Les footballeurs professionnels argentins ont décidé lundi de poursuivre leur mouvement de grève, pour la troisième semaine consécutive, par solidarité avec leurs collègues des divisions inférieures dont le championnat est suspendu par la justice en raison de la violence dans les stades. À la fin du mois de décembre, après de nouveaux actes de violence enregistrés à l’occasion de la rencontre de deuxième division entre Chacarita et Moron, le juge Victor Perrota décidait de suspendre tous les championnats de la deuxième à la quatrième division professionnelle. Le magistrat, saisi d’une plainte déposée par la fondation Fair-Play, le 10 février 1998, avait déjà pris une première mesure semblable le 13 mai dernier à la suite d’incidents lors de la rencontre River-Independiente. Après une épreuve de force de treize jours, le petit juge avait accepté de lever la suspension à la condition que la Fédération argentine de football (AFA) fasse installer des circuits vidéo dans tous les stades pour identifier les fauteurs de troubles. Après un calme relatif pendant quelques semaines, la violence avait repris de plus belle à l’instigation des «barras bravas», les hooligans argentins, parfaitement structurés, ce qui obligeait le juge à suspendre les tournois professionnels dits «d’asenso». La décision du syndicat des joueurs professionnels argentins, Futbolistas argentinos agremiados (FAA), décidait alors le 8 février de se mettre en grève par solidarité. Le président de la République, Carlos Menem, un supporteur de River Plate, avait beau affirmer que «le football doit reprendre, car je m’ennuie le dimanche», le secrétaire général du FAA, l’ancien Niçois Jorge Dominguez, restait ferme : «Pas question d’arrêter notre mouvement avant que tous les pros puissent rejouer». Cette grève, très impopulaire en Argentine, a également de nombreuses répercussions sur les finances des clubs, dont certains sont au bord de la faillite dans une période où, traditionnellement, les abonnements battent leur plein. La Cour d’appel doit se prononcer avant le 23 mars sur la légalité de l’impopulaire arrêt pris par le juge Perrotta, même si cet éventuel tour de passe-passe judiciaire ne résoudrait pas le problème de fond de la violence dans les stades argentins.
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