Prurit: «vive démangeaison» ou «très vif désir», nous renseigne le dictionnaire. Vu le sujet qui va nous occuper, nous penchons plutôt pour la première définition. En effet, depuis quelque temps, Hollywood se pique de littérature, à sa manière bien sûr – qui est assez particulière. C’est surtout la littérature française qui fait les frais de ces opérations «intellectuelles»: histoire de faire plus chic, sinon plus snob? Un autre facteur – important – à prendre en considération alors que sévit toujours la crise des scénarios, c’est l’intérêt financier de la chose. En adaptant des œuvres tombées depuis longtemps dans le domaine public, on évite de payer des droits d’auteur, on allège d’autant le budget des productions. Il suffit d’engager un vague scénariste, pas forcément doué: le mauvais tour est joué. Victime de choix actuelle (question d’anniversaire?!), M. de Balzac, du coup très «honoré» à Hollywood. Deux titres à signaler: La cousine Bette, un roman qui a été filmé par un certain Des McAnuff, et Une passion dans le désert, une courte et étrange nouvelle dont on voit mal comment elle peut faire l’objet d’un long métrage. Quant à Cousin Bette (titre US), un correspondant d’Hollywood, qui a vu le film, nous assure que c’est à «en sentir les cheveux se dresser sur la tête» (sauf que Jessica Lange réussit à y être très bien)! Nouvel exemple de choix – si l’on peut dire – s’étalant présentement sur nos écrans: Cruel Intentions, de Roger Kumble (dont nous avons déjà parlé), descendant abâtardi d’un lointain ancêtre érotiquement raffiné, à savoir le Choderlos de Laclos des Liaisons dangereuses. On pourrait établir un parallèle avec la version «rock» de Romeo and Juliet, signée (en 96) par Baz Luhrmann, ce film étant d’ailleurs plus estimable (moins raccrocheur) que celui de Roger Kumble. Tout cela est-il flatteur pour les belles lettres de L’Hexagone? Il est absolument permis d’en douter. C’est cruel. Sans plus.
Prurit: «vive démangeaison» ou «très vif désir», nous renseigne le dictionnaire. Vu le sujet qui va nous occuper, nous penchons plutôt pour la première définition. En effet, depuis quelque temps, Hollywood se pique de littérature, à sa manière bien sûr – qui est assez particulière. C’est surtout la littérature française qui fait les frais de ces opérations «intellectuelles»: histoire de faire plus chic, sinon plus snob? Un autre facteur – important – à prendre en considération alors que sévit toujours la crise des scénarios, c’est l’intérêt financier de la chose. En adaptant des œuvres tombées depuis longtemps dans le domaine public, on évite de payer des droits d’auteur, on allège d’autant le budget des productions. Il suffit d’engager un vague scénariste, pas forcément doué: le mauvais...
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