«Je n’ai pas trop douté», a déclaré mercredi, sur France 3, Isabelle Autissier, secourue mardi par le navigateur italien Giovanni Soldini (Fila) après le chavirement de son monocoque PRB au cours de la troisième étape d’Around Alone, la course à la voile autour du monde en solitaire avec escales. «J’y croyais quand même bien, a poursuivi la navigatrice. Le bateau arrivait à flotter à l’envers. Il y avait de l’eau dedans, mais ce qui était essentiel c’est que je pouvais signaler ma position avec la balise. Maintenant, c’est quand même les mers du Sud. On est le plus loin possible de la terre. Ce sont des endroits extrêmes, on se dit que tout peut arriver. Ça s’est bien passé mais il aurait pu faire très mauvais, ça aurait pu aussi mal tourner.» «Il y avait pas mal d’émotion quand je suis montée à bord, a ajouté Isabelle Autissier. Il était super heureux de m’avoir trouvée et moi je n’étais pas fâchée non plus d’être à bord de Fila. On a bu un petit verre de vin rouge pour fêter ça. Après c’est la vie qui s’installe, puisque là je suis avec lui jusqu’à Punta del Este. Il m’a tout prêté, des bottes, un ciré, on s’est fait un bon plat de pâtes pour déjeuner.» Giovanni Soldini: «À deux jusqu’à Punta del Este» Giovanni Soldini (Fila) et sa passagère, Isabelle Autissier, veulent être francs. «Il serait hypocrite de dire qu’à deux à bord, il y aura un poids mort», ont-ils déclaré mercredi après-midi dans une communication avec Eric Coquerel, agent de la navigatrice, au lendemain du sauvetage de la Française par le marin italien dans la troisième étape d’Around Alone, course autour du monde en solitaire avec escales. «Il n’y a rien dans le règlement là-dessus, a insisté Soldini. Je suis toujours en course, mais l’important était de retrouver Isabelle. Le reste importe peu. Nous sommes deux jusqu’à Punta del Este. Et s’il y a un problème, un gros coup de vent, elle m’aidera. Ce n’est pas comme si j’avais embarqué un passager clandestin». «Giovanni reste le skipper», a répondu en écho Isabelle Autissier. Au cours de cette liaison radio avec son agent, la navigatrice est revenue sur son chavirage. «Je n’ai pas trop douté. J’y croyais quand même bien, car le bateau arrivait à flotter à l’envers. Il y avait de l’eau dedans mais l’essentiel, c’est que je pouvais signaler ma position avec la balise. Toutefois, compte-tenu de l’endroit, on se dit toujours que tout peut arriver. Ça s’est bien passé, mais, en cas de mauvais temps, cela aurait pu aussi mal tourner». «Rien d’héroïque» Le sauvetage n’a pas été aussi aisé qu’il a pu paraître. Giovanni Soldini a en effet dû manœuvrer pour voir «PRB» puis récupérer Autissier. «Lorsque je suis arrivé sur zone, je n’ai rien vu, a raconté l’Italien. Je me suis déplacé au nord-ouest et là, alors que la visibilité était faible, j’ai aperçu PRB à environ 2 milles de la dernière position signalée par les balises. J’ai fait deux passages en appelant Isabelle sans recevoir de réponse. Au troisième, j’ai lancé un marteau sur la coque retournée du voilier et Isabelle est alors apparue. Elle s’était assoupie». Autissier avoue avoir ressenti une grande émotion en montant à bord de Fila. «PRB n’aurait jamais dû être autorisé à partir» «Giovanni est en effet un ami», a indiqué la navigatrice qui ne comprend toujours pas comment «PRB» s’est retourné. «Il n’y a rien eu d’extraordinaire pour que le bateau se mette sur le toit, même à 90 degrés. À mon retour, j’irai en discuter avec mes architectes», a-t-elle ajouté. Tout au bonheur d’avoir réussi son sauvetage, Giovanni Soldini n’en considère pas moins son geste comme normal. «Il n’y a rien d’héroïque. N’importe quel marin aurait fait la même chose», a dit l’Italien. Gérard Petitpas est catégorique. «L’organisateur américain d’Around Alone n’aurait jamais dû laisser repartir le bateau d’Isabelle Autissier. PRB ne rentrait pas dans les normes de sécurité qui ont été décidées. D’ailleurs, Isabelle n’aurait pas pu faire un Vendée Globe avec ce bateau», a-t-il indiqué mercredi à l’AFP. Ancien conseiller d’Eric Tabarly, président de la Fédération des organisateurs de course, initiateur de la réunion sur la sécurité avec architectes et marins au lendemain d’un Vendée Globe Challenge 1997 particulièrement dramatique – nombreux chavirages (Dubois, Dinelli, Bullimore), disparition de Gerry Roufs –, Gérard Petitpas voit en effet dans la mésaventure de «PRB» la confirmation de ses craintes. «Cela confirme ce que l’on pense depuis deux ans. Les bateaux de l’ancienne génération présentent un grand risque de retournement, explique-t-il. Depuis plusieurs mois, il a été décidé officiellement de porter l’angle de chavirage à 125 degrés contre 105 à 110 avant. L’organisateur d’Around Alone n’a pas voulu en tenir compte».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Je n’ai pas trop douté», a déclaré mercredi, sur France 3, Isabelle Autissier, secourue mardi par le navigateur italien Giovanni Soldini (Fila) après le chavirement de son monocoque PRB au cours de la troisième étape d’Around Alone, la course à la voile autour du monde en solitaire avec escales. «J’y croyais quand même bien, a poursuivi la navigatrice. Le bateau arrivait à flotter à l’envers. Il y avait de l’eau dedans, mais ce qui était essentiel c’est que je pouvais signaler ma position avec la balise. Maintenant, c’est quand même les mers du Sud. On est le plus loin possible de la terre. Ce sont des endroits extrêmes, on se dit que tout peut arriver. Ça s’est bien passé mais il aurait pu faire très mauvais, ça aurait pu aussi mal tourner.» «Il y avait pas mal d’émotion quand je suis montée...