Claude Moisy, ancien PDG de l’AFP, raconte dans deux livres (éditions Autrement) les enfances des anciens présidents américains, John Fitzgerald Kennedy, «le fils de riches qui se fit aimer des pauvres», et Richard Milhous Nixon, «le fils de pauvres qui se fit aimer des riches». Il s’agit d’«un diptyque américain», paru dans la collection «Naissance d’un destin», créée chez cet éditeur voici un an, et qui a déjà traité des enfances du dalaï-lama, de Mandela, Ben Gourion, Jean-Paul II, Staline et Trotsky. Churchill et Mao paraîtront prochainement. «Deux petites phrases illustrent mieux que tout les démarches opposées» de Kennedy et de Nixon, écrit Claude Moisy dans une préface identique aux deux ouvrages : «C’est lui qui a tout fait», admit John Kennedy en désignant son père le jour de son élection. «Il a tout fait tout seul, dit avec fierté la mère de Nixon». «Ces deux présidents, contemporains à quatre ans près, entrés ensemble en politique, sont indissociables. Tout les a tellement réunis et séparés à la fois qu’ils sont devenus les deux faces opposées d’une même société», dit Moisy. «Leurs familles étaient aux antipodes dans la société, l’opulence des splendides demeures remplies de domestiques s’opposant à l’austérité résignée d’une famille pauvre», ajoute-t-il. Harvard et les femmes Né en 1917, Kennedy, rappelle Moisy, eut pour père un homme richissime, autoritaire et omniprésent, qui voulait le pouvoir pour ses fils, et pour mère une femme très catholique. Sa scolarité fut médiocre. De santé fragile, il est dominé par son frère aîné. Il étudie comme lui à Harvard en découvrant l’Europe en tant que fils d’ambassadeur à Londres. En 1941, il est incorporé dans la marine grâce aux relations de son père. À Harvard, «on lui trouve une fâcheuse tendance à répéter, comme son frère avant lui : “Mon père m’a dit...”», raconte l’auteur. «Séducteur né, il a poursuivi avec la même ardeur les femmes et les électeurs. Sa confiance en soi pouvait aller jusqu’à l’arrogance», dit Claude Moisy, qui a passé vingt ans de sa vie professionnelle aux États-Unis. Origine familiale différente chez Nixon, né en 1913 : un père épicier de campagne, opiniâtre et irascible, une mère quaker. Tout en poursuivant sérieusement ses études, il travaille dans l’épicerie familiale où il est «responsable des fruits et légumes». Malgré des résultats brillants, il ne peut, faute de moyens, intégrer Harvard. «Richard Nixon a voulu prendre sa revanche sur le sort et les plus favorisés. Sombre et solitaire, l’air emprunté, il était timide avec les femmes et ne savait parler que de politique», écrit l’auteur. Les mentors Presque en même temps que les deux ouvrages de Moisy, paraît à Paris «Les pouvoir des mentors», un nouveau livre de Thierry Saussez, l’un des spécialistes français en matière de communication politique. Dans ce livre, le faiseur d’image de plusieurs hommes politiques français et de chefs d’État, notamment africains, dit puiser anecdotes et analyses qui émaillent son ouvrage dans vingt-cinq ans de souvenirs tant en France qu’à l’étranger. PDG de l’agence Image et Stratégie Europe, Thierry Saussez, qui est notamment l’auteur de «Politique séduction» (Éditeur : Lattès, Paris), évoque son premier contact avec l’Afrique en 1995 lorsqu’il remporta son premier contrat pour «la promotion de l’image de la Côte d’Ivoire en France et en Europe».
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