Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Espace - Rendez-vous avec Mir Trois hommes dans les étoiles

Le Français Jean-Pierre Haigneré, le Russe Viktor Afanassiev et le Slovaque Ivan Bella se sont envolés samedi depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) vers Mir dont ils seront peut-être le dernier équipage. Treize ans jour pour jour après la mise en orbite de la station russe, la fusée Soyouz de 49 mètres de hauteur a décollé dans un énorme bruit et une flamme écarlate qui l’a suivie quelques minutes dans sa course puissante dans le ciel blanc. Sous les applaudissements des familles et des officiels, le vaisseau Soyouz a été mis sur un orbite de 193 kilomètres (270 en apogée) moins de 9 minutes après le départ. «Je suis heureuse et fière», a dit Claudie André-Dehays, la doublure et compagne dans la vie de Jean-Pierre Haigneré. De leur côté, des spectateurs russes ont crié : «Ça, c’est l’Union soviétique». Les trois hommes vont tourner autour du globe terrestre pendant deux jours à une vitesse de 8 kilomètres à la seconde avant de rejoindre Mir actuellement à plus de 360 kilomètres de la terre. Un trajet relativement long, confiné dans le petit Soyouz où ils ne peuvent se déplacer qu’avec difficulté. Haigneré aura toutefois la compensation tant attendue de contempler à nouveau, comme lors de son premier vol en 1993, «cette vue merveilleuse sur la terre qui n’est pas seulement physique mais aussi une perspective mentale sur la vie...un recul». Le Slovaque, le premier homme de son pays à voler dans l’espace, qui accomplit selon sa femme un rêve d’enfant, repartira au bout de huit jours avec Guennadi Padalka, tandis qu’Haigneré et Afanassiev resteront à bord jusqu’au 7 août avec Sergueï Avdeïev (déjà à bord). Leur programme sera bien chargé pour la plus longue des missions franco-russes, baptisée Perséus, qui va durer six mois. Il comprend une dizaine d’expériences françaises et russes et surtout quatre sorties dans l’espace dont une avec le spationaute français (sa première). Par ailleurs, Haigneré sera ingénieur de bord, une fonction inédite pour un étranger. Don des Russes Six mois, «c’est long» dans un espace aussi limité, convient Alain Labarthe, le chef de la mission au CNES (Centre national d’études spatiales, France), soulignant toutefois le «don des Russes pour organiser les équipages qui s’entendent bien ensemble». Les moments de détente seront en tout état de cause nécessaires. Haigneré a pris avec lui un livre symbolique, De la Terre à la Lune de Jules Verne, et espérait avoir son saxophone pour jouer du jazz. Il attendra certainement avec impatience les conversations téléphoniques avec Claudie André-Dehays qui le suivra depuis le centre de contrôle des vols près de Moscou et lui donnera des nouvelles de leur petite fille. Avec le départ, les organisateurs de la mission ont poussé un grand ouf. D’abord prévue en juillet, l’expédition a été avancée en février. De trois mois, elle est passée à six... et finalement les cosmonautes sont partis sans être sûrs de la date exacte de leur retour. Officiellement, il est prévu pour le 7 août, quelques jours avant la désintégration de Mir. Mais les Russes ne peuvent se résoudre à perdre ce symbole de leur conquête de l’espace et cherchent par tous les moyens à trouver les financements privés nécessaires, car l’État refuse de subventionner la station au-delà de cette date. Si, en avril, ils ont trouvé les fonds (Mir coûte 250 millions de dollars par an), l’expédition reviendra le 23 août et sera remplacée. Mais pour l’instant aucun contrat n’est en vue. Quoi qu’il arrive, Avdeïev et le Français établiront chacun un record de durée dans l’espace. Il sera personnel pour le Russe (359 jours) qui a déjà séjourné deux fois pour de longues périodes sur Mir. Jean-Pierre Haigneré en revanche, avec 168 jours au minimum plus 22 jours de sa précédente mission, remportera le record français dans l’espace et risque de voler l’européen à l’Allemand Thomas Rheiter si Mir était prolongée.
Le Français Jean-Pierre Haigneré, le Russe Viktor Afanassiev et le Slovaque Ivan Bella se sont envolés samedi depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) vers Mir dont ils seront peut-être le dernier équipage. Treize ans jour pour jour après la mise en orbite de la station russe, la fusée Soyouz de 49 mètres de hauteur a décollé dans un énorme bruit et une flamme écarlate qui l’a suivie quelques minutes dans sa course puissante dans le ciel blanc. Sous les applaudissements des familles et des officiels, le vaisseau Soyouz a été mis sur un orbite de 193 kilomètres (270 en apogée) moins de 9 minutes après le départ. «Je suis heureuse et fière», a dit Claudie André-Dehays, la doublure et compagne dans la vie de Jean-Pierre Haigneré. De leur côté, des spectateurs russes ont crié : «Ça, c’est...