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Actualités - Reportages

Al-Bustan Boris Berezovksy : à couper le souffle ... (photo)

Les festivaliers d’Al-Bustan le connaissent déjà. Invité pour la troisième fois à Beït-Méry, Boris Berezovsky a enchanté les mélomanes venus l’applaudir. Un programme superbe où les études étaient à l’honneur. Du Chopin, du Scriabine et du Liszt. Qui dit mieux? Les fervents du piano savent que c’est là un vrai régal. Longue narration empreinte d’un romantisme absolu pour l’ouverture de ce concert, avec les 12 études op 10 de Frédéric Chopin, le plus poète des princes du clavier. Ces études n’ont aucun point commun avec les prestations purement pédagogiques de Cramer ou de Clémenti. Il s’agit là de pièces de concert qui sont le résultat de recherches de virtuosité technique dans la polyphonie propre au piano. Tout en étant moins porteuses de nationalisme que d’une influence, les Polonaises, elles, n’en offrent pas moins toutefois des lignes mélodiques ou des rythmes d’inspiration polonaise. Sur les touches noires doit son titre au jeu de la main droite, la gauche marquant un rythme de danse obstiné. L’étude N° 3 déroule sa mélodie mélancolique au-dessus des syncopes de la basse. Et la dernière, appelée air révolutionnaire, offre une série de traits difficiles pour la main gauche, tandis que la droite dessine un chant très expressif. Relais en douce avec les études Pathétiques op 8 N° 12 de Scriabine qui se ressentent nettement de l’influence de Chopin dont il adopte les tournures de style. Tout en gardant du romantisme, certains traits de lyrisme, de puissance et de grandeur, Scriabine permet à la musique de s’affranchir des traditions du passé. Après l’entracte, déferlement et magie avec les études transcendantes de Franz Liszt. Pianiste virtuose, Liszt a écrit de nombreuses pages pour cet instrument de prédilection, dont ces fougueuses et ensorcelantes études qui, tout comme chez Chopin, appartiennent plutôt au répertoire des concerts qu’au répertoire didactique. Il y a là le souffle d’un grand romantique, lequel n’est pas sans rappeler Victor Hugo par son imagination et son éloquence qui l’entraînent vers le grandiose et les contrastes, une image évoquée lui en suggérant immédiatement une autre opposée. L’écueil du vrai c’est le petit, l’écueil du grand c’est le faux, disait l’auteur des Contemplations. Chez l’un comme chez l’autre, la recherche de l’antithèse mène parfois à la grandiloquence. Liszt d’ailleurs le savait qui demandait à Wagner de lui signaler les boursouflures. Il y a là un torrent irrépressible d’images charriant passion et sensations, grâce à une prodigieuse diversité de sonorité et de rythmes. Modestie Boris Berezovsky a devant le clavier la modestie des plus grands. Jamais il ne cède à la tentation d’une virtuosité facile. Il s’efface, laisse l’instrument parler ... Avec lui, la musique trouve les contrastes les plus éloquents, les apothéoses les plus grandioses, les finesses les plus inattendues, les audaces les plus marquées. Une fois de plus, le public d’Al-Bustan a ressenti l’évidence de l’impressionnante force créative et de la fascinante habileté de cet admirable pianiste qu’est Boris Berezovsky. Voilà ce qu’on appelle des études à couper le souffle.
Les festivaliers d’Al-Bustan le connaissent déjà. Invité pour la troisième fois à Beït-Méry, Boris Berezovsky a enchanté les mélomanes venus l’applaudir. Un programme superbe où les études étaient à l’honneur. Du Chopin, du Scriabine et du Liszt. Qui dit mieux? Les fervents du piano savent que c’est là un vrai régal. Longue narration empreinte d’un romantisme absolu pour l’ouverture de ce concert, avec les 12 études op 10 de Frédéric Chopin, le plus poète des princes du clavier. Ces études n’ont aucun point commun avec les prestations purement pédagogiques de Cramer ou de Clémenti. Il s’agit là de pièces de concert qui sont le résultat de recherches de virtuosité technique dans la polyphonie propre au piano. Tout en étant moins porteuses de nationalisme que d’une influence, les Polonaises,...