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Actualités - Chronologie

Russie Il y a 25 ans, Soljenitsyne était expulsé d'URSS

Le 13 février 1974, Alexandre Soljenitsyne était expulsé d’URSS, preuve éclatante que l’Union soviétique ne pouvait tolérer la dénonciation du système totalitaire par l’un de ses citoyens appelé à devenir un grand témoin du 20e siècle. L’Archipel du goulag, l’œuvre maîtresse de l’écrivain dissident, était à l’origine de cette expulsion, la première d’un citoyen soviétique depuis celle de Trotsky en 1929. Soljenitsyne devra attendre 20 ans avant de rentrer dans son pays, en mai 1994. Ayant appris qu’un exemplaire dactylographié de l’Archipel est tombé aux mains du KGB, Soljenitsyne a donné le feu vert pour sa publication à l’étranger en décembre 1973, déclenchant la fureur des autorités. Moins de deux mois plus tard, le Presidium du Soviet suprême décide l’expulsion du prix Nobel de littérature, alors âgé de 55 ans. Il est également déchu de sa citoyenneté. L’histoire de la journée du 13 février se déroule essentiellement en Allemagne où l’écrivain Heinrich Boell annonce l’arrivée imminente de Soljenitsyne qui résidera dans sa maison de campagne. À son arrivée chez Boell, Soljenitsyne n’aura qu’un commentaire pour la presse: «Je suis fatigué». Ainsi se termine la première partie du destin exceptionnel d’un homme né dans la tourmente de la guerre civile le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Caucase) un an après la révolution bolchevique. Après s’être battu avec bravoure pendant la Seconde Guerre mondiale, l’ancien étudiant en mathématiques est condamné à huit ans de camp en 1945 pour avoir mis en doute les qualités militaires de Staline. À sa libération, il est envoyé en exil en Asie centrale où il commence à écrire «Le Premier Cercle». Réhabilité en 1957, il est autorisé à publier «Une journée d’Ivan Denissovitch». C’est un événement: pour la première fois un récit publié en URSS dénonce l’univers concentrationnaire sous Staline. Khrouchtchev limogé, ses livres sont à nouveau interdits et il ne publiera plus rien en URSS jusqu’à la perestroika. Mais ses écrits, qui parviennent à l’Ouest, ouvrent les yeux des Occidentaux. En 1970, ceux-ci offrent à cet homme seul en lutte contre tout un système la protection du Nobel de littérature, ce qui ne l’empêchera pas d’être expulsé 4 années plus tard. En 1994, après un long exil à Cavendish dans le Vermont (nord-est des États-Unis) il rentre en Russie. Dès 1990, il avait retrouvé la citoyenneté soviétique et, l’année suivante, l’accusation de «trahison à la patrie», portée contre lui en 1974, avait été levée. Mais l’écrivain du goulag n’a pas vraiment réussi son retour en Russie. S’il jouit toujours d’un grand respect au sein de la population en souvenir du combat qu’il a mené pour la liberté, son discours nationaliste et prônant un retour à la religion est tombé à plat dans la nouvelle Russie.
Le 13 février 1974, Alexandre Soljenitsyne était expulsé d’URSS, preuve éclatante que l’Union soviétique ne pouvait tolérer la dénonciation du système totalitaire par l’un de ses citoyens appelé à devenir un grand témoin du 20e siècle. L’Archipel du goulag, l’œuvre maîtresse de l’écrivain dissident, était à l’origine de cette expulsion, la première d’un citoyen soviétique depuis celle de Trotsky en 1929. Soljenitsyne devra attendre 20 ans avant de rentrer dans son pays, en mai 1994. Ayant appris qu’un exemplaire dactylographié de l’Archipel est tombé aux mains du KGB, Soljenitsyne a donné le feu vert pour sa publication à l’étranger en décembre 1973, déclenchant la fureur des autorités. Moins de deux mois plus tard, le Presidium du Soviet suprême décide l’expulsion du prix Nobel de...