Le train du Top 16 partira sans l’AS Béziers. Le club mythique des années soixante-dix, qui jouera pour le maintien parmi l’élite du rugby français, peine pour s’imposer dans le monde du professionnalisme. L’héritage est difficile à porter : onze titres de champion de France, conquis entre 1961 et 1984, garnissent l’armoire aux trophées et aiguisent l’appétit des supporteurs. L’ASB est l’unique club de haut niveau à Béziers, ville de 72 000 habitants, où le taux de chômage dépasse les 20 % de la population active. Les attentes sont grandes mais, depuis le retour parmi l’élite, au début de la saison 1996-97, l’équipe assure, faute de mieux, son maintien. Cette saison, l’ASB semblait bien partie pour accéder à la deuxième phase du championnat, en compagnie des seize meilleures équipes françaises. Mais les Biterrois ont hypothéqué leurs chances en moins d’un mois. Ils furent les seuls à s’incliner à Nice (37-32), le 5 décembre, avant de perdre à domicile face à Montferrand (19-12) le 3 janvier. Puis Béziers a sombré à Dax le 14 février (32-14), dans un duel capital pour la qualification. «Le faux pas de Nice a engendré un surcroît de pression face à Montferrand, regrette le manager Alain Paco. C’est dommage, car l’équipe dispose d’un fond de jeu, mais manque de vécu et de maturité pour gérer certaines situations». Castel : « Ne pas se voiler la face » Pêle-mêle, Béziers a souffert d’un manque d’effectif, de carences au sein des lignes arrière et du départ de Didier Cambérabéro pour Perpignan. L’équipe a bien décroché quelques belles victoires. Insuffisant. «Ne pas participer au Top 16, ce n’est pas la fin du monde, avance Richard Castel, l’international-capitaine. Nous aurions souffert. Il faut prendre le côté positif et continuer à travailler et à préparer la saison prochaine». A priori, l’ASB semble posséder une marge d’avance sur le Racing CF, Auch et Nîmes, ses trois adversaires dans la poule de relégation. Mais les dirigeants devront surtout veiller à conserver leurs trois internationaux (Castel, Soulette et Mignoni) et surtout renforcer le groupe pour la saison prochaine. «Il faut faire évoluer ce groupe qui est arrivé au maximum de ses capacités, plaide Richard Castel. Il ne faut pas se voiler la face. Nous avons franchi des paliers dans les structures et dans le jeu mais nous n’avons pas une équipe pour viser les quarts de finale». Problème : les besoins sportifs vont se heurter aux exigences financières. En fin de saison dernière, les caisses du club accusaient un déficit de 5 millions de francs (pour un budget d’environ 17 MF), que les actuels dirigeants s’efforcent d’éponger, grâce notamment à une souscription lancée auprès des supporteurs. «Un marché existe, c’est le côté négatif du professionnalisme, souligne Alain Paco. Nous devrons être forts pour conserver tous nos joueurs et en attirer d’autres». Ancien talonneur international, six fois champion avec l’ASB au temps de «l’amateurisme marron», Alain Paco, 46 ans, mesure le temps qui passe. «C’est sûr, avoue-t-il, que si nous avions disputé le Top 16, il aurait été plus facile d’attirer des joueurs pour la saison prochaine»... Stade Français : une semaine d’indisponibilité pour Dourthe et Laussucq Richard Dourthe, le centre international du Stade Français, et le demi de mêlée Christophe Laussucq, tous deux touchés face à Narbonne dimanche en championnat de France, seront absents des terrains pendant «une petite semaine», a-t-on appris lundi auprès de Bernard Laporte, l’entraîneur du club. Selon les examens pratiqués lundi, Richard Dourthe souffre d’une béquille à une cuisse, alors que Christophe Laussucq s’est donné une petite entorse à un genou. Les deux joueurs ne pourront pas jouer mercredi avec le Stade Français, qui se déplacera à Biarritz pour le compte du cinquième tour éliminatoire de la Coupe de France. En cas de victoire, mercredi, ils ne devraient pas être non plus en mesure de jouer à Perpignan en fin de semaine en quart de finale de la Coupe de France.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le train du Top 16 partira sans l’AS Béziers. Le club mythique des années soixante-dix, qui jouera pour le maintien parmi l’élite du rugby français, peine pour s’imposer dans le monde du professionnalisme. L’héritage est difficile à porter : onze titres de champion de France, conquis entre 1961 et 1984, garnissent l’armoire aux trophées et aiguisent l’appétit des supporteurs. L’ASB est l’unique club de haut niveau à Béziers, ville de 72 000 habitants, où le taux de chômage dépasse les 20 % de la population active. Les attentes sont grandes mais, depuis le retour parmi l’élite, au début de la saison 1996-97, l’équipe assure, faute de mieux, son maintien. Cette saison, l’ASB semblait bien partie pour accéder à la deuxième phase du championnat, en compagnie des seize meilleures équipes...