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Actualités - Chronologie

Faire partie du Dreigestirn

«Le rêve de chaque habitant de Cologne, c’est de faire partie une fois dans sa vie du Dreigestirn», la trinité carnavalesque, observe satisfait Hans-Juergen Kœber, le paysan du trio composé également d’un prince et d’une vierge. Depuis mercredi 9 janvier, date de la proclamation du prince, au Mardi gras, le 16 février, M. Kœber et ses deux comparses vont de fête en fête, à raison de 10 à 18 par jour. Levés à 10h., ils commencent leur première représentation à 12h. et ne s’arrêtent pas avant une heure du matin pour regagner leur chambre d’hôtel, louée pour l’occasion. «C’est un stress agréable», jubile Klaus Fischer, un coiffeur de 56 ans, élu pour la saison «vierge Claudia», rôle toujours attribué à un homme. Leur présence sur scène dure à peine une demi-heure: ils saluent chacun leur tour le public, entament un petit air, deux pas de danse et puis s’en vont, des cadeaux sous le bras, remis par la société de carnaval qui les a invités à la fête. Derrière ce rituel se cache un grand intérêt économique. «En tant que membre du Dreigestirn, on est introduit dans la haute société de Cologne», remarque M. Fischer, coiffé de fausses tresses blondes. C’est pour cela que malgré les frais élevés du rôle, estimés à 300 000 DM (153 390 euros), les bourgeois de la ville se bousculent pour le recevoir. «Toute nouvelle rencontre me permet de faire de la publicité pour mes deux salons de coiffure», explique M. Fischer. Dans chacune des quelque 80 sociétés de Carnaval de Cologne, où on ne rentre que sur invitation, l’on vient pour cette même raison. La participation aux fêtes permet d’affiner ses relations et d’échanger des contrats. Blagues rhénanes Écouter des blagues rhénanes — celles au dépens de la ville voisine Dusseldorf ont le plus de succès —, chanter, «schunkeln» (balancer son buste de gauche à droite, le bras de son voisin de tablée dans le sien), hurler «Alaaf», cri de ralliement du Carnaval de Cologne, en jetant sa main de côté, créent des liens indélébiles. La phase la plus intense des festivités a commencé hier jeudi, jour des femmes. Armées de ciseaux, elles se défoulent de leurs déconvenues passées en coupant les cravates de leur patron ou mari. Samedi a lieu le carnaval alternatif où les habitants défilent en fantômes et vampires. Le Lundi gras marque le point d’orgue de ces célébrations, où près de 1,5 million de personnes viennent assister à la parade des chars somptueusement décorés. Les télévisions retransmettent le cortège, ainsi que ceux d’autres villes rhénanes, comme Dusseldorf, Mayence ou Aix-La-Chapelle. Malgré une ambiance en apparence relâchée, où les mamies se promènent en tutu et les papis en abeille, le carnaval est plein de conventions. Ainsi, la vierge du Dreigestirn de la saison passée a été démise de ses fonctions parce qu’elle était homosexuelle. Toute situation embarrassante pour l’un des membres du trio est passée sous silence. Alors que le prince n’avait pas pu aller pendant plus d’une semaine à ses représentations, parce qu’il était hospitalisé, il a fallu attendre plusieurs jours pour que la presse populaire allemande dévoile à mots couverts la cause de son mal: un pantalon trop serré. En fait, les membres du Dreigestirn connaissent pendant un mois les affres des stars. Chaque jour, ils reçoivent des lettres et des coups de fil d’admiratrices. «Les offres sont nombreuses et sans ambiguïté», reconnaît Josef Sœller, prince en 1984. «Naturellement cela nous flatte, car chacun se réjouit quand il est désiré. Mais toute une vie, être le centre d’intérêt du public, non merci, je ne le supporterais pas».
«Le rêve de chaque habitant de Cologne, c’est de faire partie une fois dans sa vie du Dreigestirn», la trinité carnavalesque, observe satisfait Hans-Juergen Kœber, le paysan du trio composé également d’un prince et d’une vierge. Depuis mercredi 9 janvier, date de la proclamation du prince, au Mardi gras, le 16 février, M. Kœber et ses deux comparses vont de fête en fête, à raison de 10 à 18 par jour. Levés à 10h., ils commencent leur première représentation à 12h. et ne s’arrêtent pas avant une heure du matin pour regagner leur chambre d’hôtel, louée pour l’occasion. «C’est un stress agréable», jubile Klaus Fischer, un coiffeur de 56 ans, élu pour la saison «vierge Claudia», rôle toujours attribué à un homme. Leur présence sur scène dure à peine une demi-heure: ils saluent chacun leur tour...