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Actualités - Chronologie

Les dégâts privés d'une tourmente publique

La décision mardi de l’Italie d’autoriser sous conditions la régularisation de quelque 250 000 immigrés clandestins démontre une nouvelle fois un manque d’harmonisation européenne en matière d’immigration, auquel la convention de Schengen ne peut apporter de réponse. La décision italienne a pris au dépourvu les autres États membres de l’Union européenne qui, en majorité, se sont refusés à la commenter. À l’instar de la Belgique, les partenaires européens de Rome se sont bornés à souligner qu’il s’agissait «d’une décision nationale» qui n’appelle «pas de réaction» particulière de leur part. Au secrétariat de l’espace Schengen à Bruxelles, aucun commentaire n’a pu non plus être obtenu. Conclue en 1985, la convention de Schengen constitue un ensemble de mesures de coopération (policière, judiciaire, politique des visas et renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen) prises pour rendre possible la libre-circulation des personnes entre les dix pays signataires. Il s’agit de la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et de la Grèce. Il est «illusoire de croire que la coopération Schengen, la meilleure soit-elle, puisse édifier autour de l’Europe un nouveau Mur de Berlin ou une Muraille de Chine», rappelle un expert européen. «Tout pays a sa propre politique d’asile» et la décision italienne «est une décision nationale», confirme-t-on au ministère belge de l’Intérieur. L’attribution d’une carte de séjour n’est valable jusqu’à présent que pour un seul pays. «L’espace Schengen va permettre aux 250 000 immigrés régularisés en Italie de se déplacer dans les dix pays membres mais pas de s’y installer car leur titre de séjour ne leur permet qu’une inscription dans une commune italienne», a-t-on précisé de même source. Au cours des derniers mois, chaque État européen confronté à une immigration clandestine a appliqué des décisions unilatérales sans véritable concertation européenne préalable. Le traité d’Amsterdam, qui entrera en vigueur au printemps après les dernières ratifications, prévoit toutefois la nécessité d’une «approche commune» à préciser dans les détails. En Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, le gouvernement va durcir sa législation sur le droit d’asile, afin de limiter un afflux de demandeurs, et se doter de nouveaux moyens pour traquer les immigrants clandestins. «Il n’y aura pas d’amnistie générale ici», a déclaré mardi un porte-parole du ministère anglais de l’Intérieur, après l’annonce italienne. En Belgique, des sans-papiers occupent depuis octobre des églises, selon un mouvement tournant entre les édifices et entre les manifestants. Il s’agit d’une lutte nationale pour obtenir la régularisation des personnes en situation irrégulière, installées de longue date sur le sol belge. Le gouvernement belge continue de refuser catégoriquement d’assouplir les conditions de régularisation des sans-papiers, estimés en Belgique entre 30 000 et 40 000 pour une population de 10 millions d’habitants. En France, le gouvernement français a procédé en 1998 à 80 000 régularisations sur 140 000 demandes, un choix contesté par son homologue belge qui se refuse à en suivre l’exemple. En Espagne, où les autorités ont constaté récemment un afflux d’immigrés illégaux, roumains et polonais principalement, le gouvernement a décidé de régulariser la situation de 28 000 immigrés illégaux en 1998, qui s’ajoutent aux 25 000 régularisations effectuées en 1997, sur 60 000 demandes. En Allemagne, qui accueille plus d’un million de réfugiés, aucune régularisation massive n’est envisagée.
La décision mardi de l’Italie d’autoriser sous conditions la régularisation de quelque 250 000 immigrés clandestins démontre une nouvelle fois un manque d’harmonisation européenne en matière d’immigration, auquel la convention de Schengen ne peut apporter de réponse. La décision italienne a pris au dépourvu les autres États membres de l’Union européenne qui, en majorité, se sont refusés à la commenter. À l’instar de la Belgique, les partenaires européens de Rome se sont bornés à souligner qu’il s’agissait «d’une décision nationale» qui n’appelle «pas de réaction» particulière de leur part. Au secrétariat de l’espace Schengen à Bruxelles, aucun commentaire n’a pu non plus être obtenu. Conclue en 1985, la convention de Schengen constitue un ensemble de mesures de coopération...