Le président Bill Clinton insistera lors de ses entretiens avec son homologue français Jacques Chirac jeudi et vendredi à Washington pour que la France use de son influence de manière à faciliter le règlement de dossiers commerciaux transatlantiques brûlants, selon un responsable de la Maison-Blanche. «Nous allons insister sur des préoccupations commerciales immédiates dont le premier est le système européen d’importation de bananes» qui est discriminatoire pour les exportateurs américains, a-t-il indiqué sous le couvert de l’anonymat. «Nous espérons que les Français aideront à persuader leurs collègues européens et la Commission de Bruxelles d’engager des négociations pour trouver un compromis à ce différend», a-t-il dit. Les États-Unis ont menacé d’infliger des sanctions commerciales en augmentant les droits de douane de 100 % sur quelque 500 millions de dollars d’exportations européennes à compter du 3 mars en l’absence d’un règlement de cette querelle. Outre le commerce des bananes, M. Clinton demandera à M. Chirac d’user de son influence pour que l’Union européenne se conforme à la date fixée par l’Organisation mondiale du commerce sur le bœuf aux hormones. La viande américaine et canadienne aux hormones fait l’objet d’un embargo de l’UE depuis 12 ans. L’OMC lui a demandé de le lever d’ici le 13 mai, estimant qu’il n’était pas suffisamment justifié scientifiquement. Les États-Unis chercheront également à convaincre la France de «fournir son leadership important de manière à trouver des compromis et obtenir des résultats concrets, dans le cadre du partenariat économique transatlantique, sur un ensemble de secteurs comme les services, l’agriculture et les biotechnologies», a expliqué ce responsable. De son côté, Jacques Chirac entend défendre son projet de réforme des institutions financières internationales afin de mieux les adapter aux défis de la mondialisation, selon son porte-parole. La crise asiatique et son impact sur la planète ont mis en évidence leur fragilité. Signe de l’importance qu’il accorde à ce projet, M. Chirac sera le premier chef d’État français à se rendre au siège des institutions de Bretton Woods. Il rencontrera le directeur général du Fonds monétaire international Michel Camdessus et le président de la Banque mondiale James Wolfensohn. M. Chirac devrait promouvoir sa proposition d’un sommet consacré à la réforme du FMI à l’automne à Paris, selon une source diplomatique. La «proposition française», soutenue par M. Camdessus, est de transformer le Comité intérimaire (actuelle instance politique du FMI sans pouvoir décisionnaire) en un organe excécutif, doté d’une légitimité. Cette idée ne séduit pas les Américains. Larry Summers, secrétaire adjoint au Trésor, a récemment détaillé sa vision des changements à apporter au FMI, surtout au niveau de la transparence interne et de sa politique de prêts, laissant de côté toute modification institutionnelle. Les Américains, attachés à la mondialisation et à la libre circulation des capitaux, défendent une approche «plus pragmatique» pour la gestion des crises futures, selon un diplomate européen. Ils comptent davantage sur le fonctionnement de groupes «ad hoc» comme le «G22» (fort d’une trentaine de pays) qui se réunit régulièrement à l’invitation des États-Unis sur le problème de la crise des pays émergents. Paris, comme Bonn, conteste la représentativité d’un tel groupe qui comprend, selon une liste établie par les États-Unis, le G7 et les nouveaux pays industrialisés d’Asie et d’Amérique latine. Sur le plan monétaire, l’idée de zones cibles pour les taux de change des grandes monnaies, formée par les Japonais et les Allemands, devrait être évoquée lors des entretiens de MM. Chirac et Clinton.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton insistera lors de ses entretiens avec son homologue français Jacques Chirac jeudi et vendredi à Washington pour que la France use de son influence de manière à faciliter le règlement de dossiers commerciaux transatlantiques brûlants, selon un responsable de la Maison-Blanche. «Nous allons insister sur des préoccupations commerciales immédiates dont le premier est le système européen d’importation de bananes» qui est discriminatoire pour les exportateurs américains, a-t-il indiqué sous le couvert de l’anonymat. «Nous espérons que les Français aideront à persuader leurs collègues européens et la Commission de Bruxelles d’engager des négociations pour trouver un compromis à ce différend», a-t-il dit. Les États-Unis ont menacé d’infliger des sanctions commerciales en augmentant...