La stratégie des États-Unis, jusqu’à mardi, va être d’arracher des concessions aux Kosovars afin de mettre Belgrade en position d’accusé et de justifier d’éventuels raids aériens de l’Otan, selon des responsables américains. Les Serbes, expliquent-ils sous couvert de l’anonymat, sont tellement arc-boutés sur leur refus de laisser déployer au Kosovo une force de l’Otan chargée de garantir un accord de paix qu’il faudra peut-être des frappes militaires pour les faire fléchir. Même si on n’en arrive pas là, la menace de la force doit être la plus crédible possible. Les États-Unis doivent pouvoir présenter à leurs alliés réticents des arguments solides, dont un «oui» sans équivoque des Albanais du Kosovo à la partie politique du plan de paix en discussion depuis deux semaines à Rambouillet. Deux membres du Groupe de contact, l’Italie et la Russie, «vont dans le sens des Serbes et renseignent au maximum» les négociateurs de Belgrade, explique un diplomate. Si les Kosovars disent «oui» et les Serbes «non», analyse un autre, «toute la pression sera sur les Serbes et nous aurons la situation claire dont l’Otan a besoin pour frapper». «Nous n’attendons pas un oui des Serbes d’ici mardi» sur la force de l’Otan, souligne-t-il. «Mais les Serbes croient que si les Kosovars disent oui, il y aura des frappes et c’est là que réside notre crédibilité». Les préparatifs se poursuivent Le volet politique du plan prévoit une large autonomie pour la majorité albanaise du Kosovo, province de Serbie, pendant une période transitoire de trois ans. Le plan comporte aussi des aspects militaires, dont le déploiement d’une force internationale de 26 000 hommes. Mme Albright a présenté samedi la délégation serbe comme «principal responsable» de l’impasse des pourparlers. Elle a décidé de rester à Paris, de façon à intervenir à Rambouillet aussi souvent que nécessaire, a indiqué son porte-parole James Rubin. Elle avait indiqué samedi à la presse que «sa première tâche serait désormais d’aider les Albanais du Kosovo à comprendre le volet politique de l’accord». Les Kosovars «ont besoin de clarifications supplémentaires» sur ce dossier et c’est une des principales raisons pour lesquelles le Groupe de contact a donné aux négociateurs un délai supplémentaire de 75 heures, jusqu’à mardi 14h00 GMT. En attendant, a-t-elle averti, «les préparatifs pour une action militaire vont continuer». Selon des diplomates européens et américains, Mme Albright a été désagréablement surprise samedi de voir les dirigeants kosovars, qu’elle a rencontrés les uns après les autres, se montrer plus intransigeants que prévu sur le volet politique. «Ils n’ont pas dit oui, ils ont dit oui mais», note un responsable américain déçu. Dans ces conditions, explique-t-il, «s’en tenir à la date limite initiale (samedi 11h00 GMT) n’aurait servi à rien». La délégation kosovare veut inclure noir sur blanc dans l’accord l’organisation à la fin des trois ans d’un référendum sur une indépendance de la province, dont la communauté internationale accepterait d’avance le résultat. Celui-ci fait peu de doutes dans une population à 90 pour cent albanaise. Washington suggère aux Kosovars de se contenter d’une formule vague qui les laisseraient cependant libres d’organiser une consultation. Elle stipulerait que la conférence de suivi qui aura lieu à la fin des trois ans «prendra en compte, parmi d’autres éléments, toute expression de la volonté de la population» du Kosovo. Dans une lettre adressé aux Américains, la délégation kosovare a accepté de «travailler avec les négociateurs sur cette base», a fait valoir un haut responsable du département d’État.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La stratégie des États-Unis, jusqu’à mardi, va être d’arracher des concessions aux Kosovars afin de mettre Belgrade en position d’accusé et de justifier d’éventuels raids aériens de l’Otan, selon des responsables américains. Les Serbes, expliquent-ils sous couvert de l’anonymat, sont tellement arc-boutés sur leur refus de laisser déployer au Kosovo une force de l’Otan chargée de garantir un accord de paix qu’il faudra peut-être des frappes militaires pour les faire fléchir. Même si on n’en arrive pas là, la menace de la force doit être la plus crédible possible. Les États-Unis doivent pouvoir présenter à leurs alliés réticents des arguments solides, dont un «oui» sans équivoque des Albanais du Kosovo à la partie politique du plan de paix en discussion depuis deux semaines à Rambouillet. Deux...