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Actualités - Chronologie

La crise relance la question de la sécession du Monténégro

Le refus du gouvernement du Monténégro de laisser l’armée yougoslave utiliser son territoire dans un conflit avec les forces de l’Otan relance à nouveau la question cruciale de la sécession avec la Serbie. «En cas de conflit, les autorités du Monténégro pourraient recourir aux mêmes méthodes que les Croates en 1991, en dressant des barrages autour des casernes de l’armée yougoslave, empêchant leur ravitaillement, leur coupant l’eau et l’électricité», estime M. Miroslav Hadzic, un analyste militaire serbe. «Cette décision est d’autant plus sensible que toute la marine yougoslave – 7 500 hommes, quatre sous-marins, quatre frégates et dix bâtiments lance-missiles – est basée au Monténégro ainsi qu’une importante base aérienne», poursuit M. Hadzic. M. Novak Kilibarda, le vice-Premier ministre du Monténégro, dans une déclaration au quotidien Dnevni Telegraf, confirme qu’il existe un moyen de mettre en œuvre la décision de son gouvernement car, indique-t-il énigmatique, les forces armées yougoslaves «ne contrôlent pas tous les arrivages (ndlr : l’approvisionnement en vivres, l’eau et l’électricité) dans les objectifs militaires». Des désertions massives sont également prévisibles car près de la moitié du personnel militaire dans cette région est monténégrin. Déja quelque 500 appelés du Monténégro qui faisaient leur service dans l’armée yougoslave au Kosovo ont déserté. Le Parti national (NS) de M. Kilibarda a invité les appelés monténégrins à ne pas répondre aux convocations de mobilisation en cas de conflit avec l’Otan. «Les forces militaires internationales, estime-t-il, ne lancent pas une expédition punitive et ne sont pas des agresseurs, mais un moyen de parvenir à la paix». Selon le vice-Premier ministre, «les forces armées monténégrines (ndlr : allusion à la police) devront empêcher toute invasion du Monténégro qu’ordonnerait Slobodan Milosevic». Au même moment à Belgrade, le chef d’état-major de l’armée yougoslave, le général Dragoljub Ojdanic, annonçait solennellement que les forces armées devaient être prêtes à «défendre le Kosovo au prix des plus grands sacrifices». «La position du gouvernement monténégrin est contraire à la Constitution yougoslave qui précise que la défense et la sécurité relèvent (des autorités) de la Yougoslavie», selon un communiqué du commandement de la deuxième armée, dont dépend le Monténégro, et de la marine de guerre. Si la décision du Monténégro était mise à exécution, il s’agirait d’un «acte de trahison», affirme pour sa part l’agence officielle Tanjug, qui accuse cette petite république (640 000 habitants) qui forme avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie (RFY) de menées «séparatistes». La situation entre les deux républiques est d’autant plus tendue que le Premier ministre monténégrin, Filip Vujanovic, s’était déclaré prêt la semaine dernière à offrir un «soutien logistique» à l’Otan en cas d’accord à Rambouillet (France) sur le déploiement d’une force internationale au Kosovo. Mais également au Monténégro le débat est vif. Ainsi le Parti socialiste populaire (SNP, pro-Milosevic) a averti le président Milo Djukanovic que toute «tentative de sécession sera empêchée». «Le scénario de sécession appliqué par la Croatie et la Slovénie n’est pas réalisable au Monténégro», selon un communiqué du SNP. Pourtant à chaque nouvel accrochage, la question de la sécession est à nouveau évoquée. Alors qu’un plan de paix permettrait au Monténégro, qui héberge déja plus de 30 000 Kosovars menaçant sa stabilité, de régler ce problème des réfugiés, le président Milosevic déclare ouvertement son hostilité à l’intrusion de troupes étrangères sur son territoire.
Le refus du gouvernement du Monténégro de laisser l’armée yougoslave utiliser son territoire dans un conflit avec les forces de l’Otan relance à nouveau la question cruciale de la sécession avec la Serbie. «En cas de conflit, les autorités du Monténégro pourraient recourir aux mêmes méthodes que les Croates en 1991, en dressant des barrages autour des casernes de l’armée yougoslave, empêchant leur ravitaillement, leur coupant l’eau et l’électricité», estime M. Miroslav Hadzic, un analyste militaire serbe. «Cette décision est d’autant plus sensible que toute la marine yougoslave – 7 500 hommes, quatre sous-marins, quatre frégates et dix bâtiments lance-missiles – est basée au Monténégro ainsi qu’une importante base aérienne», poursuit M. Hadzic. M. Novak Kilibarda, le vice-Premier ministre du...