De «Thin Red Line» à «Shakespeare in Love» en passant par Meryl Streep et Nick Nolte, les pré-Oscars 1999 ont été présents cette année dans la sélection de la 49e Berlinale qui a débuté le 10 février avec le film allemand «Aimée et Jaguar» et se terminera ce dimanche. Présentation de quelques films en compétition. Sur la «Ligne rouge» Défilé impressionnant d’acteurs à l’occasion de la présentation en sélection officielle du film de Terrence Malick A Thin Red Line cité sept fois aux Oscars. Sean Penn, Nick Nolte, Jim Caviezel et Élias Koteas se sont tous déplacés pour une conférence de presse animée. Enchantés de leur collaboration avec Terrence Malick, lui-même absent pour des motifs de timidité, ils n’ont pas manqué de réponses arrogantes et d’attitudes désinvoltes. Interrogé sur son rôle trop court par rapport à des débutants comme Jim Caviezel (vu dans G.I. Jane), Sean Penn rétorque: «J’ai préféré passer mon temps à visiter la région!!!!! (le film a été tourné dans des paysages naturels magnifiques du Queensland en Australie)». Nick Nolte, lui, évoque le perfectionnisme du travail de Terrence Malick qui, un soir, lui a demandé quel était le maximum de prises qu’il ait faites pour une scène. «J’ai regretté de lui avoir dit 75, se souvient-il, le lendemain il m’a fait reprendre un passage près d’une centaine de fois». Les festivaliers acclament Meryl Streep Actrice discrète aux brèves apparitions, Meryl Streep fait une escale remarquée dans la capitale allemande pour présenter One True Thing le dernier film de Carl Franklin (Devil in a Blue Dress) qui lui a valu (encore) une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice et dont elle partage la vedette avec John Hurt et Renee Zellweger (Jerry Maguire). Elle y incarne une mère de famille sous-estimée par sa fille, contrainte de quitter son travail new-yorkais pour la soigner. «C’est une actrice remarquable, souligne Carl Franklin, le seul fait de sa présence rend le film spécial!». Bruce Willis champion Quand Bruce Willis passe, les photographes s’affairent. La star est de passage à Berlin aux côtés du réalisateur Alan Rudolph et de Nick Nolte (encore lui!) pour défendre Breakfast of Champions où, pour une fois, il n’a pas à sauver le monde. Manque de chance, le film n’est pas si bon! À la conférence de presse, pour rester dans le thème du Breakfast of Champions qui met en dérision la société de consommation américaine, les acteurs s’éternisent sur le sujet «Clinton» et donnent chacun un point de vue différent. Interrogé sur sa participation à un film moins commercial et sur la possibilité d’un revirement dans sa carrière, Willis se félicite: «Je suis chanceux de pouvoir faire partie de tout genre de projets». Rudolph ironise: «Je suis très fier d’être américain, mais il fut un temps où je faisais des films lents et tout le monde croyait que j’étais européen» (Éclats de rires dans la salle). Nick Nolte parle avec passion de Affliction, rôle pour lequel il vient d’obtenir une citation à l’Oscar. «C’est un projet très personnel sur lequel j’ai longtemps travaillé, près de quatre ans, et je suis très satisfait du résultat». Tout le monde aime Shakespeare Avec ses treize nominations, (certes bien méritées), il est impossible pour Shakespeare in Love de passer inaperçu à la Berlinale. Le film relate, en plein âge d’or élisabéthain, les aventures sentimentales du jeune Will Shakespeare avec Viola de Lesseps, qui auraient inspiré l’histoire de Roméo et Juliette. John Madden, qui avait déjà créé la surprise avec Mrs Brown, présenté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes en 1997, explique le succès du film par «une formidable équipe dont chaque membre a contribué à améliorer la qualité du travail». Succès facilité aussi par un scénario intelligent et plein d’humour. Marc Norman (scénariste new-yorkais dont les précédents travaux incluent Cutthroat Island et Waterworld), confie: «L’époque de Shakespeare était tout aussi animée par le show-biz que la nôtre. Nous avons pensé élaborer une histoire autour de l’auteur lui-même, vu que le public en sait très peu sur sa vie».
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