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Actualités - Chronologie

L'armée serbe fait une démonstration de force au Monténégro

Environ 600 soldats yougoslaves, fidèles au pouvoir central de Belgrade, ont littéralement «occupé» l’ancienne capitale du Monténégro, Cetinje, dont les habitants sont réputés pour leur penchant au séparatisme, a fait savoir le gouvernement pro-occidental et réformiste de Podgorica. Selon les autorités, quelques incidents sans gravité ont opposé les militaires, qui semblent ne pas être armés, aux habitants de la ville, mais aucun cas de violence n’a été signalé. «Une vive tension règne là-bas. Il y a eu des étincelles. Je redoute que cela ne dégénère», a déclaré Dragisa Burzan, vice-Premier ministre monténégrin et porte-parole du gouvernement. Cetinje, petite et élégante cité de moins de 20 000 habitants non loin des bouches de Kotor, est le foyer du mouvement pour l’indépendance totale du Monténégro, de plus en plus influent dans la population. La ville, qui compte un monastère datant de 1478, fut la capitale du pays jusqu’à son incorporation, en 1918, dans le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. La police militaire, proche des autorités fédérales de Belgrade, a été chassée de la région en avril après qu’elle eût tenté de distribuer des ordres d’enrôlement à des habitants, et nombre des cafés et murs de la ville arborent des drapeaux monténégrins et sont frappés de slogans sécessionnistes. Le Monténégro est la plus petite composante de la Yougoslavie, et les relations avec Belgrade se sont rapidement détériorées depuis deux ans, notamment depuis l’élection à la présidence du réformiste et pro-occidental Milo Djukanovic, actuellement en tournée en Europe de l’Ouest. «L’armée veut montrer qu’en contrôlant Cetinje, elle peut contrôler le pays», a expliqué Dragisa Burzan à la presse. «Les gens, au Monténégro, sont pour la plupart armés, ce qui est très mauvais. Ils sont particulièrement fortement armés à Cetinje», a-t-il ajouté. Le gouvernement du Monténégro a décidé de ne pas envoyer à Cetinje de renforts de police — qui lui est fidèle et n’obéit pas à Belgrade — de peur d’exacerber la tension. Au lieu de cela, il invite les habitants à ne pas répliquer aux «provocations» de l’armée. «Le jeu consiste à déterminer qui déclenchera le premier le conflit. Quiconque entamera une guerre en sortira grand perdant», a averti Dragisa Burzan. Les habitants de Cetinje, ville à une demi-heure de voiture au sud de la capitale Podgorica, rapportent que des bandes de soldats déambulent sur les boulevards, boivent dans les cafés et chantent. D’après un habitant, l’armée a demandé à pouvoir loger 300 hommes dans la ville mais a essuyé un refus. Au total, selon le gouvernement monténégrin, 600 soldats venus de Serbie et du nord du Monténégro, zone plutôt fidèle à Belgrade, sont cantonnés dans le secteur. Le déploiement militaire à Cetinje survient sur fond d’un regain d’activité de l’armée fédérale aux frontières du Monténégro. Des postes de contrôle ont ainsi été mis en place aux points de passage avec la Bosnie et l’Albanie et les hommes en âge de combattre empêchés de quitter le Monténégro. Le trafic maritime au départ et à l’arrivée dans les ports monténégrins est également sévèrement contrôlé par l’armée fédérale, voire interdit selon les périodes. Dragisa Burzan, qui a souvent accusé Belgrade de vouloir mener un coup de force au Monténégro pour ramener cette république dans le rang, voit dans ce soudain regain d’activité militaire un signe d’exaspération de Belgrade. «Ils ont accéléré leurs opérations. Ils savent que le temps pour prendre le contrôle du Monténégro leur est compté», ajoute Burzan. De source politique, on évalue à 26 000 le nombre de soldats stationnés au Monténégro. La police monténégrine peut lui opposer 12 000 hommes en uniforme. «Mais d’une certaine façon, il y a beaucoup de policiers», indique Burzan, sans donner de précisions sur le sens de sa phrase.
Environ 600 soldats yougoslaves, fidèles au pouvoir central de Belgrade, ont littéralement «occupé» l’ancienne capitale du Monténégro, Cetinje, dont les habitants sont réputés pour leur penchant au séparatisme, a fait savoir le gouvernement pro-occidental et réformiste de Podgorica. Selon les autorités, quelques incidents sans gravité ont opposé les militaires, qui semblent ne pas être armés, aux habitants de la ville, mais aucun cas de violence n’a été signalé. «Une vive tension règne là-bas. Il y a eu des étincelles. Je redoute que cela ne dégénère», a déclaré Dragisa Burzan, vice-Premier ministre monténégrin et porte-parole du gouvernement. Cetinje, petite et élégante cité de moins de 20 000 habitants non loin des bouches de Kotor, est le foyer du mouvement pour l’indépendance totale du...