L’homme de l’an 2000 ne ressemble en rien à celui que nous connaissons, si nous devons croire les stylistes supposés l’habiller. Aux défilés de Milan, où les grands couturiers présentaient leurs modèles pour l’hiver 1999 - 2000, leur vision de la masculinité laisse le public rêveur. On se demande quel est le PDG qui acceptera de gagner son bureau en tablier-jupe, le torse nu, un large bracelet d’esclave à son poignet. On encore avec une guêpière blanche sur son pantalon, le haut du corps totalement nu... Pour quel homme travaillent donc Dolce et Gabbana, Jean-Paul Gaultier, John Richmond ou Vivienne Westwood? Une semaine durant, en janvier passé à Milan, la «folle du logis» a envahi l’estrade. Débridée, l’imagination a revisité l’histoire et le cirque. Que va-t-il surnager de cette grande pantalonnade? Vivienne Westwood, pour brouiller davantage les pistes, a fait présenter par des jeunes hommes dûment maquillés ses tenues conçues pour des femmes. Gaultier «embijoutait» son mâle (?!) l’enveloppant dans un blouson pailleté, ouvert sur sa poitrine nue sur un pantalon de satin luisant. Comment vont réagir les hommes (et les femmes donc) devant une mode aussi dévirilisante? Allons-nous assister à des soirées style «Cage aux Folles» où il faudra des papiers d’identité pour savoir si l’interlocutrice n’est pas en fait un bon père de famille désireux de suivre son temps? Nullement, avertissent les connaisseurs. La mode, en fait, n’est qu’une industrie que le scandale exalte. Elle se vend à coups de gros budgets, de chocs et de provocations. Le paradoxe consiste dans le fait que ce qui se vend le mieux et le plus c’est le classique. Il y a des noms et des griffes qui sont très peu connus et pèsent très lourds dans les armoires du monde. Ils fabriquent des vêtements anonymes qui se vendent plus que les autres. Leurs clients ne font probablement pas la différence entre Gucci et Valentino, Cartier et Dunhill, mais ils viennent régulièrement, fidèlement, leur demander des vêtements faits pour vivre dedans. Seuls les ultra-initiés de la mode ignorent que de semblables zombies existent encore... et que, tout compte fait, ce sont eux qui font vivre tout le monde.
L’homme de l’an 2000 ne ressemble en rien à celui que nous connaissons, si nous devons croire les stylistes supposés l’habiller. Aux défilés de Milan, où les grands couturiers présentaient leurs modèles pour l’hiver 1999 - 2000, leur vision de la masculinité laisse le public rêveur. On se demande quel est le PDG qui acceptera de gagner son bureau en tablier-jupe, le torse nu, un large bracelet d’esclave à son poignet. On encore avec une guêpière blanche sur son pantalon, le haut du corps totalement nu... Pour quel homme travaillent donc Dolce et Gabbana, Jean-Paul Gaultier, John Richmond ou Vivienne Westwood? Une semaine durant, en janvier passé à Milan, la «folle du logis» a envahi l’estrade. Débridée, l’imagination a revisité l’histoire et le cirque. Que va-t-il surnager de cette grande pantalonnade?...
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