Shlomo Ben Ami, qui a remporté haut la main lundi les primaires du Parti travailliste israélien pour les législatives du 17 mai, est un juif oriental originaire du Maroc, considéré comme une colombe. M. Ben Ami enregistre une progression météorique puisque aux dernières primaires, pour les législatives de 1996, il avait été élu en 34e et dernière place sur la liste travailliste. Ce brillant succès est utile au Parti travailliste pour contrebalancer l’image de «faucon» attachée au numéro un travailliste et candidat au poste de Premier ministre, M. Ehud Barak. La position de M. Barak en tête de liste, ainsi que celle de son prédécesseur Shimon Peres au second rang, n’étaient pas soumises au vote des militants. M. Ben Ami sera donc le troisième de la liste travailliste. Sa position éminente permet au parti de réparer les dégâts causés dans l’électorat sépharade (juifs orientaux) par le député Uri Orr qui, l’an dernier, s’était distingué par des déclarations humiliantes pour les juifs marocains. M. Orr ne se trouve plus en position éligible après les primaires qui ont eu lieu lundi. Artisan de la conférence de Madrid Le Parti travailliste a ainsi son sépharade en bonne place, face au Parti centriste dirigé par Yitzhak Mordehaï, originaire d’Irak, et au Likoud de Benjamin Netanyahu, qui a placé plusieurs sépharades dans les premières places de sa liste. À plusieurs reprises, M. Ben Ami s’est prononcé pour un État palestinien. «La création d’un tel État est inévitable, l’important est de tout faire pour que cet État entretienne des relations amicales avec Israël», estime cet ancien diplomate, âgé de 56 ans. Né à Tanger au Maroc, il est arrivé à 12 ans en Israël. Professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv, il a été nommé ambassadeur d’Israël en Espagne par le ministre des Affaires étrangères de l’époque Shimon Peres, en 1987. À ce poste, M. Ben Ami a participé activement à la préparation de la conférence de paix de Madrid en 1991, qui a ouvert la voie au processus de paix. De retour en Israël, il a abandonné sa carrière académique pour se lancer dans la politique au sein du Parti travailliste, un bastion de l’élite ashkénaze (juifs d’Europe). Très actif sur le terrain, M. Ben Ami est un atout précieux pour les travaillistes dans la communauté sépharade, qui regroupe la moitié de la population juive israélienne et vote en grande majorité à droite. «Il y a de plus en plus de jeunes sépharades de quartiers et de villes défavorisés qui me considèrent comme un modèle d’intégration, ce qui peut les rapprocher du Parti travailliste», souligne M. Ben Ami. Pour l’avenir, il ne cache pas qu’il aspire à devenir un jour le premier sépharade à la tête du Parti travailliste. «Pour le moment, ce n’est pas encore d’actualité, l’essentiel est que Ehud Barak gagne», dit-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Shlomo Ben Ami, qui a remporté haut la main lundi les primaires du Parti travailliste israélien pour les législatives du 17 mai, est un juif oriental originaire du Maroc, considéré comme une colombe. M. Ben Ami enregistre une progression météorique puisque aux dernières primaires, pour les législatives de 1996, il avait été élu en 34e et dernière place sur la liste travailliste. Ce brillant succès est utile au Parti travailliste pour contrebalancer l’image de «faucon» attachée au numéro un travailliste et candidat au poste de Premier ministre, M. Ehud Barak. La position de M. Barak en tête de liste, ainsi que celle de son prédécesseur Shimon Peres au second rang, n’étaient pas soumises au vote des militants. M. Ben Ami sera donc le troisième de la liste travailliste. Sa position éminente permet au parti de...