Unis après les bons chiffres des commandes industrielles en janvier et des allocations-chômage la semaine dernière à la veille de la publication aujourd’hui des chiffres de l’emploi en février. La tendance du marché new-yorkais a été largement donnée par l’accord technologique entre Dell, fabricant d’ordinateurs et premier vendeur international sur Internet, et le groupe informatique IBM. Cet accord stratégique de 16 milliards de dollars entre les deux poids lourds du secteur de la haute technologie, qui doit se traduire par une augmentation de chiffres d’affaires des deux groupes, a donné un coup de fouet non seulement aux actions d’IBM et de Dell mais aussi aux autres valeurs de la haute technologie qui ont entraîné dans leur sillage le restant de la cote. Cela d’autant que le marché a appris aussi la fusion de la filiale de AT and T au Canada avec MetroNet Communications pour 4,55 milliards de dollars, permettant à la firme américaine de communication d’offrir un service unique au monde pour l’Internet et au commerce électronique. Bien que certains investisseurs restent prudents avant la publication aujourd’hui, des statistiques de l’emploi aux États-Unis qui pourraient signaler un prochain relèvement des taux d’intérêt américains, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est remonté d’un plus bas à 9 275,72 points à un plus haut à 9 448,53 points, avant d’afficher en préclôture 9 424,11 points, en hausse de 148,23 points sur la veille. Les Bourses européennes favorisées par la hausse de Wall Street La forte progression de Wall Street a profité, hier, aux Bourses européennes. La Bourse de Paris a progressé d’un peu plus de 2 % à 4 087,99 points, celle de Londres de 0,90 % à 6 101,40 points et celle de Francfort de 1,20 % à 4 722,69 points. Bonne tenue du secteur pétrolier Du côté des valeurs, le secteur pétrolier bénéficiait de la bonne tenue de BP Amoco, qui prenait 2,68 % à 882 à la faveur de la reprise des cours du brut et d’une recommandation à l’achat. Royal Dutch s’adjugeait 3,69 % à 40,75 euros à Amsterdam, Elf 3,48 % à 104,0 euros et Total 3,37 % à 99,800 euros. À Francfort les valeurs automobiles se reprenaient, aidées par la publication des chiffres de ventes des véhicules légers aux États-Unis, qui montrent une hausse de 12 % en février. Volkswagen avançait de 0,20 euro à 56,30, BMW de 2,00 euros à 603,00. Daimler/Chrysler cédait en revanche 0,60 euro à 80,20. Peugeot progressait de l3,10 % à 119,9 euros dans le sillage de ses bons résultats publiés la veille. Siemens AG gagnait 0,90 euro à 54,26 à la faveur d’une information parue dans le New York Times prêtant au groupe l’intention d’investir trois milliards de marks (1,53 milliard d’euros, 1,67 milliard de dollars) dans les activités des réseaux informatiques aux États-Unis. Le géant industriel allemand n’a pas commenté cet article mais a indiqué qu’il tiendrait une conférence de presse lundi pour exposer ses projets aux États-Unis. À Paris, l’annonce de la vente à KBC des 7,8 % que détenaient les Mutuelles du Mans dans le CCF a dopé le secteur bancaire. La Banque belge payera 112,5 euros par action, soit une prime de quelque 40 % sur le dernier cours de clôture. La RNP, premier volume du CAC, s’adjugeait 5,80 % et la Société Générale 4,48 % en réaction à cette valorisation élevée, tandis que le CCF a bondi de 8,69 % à la reprise de sa cotation à midi. À l’opposé, Canal Plus lâchait 5,28 % à 270,7 euros après avoir annoncé la suspension de ses négociations avec le magnat de l’audiovisuel Rupert Murdoch. Le conseil d’administration de Telecom Italia se réunit dans la journée pour passer en revue les moyens de résister à l’Opa hostile d’Olivetti. Le titre du premier abandonnait 0,0460 euro à 9,4500 et celui du second, 0,0850 euro à 2,9300. Tokyo : en léger progrès L’indice Nikkei 225 a gagné 13,09 points, à la Bourse de Tokyo hier, pour finir à 14 183,45 pts, tandis que l’indice élargi Topic terminait en hausse de 5,30 points à 1 105,11. Le début de séance a été «terne», selon Masaaki Higashida de Nomura Securities. «La Bourse a eu du mal à échapper à la tendance baissière imprimée par Wall Street et à la pression à la vente des investisseurs institutionnels», a-t-il ajouté. «Les investisseurs ont aussi été encouragés à acheter par la politique de baisse du loyer de l’argent suivie par la Banque du Japon», a estimé Kazue Mayuzumi, analyste à Nikko Securities. Le marché a cependant cessé de gagner du terrain au cours de l’après-midi, de gros investisseurs préférant vendre avant la clôture des comptes du 31 mars, a indiqué un opérateur.
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