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Actualités - Chronologie

Quand New York s'en va-t-en guerre(photos)

Pour la première fois dans les annales de la mode, New York a devancé Londres, Milan et Paris pour présenter le prêt-à-porter de l’hiver 99-2000. La tentative de s’imposer en capitale de la mode n’a échappé à personne. D’ailleurs, le président du comité d’organisation des défilés, Stan Herman, a été très explicite à ce propos dans une interview accordée au New York Times publiée en première page: «Nous sommes la plus importante industrie manufacturière avec une force de travail de plus de 225000 personnes. New York a déjà atteint un statut de capitale mondiale de la mode». Deux mille journalistes spécialisés, accourus des quatre coins du monde, se trouvaient là pour couvrir «l’événement» perdus dans une foule immense d’acheteurs. Les groupes financiers qui se trouvaient derrière cette manifestation ont bien choisi leur moment. Il faut préciser que plusieurs griffes américaines faisaient partie de cette aventure. C’est le cas pour Max Jacobs, mais aussi pour bien d’autres marques célèbres. Mais si le décor, l’accueil et les investissements étaient à la hauteur des gratte-ciel, les créations, elles, se rangeaient docilement sous le label «portable». Loin, très loin de l’inspiration débridée et turbulente, géniale aussi il faudrait l’avouer, des créations parisiennes et européennes. Au lendemain des présentations, la presse américaine se demandait: «Mais, alors, où est-elle la surprise?». En fait, parmi la centaine des défilés, organisés (somptueusement) dans un jardin féerique de Manhattan et en l’absence quasi-totale de mannequins-stars, les modèles ne revendiquaient ostensiblement que la qualité «vendable». Ils reflétaient fidèlement la préoccupation de leurs promoteurs financiers et le but de cette grandiose foire: il s’agit d’une industrie au chiffre annuel de 20 milliards de dollars, prospère et florissante, dont le principal souci reste l’écoulement de ses produits sur une très grande échelle. Seule Vivienne Westwood, la téméraire prêtresse de l’audace, dérogeait à l’ordre «protable» (donc vendable) avec une collection inédite, la Red Label, reflet de son anticonformisme, assagi tout de même pour la circonstance. Une collection destinée à sa nouvelle boutique new-yorkaise, inaugurée dans la foulée. Qui sont les créateurs USA alimentant de leurs visions cette industrie colossale et «pratique», comme on le répète à satiété? Après le départ d’Isaac Mizrahi, considéré comme le plus génial des stylistes américains mais déclaré quand même en faillite en 1998, ce sont surtout les «femmes qui créent pour des femmes», fidèles à l’ordre «achetable avant toute chose». Approche pragmatique de l’art vestimentaire qui convient parfaitement à Anna Sui, Rebecca Taylor, Julie Chaiken et Vivienne Tam. Les hommes créateurs, à part Yeohlee et Marc Jacobs, se perdent un peu dans la grande foule des réalisations du vêtement industriel. Dans l’anonymat aussi. Que faut-il tout de même retenir de cette gigantesque semaine de la mode américaine? Des vêtements faciles à porter, laissant le corps libre de se mouvoir à l’aise, taillés dans des étoffes douces et précieuses: cachemire, soie, mohair. Seule la latino-américaine Caroline Herrera ose apporter quelques touches de panache à des créations «glamour», dont le principal objectif reste de répondre aux besoins et aux goûts du grand nombre... Même si les prix ne sont pas à la portée de toutes les bourses, ces vêtements ne s’adressent pas à des prototypes féminins idéalisés, sophistiqués, quasi-irréels, mais à des femmes qu’on rencontre autour de nous, capables de payer et d’étrenner dans la vie quotidienne ces habits effectivement «portables». Donc vendables, même s’ils ne frappent pas l’imagination et ne provoquent ni curiosité, ni scandale.
Pour la première fois dans les annales de la mode, New York a devancé Londres, Milan et Paris pour présenter le prêt-à-porter de l’hiver 99-2000. La tentative de s’imposer en capitale de la mode n’a échappé à personne. D’ailleurs, le président du comité d’organisation des défilés, Stan Herman, a été très explicite à ce propos dans une interview accordée au New York Times publiée en première page: «Nous sommes la plus importante industrie manufacturière avec une force de travail de plus de 225000 personnes. New York a déjà atteint un statut de capitale mondiale de la mode». Deux mille journalistes spécialisés, accourus des quatre coins du monde, se trouvaient là pour couvrir «l’événement» perdus dans une foule immense d’acheteurs. Les groupes financiers qui se trouvaient derrière cette...