Wagah : le seul point de passage d'une frontière infranchissable
le 20 février 1999 à 00h00
Pour la première visite d’un chef de gouvernement indien au Pakistan depuis dix ans, M. Atal Behari Vajpayee a choisi d’entrer samedi par Wagah, le seul point de passage terrestre entre les deux pays ennemis. C’est à ce poste-frontière, situé à une trentaine de kilomètres à l’est de Lahore, que le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif doit accueillir son homologue indien après qu’il aura passé les deux lourds portails d’acier séparés de deux mètres seulement de part et d’autre de la «ligne zéro», qui parcourt les 1 700 km de frontière entre les deux pays. Cette frontière se prolonge au nord par la fameuse «ligne de contrôle» qui divise depuis 1948 (un an après la partition du sous-continent) le Cachemire entre les deux pays qui s’en disputent encore la souveraineté et qui constitue un des points chauds du globe. Un général pakistanais avait récemment estimé que cette frontière était «plus hermétiquement fermée que l’ancien rideau de fer» qui séparait les pays socialistes du bloc soviétique de l’Europe de l’Ouest. Jusqu’à présent, Wagah servait uniquement au transit des délégations des deux pays et de rares étrangers, les ressortissants pakistanais et indiens étant jusqu’à récemment obligés de prendre le train ou l’avion. Des bus réguliers y passent désormais dans le cadre d’un service de transport reliant Lahore à New Delhi, récemment inauguré entre les deux pays, dans le cadre des «mesures» prises ponctuellement pour construire un rapport de confiance entre les deux pays. Le passage de M. Vajpayee qui doit d’ailleurs arriver à Wagah en bus va donner quelque animation à ce paisible poste perdu dans la plaine du Pendjab connue pour son fameux riz basmati. La torpeur de l’endroit n’est en effet généralement troublée que par les parades militaires quotidiennes qui s’y déroulent dans un cérémonial immuable de part et d’autre de la «ligne zéro» à 17h15 chaque soir pour la cérémonie aux couleurs et la relève de la garde. Dans un ballet bien réglé qui fait sourire, les rangers pakistanais et les gardes-frontières indiens dans des uniformes hollywoodiens s’y livrent chaque jour à une démonstration de force théâtrale censée impressionner «l’ennemi» : regards chargés de menaces, attitudes agressives, violents claquements des portails.
Pour la première visite d’un chef de gouvernement indien au Pakistan depuis dix ans, M. Atal Behari Vajpayee a choisi d’entrer samedi par Wagah, le seul point de passage terrestre entre les deux pays ennemis. C’est à ce poste-frontière, situé à une trentaine de kilomètres à l’est de Lahore, que le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif doit accueillir son homologue indien après qu’il aura passé les deux lourds portails d’acier séparés de deux mètres seulement de part et d’autre de la «ligne zéro», qui parcourt les 1 700 km de frontière entre les deux pays. Cette frontière se prolonge au nord par la fameuse «ligne de contrôle» qui divise depuis 1948 (un an après la partition du sous-continent) le Cachemire entre les deux pays qui s’en disputent encore la souveraineté et qui constitue un des points...
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