Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Art - Le peintre victime du merchandising Monet ? Plutôt money

Vente de souvenirs au goût parfois douteux, prix d’entrée record, parrainage omniprésent : les organisateurs de l’exposition «Monet au XXe», siècle, qui fait un tabac à Londres, sont accusés de pousser à son paroxysme l’exploitation commerciale de l’art. «Nous devons survivre, et pour survivre nous devons être ouverts au monde des affaires. Si une exposition fait des bénéfices, je ne vois pourquoi nous devrions en avoir honte», se justifie Nadine Thompson, porte-parole de la Royal Academy (RA), co-organisatrice de la manifestation avec le Musée des beaux-arts de Boston. Ouverte il y a trois semaines, l’exposition est déjà appelée à devenir l’un des grands triomphes populaires des dernières années à Londres, juste derrière celle qui l’avait précédée, Monet à la fin des années 1890, détentrice du record absolu avec près de 660 000 personnes, loin devant celle de Cézanne et ses 400 000 visiteurs. Quelque 300 000 billets ont été vendus à l’avance et 600 000 visiteurs sont attendus d’ici la clôture le 18 avril. Le prix élevé de l’entrée – 9 livres (12,5 euros) par adulte, un record pour une exposition dans la capitale – ne semble en rien décourager l’ardeur des amoureux de l’impressionniste de Giverny, prêts à patienter des heures pour admirer les 80 toiles exposées. «Philippe la grenouille» Les organisateurs sont décidés à tirer un profit pécuniaire maximum de cet engouement, tendance croissante au sein des institutions culturelles britanniques, contraintes à se tourner vers des financements privés pour compenser la stagnation ou la baisse des aides publiques. Le merchandising et la vente de produits estampillés Monet atteignent des proportions rarement vues. Ils pourraient permettre à la RA de réaliser un profit d’au moins 700 000 livres sur une exposition qui lui en coûte 1,8 million, selon une source proche des organisateurs. Outre les traditionnels posters, catalogues et cartes postales, la boutique aux souvenirs de la RA offre aux inconditionnels Philippe la grenouille, peluche censée évoquer un batracien qui aimait à coasser dans la pièce d’eau de l’artiste. Les visiteurs peuvent emporter une tasse impressionniste, un torchon aux couleurs de Monet, un collier, un tapis, une écharpe, de la céramique et même les graines d’une fleur qui s’épanouit dans les jardins de Giverny. La société d’expertise comptable Ersnt and Young, qui parraine l’événement, tient aussi à le faire savoir. Son nom est en bonne place sur tous les documents et guides vendus au public, ainsi qu’à l’intérieur de l’exposition où la Royal Academy a réservé des salles pour l’organisation de buffets en l’honneur du généreux mécène. «Est-ce une manière de traiter le grand impressionniste ?», s’offusque le quotidien The Independent. D’autant que les visiteurs sont nombreux à ressortir frustrés des conditions de visite, au milieu d’une foule compacte. «La seule chose qui m’ennuie c’est qu’ils ne verront rien», relève perfidement le critique d’art de l’Independent, Tom Lubbock, en évoquant la bousculade. La Royal Academy se défend en soulignant qu’elle est une fondation indépendante ne recevant pas un penny de l’État. «L’argent que nous pourrions gagner sur Monet sera utilisé pour financer d’autres expositions moins populaires tout au long de l’année», dit Nadine Thompson.
Vente de souvenirs au goût parfois douteux, prix d’entrée record, parrainage omniprésent : les organisateurs de l’exposition «Monet au XXe», siècle, qui fait un tabac à Londres, sont accusés de pousser à son paroxysme l’exploitation commerciale de l’art. «Nous devons survivre, et pour survivre nous devons être ouverts au monde des affaires. Si une exposition fait des bénéfices, je ne vois pourquoi nous devrions en avoir honte», se justifie Nadine Thompson, porte-parole de la Royal Academy (RA), co-organisatrice de la manifestation avec le Musée des beaux-arts de Boston. Ouverte il y a trois semaines, l’exposition est déjà appelée à devenir l’un des grands triomphes populaires des dernières années à Londres, juste derrière celle qui l’avait précédée, Monet à la fin des années 1890, détentrice du...