Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les habitants du Golan doutent de la proximité de la paix

Le Premier ministre élu d’Israël Ehud Barak a parlé de paix avec la Syrie en termes vagues, mais sur le plateau du Golan, juifs et Arabes sont persuadés que le retrait israélien n’est pas pour demain. «Barak peut tout dire, même qu’il rendra le Golan à la Syrie, mais ça n’arrivera jamais», déclare Chaïm Saperia, un militant du comité des résidents du Golan de Katzrin, la capitale administrative du plateau occupé depuis 1967 par Israël et annexé en 1981. «De toute façon, je reste là. Je ne suis pas du genre à dire “Donnez-moi une minute pour faire mes bagages”, prendre un bus et abandonner ma maison, ajoute M. Saperia, qui s’est installé dans un kibboutz du Golan en 1988. Je ne partirai pas». Au soir de sa victoire écrasante sur le Premier ministre de droite sortant Benjamin Netanyahu, le travailliste Ehud Barak a affirmé qu’Israël ne retournerait pas à ses frontières de 1967, ce qui laisse entendre que le plateau stratégique du Golan ne sera pas entièrement restitué à la Syrie. Il a promis de respecter sa promesse électorale de retirer l’armée israélienne du Liban-Sud dans un délai d’un an et précisé qu’un tel retrait serait lié à une relance des négociations avec la Syrie qui exerce une influence déterminante au Liban. La Syrie, qui fait d’une restitution du Golan un préalable à toute paix avec Israël, a déjà fait savoir à M. Barak qu’il devait procéder à des «changements radicaux», en d’autres termes rendre des territoires, s’il voulait la paix. Elle affirme que l’ancien gouvernement travailliste de M. Shimon Pérès s’était engagé oralement à se retirer du Golan jusqu’aux frontières de 1967 – ce que des responsables travaillistes ont démenti – et refuse de reprendre les négociations avec Israël sur une autre base. M. Netanyahu ne s’estimait pas engagé par cet accord supposé de ses prédécesseurs. M. Barak s’en est tenu jusque-là à la vague promesse selon laquelle «la profondeur du retrait sera fonction de l’ampleur de la paix». «Nous nous retrouvons exactement dans la même situation qu’avant», déclare Valérie Hecht, une juive d’Écosse qui s’est installée en 1983 en Israël et vit dans le Golan depuis 14 ans. «Il faut aller de l’avant dans le processus de paix, mais cela signifie restituer des territoires», dit cette électrice de M. Barak, prête à quitter le Golan mais seulement après une paix avec la Syrie. «Si c’est une paix sûre, alors nous devrons partir. Il faut être réaliste», ajoute-t-elle. À quelques kilomètres de là, les habitants du village druze de Majd el-Chams, dont beaucoup se rappellent l’époque où ils étaient citoyens syriens, sont persuadés que la terre doit être restituée avant toute négociation de paix. «Si Israël veut la paix, alors il doit rendre le Golan», dit M. Majid Kadmari, 30 ans, qui étudie le droit à l’étranger et veut rentrer chez lui pour œuvrer à la réunification avec la Syrie. «C’est un territoire syrien, dit-il. Les colons doivent s’en aller, à Tel-Aviv, Haïfa ou n’importe où. L’endroit où iront les juifs, ce n’est pas notre problème». Nabih Ali, un ingénieur électronique né dans le village, souligne que l’ironie de la situation est que les druzes et les juifs s’entendent plutôt bien au quotidien. «Les Arabes ne sont pas en guerre contre les juifs, ils sont en guerre contre l’État d’Israël», dit-il, se disant persuadé que M. Barak ne rendra jamais le Golan. «Un juif, au marché ou dans la rue, est mon ami. Mais quand je le vois en uniforme, il représente la machine militaire qui est mon ennemi», poursuit le jeune homme. Mais que se passe-t-il lorsque deux êtres humains veulent le même territoire et ne font pas de compromis? «C’est pour ça que nous sommes toujours en guerre», conclut-il.
Le Premier ministre élu d’Israël Ehud Barak a parlé de paix avec la Syrie en termes vagues, mais sur le plateau du Golan, juifs et Arabes sont persuadés que le retrait israélien n’est pas pour demain. «Barak peut tout dire, même qu’il rendra le Golan à la Syrie, mais ça n’arrivera jamais», déclare Chaïm Saperia, un militant du comité des résidents du Golan de Katzrin, la capitale administrative du plateau occupé depuis 1967 par Israël et annexé en 1981. «De toute façon, je reste là. Je ne suis pas du genre à dire “Donnez-moi une minute pour faire mes bagages”, prendre un bus et abandonner ma maison, ajoute M. Saperia, qui s’est installé dans un kibboutz du Golan en 1988. Je ne partirai pas». Au soir de sa victoire écrasante sur le Premier ministre de droite sortant Benjamin Netanyahu, le travailliste...