Le tennis a trop cultivé le secret en matière de lutte antidopage pour qu’il ne se retrouve pas, à l’instar du cyclisme, sur la sellette à l’occasion des Internationaux de France qui débutent lundi. Le cas du Tchèque Petr Korda, testé positif à la nandrolone l’an dernier, n’est pas complètement oublié. La décision de le laisser jouer en raison de «circonstances exceptionnelles» avait provoqué un tollé de la part de nombreux joueurs en début de saison à Melbourne : même atténué par le temps, un malaise demeure. Surtout que le Tchèque, en pleine régression au classement mondial, sera le 99e engagé à Roland-Garros. En janvier dernier, l’Américain Jim Courier n’avait pas hésité en Australie à mettre gravement en cause les Européens, sur l’utilisation de l’EPO. Déconcertante affirmation «Quand près de la moitié des coureurs du Tour de France a été exclue l’année dernière pour avoir cédé à ce genre de tentation, il est clair que c’est un produit répandu dans le sport européen. En tennis, la plus grande partie du circuit professionnel se déroule en Europe. Je n’ai pas de preuves, mais on peut tout de même faire des déductions», avait déclaré alors l’ancien vainqueur de... Roland-Garros. À quoi Brian Tobin, le président australien de la Fédération internationale de tennis, avait répliqué en assurant que, depuis l’instauration des contrôles dans ce sport, on n’avait pas dénombré plus de deux ou trois cas positifs. Depuis cette déconcertante affirmation, l’actualité a largement mis en évidence le fossé qui pouvait exister, notamment en cyclisme, entre les dénégations officielles et la réalité des faits. Le magazine International Tennis, mensuel de l’ATP Tour, ne vient-il pas de révéler que, sur 107 joueurs interrogés, 57 avaient reconnu prendre ou avoir pris de la créatine ? Un produit en vente libre dans certains pays, mais qui a fait l’objet, le 26 octobre 1998, d’une mise en garde du ministère français de la Jeunesse et des Sports en raison des dangers importants que son utilisation présenterait. Perfusion Dans le vieux débat tournant autour de l’efficacité du dopage en tennis, un argument de poids a ainsi été apporté à ceux qui soutiennent que les joueurs ne peuvent pas résister à leur régime de forçats dorés en ne mangeant que des bananes sur leur chaise. Au reste, on sait de source médicale qu’ils sont de plus en plus nombreux à se faire perfuser après un match épuisant. Et la perfusion serait déjà, selon certains partisans de la lutte antidopage pure et dure, une forme de dopage. L’année dernière, il y avait eu une centaine de contrôles à Roland-Garros. Trois des quatre demi-finalistes étaient alors Espagnols. Cette année, le nombre des contrôles dépassera les 150, avec un contrôle intégral la deuxième semaine, a indiqué le directeur du tournoi, Patrice Clerc, qui n’exclut pas une descente de police dans les vestiaires. Dans ce contexte, la visite parisienne du secrétaire d’État aux Sports de l’Espagne, Francisco Villar, le 10 mai, accompagné de représentants des fédérations espagnoles de cyclisme, de football, de basket et de... tennis, prend un relief particulier. Villar aurait obtenu satisfaction, selon ses déclarations à son retour à Madrid, concernant les droits des sportifs espagnols appelés à évoluer en France. Du moins n’a-t-il jamais été question que les joueurs de tennis boycottent Roland-Garros, comme ce fut le cas pour les équipes cyclistes Once et Banesto à propos du Tour de France. Il ne reste donc plus qu’à attendre le résultat des contrôles.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le tennis a trop cultivé le secret en matière de lutte antidopage pour qu’il ne se retrouve pas, à l’instar du cyclisme, sur la sellette à l’occasion des Internationaux de France qui débutent lundi. Le cas du Tchèque Petr Korda, testé positif à la nandrolone l’an dernier, n’est pas complètement oublié. La décision de le laisser jouer en raison de «circonstances exceptionnelles» avait provoqué un tollé de la part de nombreux joueurs en début de saison à Melbourne : même atténué par le temps, un malaise demeure. Surtout que le Tchèque, en pleine régression au classement mondial, sera le 99e engagé à Roland-Garros. En janvier dernier, l’Américain Jim Courier n’avait pas hésité en Australie à mettre gravement en cause les Européens, sur l’utilisation de l’EPO. Déconcertante affirmation ...