Réfugiés : la Macédoine épinglée par Amnesty International
le 20 mai 1999 à 00h00
Les autorités de Macédoine se rendent coupables d’abus « physiques et verbaux » à l’égard des réfugiés du Kosovo, qui affluent dans le pays, ont recours au chantage et ne remplissent pas leurs obligations internationales, a accusé mercredi Amnesty International. Dans un rapport accablant publié à Londres, l’Organisation de défense des droits de l’homme appelle le gouvernement de Skopje à cesser de fermer ses frontières pour faire pression sur la communauté internationale. « Les autorités de Macédoine, dans la réalité, placent le couteau sous la gorge des réfugiés » qui attendent de pouvoir entrer dans le pays, affirme Amnesty. « Les fermetures fréquentes de la frontière semblent être utilisées pour accélérer l’évacuation des réfugiés » installés en Macédoine vers d’autres lieux, ajoute le rapport. « Il s’agit d’une intrusion inacceptable de considérations politiques » dans un dossier qui devrait rester purement humanitaire, souligne-t-il, en reprochant à l’Otan de sanctionner « tacitement » cette politique par son empressement à transférer les réfugiés vers les pays de l’Union européenne ou l’Albanie. Amnesty International, qui a mené une enquête en Macédoine, accuse les policiers « d’insulter », de « harceler » et « d’intimider les réfugiés dans les camps ». Elle cite notamment le cas d’un Kosovar de 41 ans à Brazda, assommé pour avoir protesté contre des agents qui molestaient un enfant au début du mois d’avril. Le gouvernement de Skopje a déjà été, à plusieurs reprises, rappelé à l’ordre pour le traitement des Kosovars d’origine albanaise qui sont plus de 225 000 à être installés dans le pays. Quelque 77 000 sont dans des camps et les autres hébergés chez des particuliers, le plus souvent des familles macédoniennes de souche albanaise. Mardi, le chef de la diplomatie macédonienne Aleksandar Dimitrov, inquiet de voir le fragile équilibre démographique de ce petit pays remis en cause, avait parlé d’une situation « extrêmement alarmante ». Amnesty critique en outre le fait que plusieurs camps soient de facto gérés par l’Alliance atlantique, alors qu’ils devaient l’être par le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR). « L’implication de l’Otan pose un problème d’impartialité » et soulève de nombreuses questions quant au caractère « non politique » des camps, estime-t-elle. L’Organisation de défense des droits de l’homme égratigne au passage le gouvernement britannique de Tony Blair qui, tout en prônant une extrême fermeté à l’égard de Belgrade et en multipliant les visites très médiatisées dans les camps des Balkans, se montre réticent à accepter les réfugiés sur son sol. « Plusieurs pays n’ont pas assumé leur part de responsabilité dans l’accueil des réfugiés », estime Amnesty. Elle s’inquiète en outre de l’insistance des pays de l’UE à prôner un retour dès que possible des Kosovars dans leur pays. Les réfugiés ne doivent pas « être contraints de retourner » dans la province, demande Amnesty.
Les autorités de Macédoine se rendent coupables d’abus « physiques et verbaux » à l’égard des réfugiés du Kosovo, qui affluent dans le pays, ont recours au chantage et ne remplissent pas leurs obligations internationales, a accusé mercredi Amnesty International. Dans un rapport accablant publié à Londres, l’Organisation de défense des droits de l’homme appelle le gouvernement de Skopje à cesser de fermer ses frontières pour faire pression sur la communauté internationale. « Les autorités de Macédoine, dans la réalité, placent le couteau sous la gorge des réfugiés » qui attendent de pouvoir entrer dans le pays, affirme Amnesty. « Les fermetures fréquentes de la frontière semblent être utilisées pour accélérer l’évacuation des réfugiés » installés en Macédoine vers d’autres lieux, ajoute le...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.